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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 15 janvier 2019

Claudette Gallant, spécialiste de projet à l’ACPEFÎPÉ.(Photo : J.L.)

Afin d’informer la population des enjeux spécifiques qui touchent la petite enfance et de recueillir les témoignages des gens touchés par ce secteur, l’Association des centres de la petite enfance de l’Î.-P.-É. (ACPEFÎPÉ) organisera six rassemblements à travers l’Île, du 19 au 31 janvier. 

La directrice de l’organisme, Kathleen Couture, y voit l’occasion pour les membres des communautés francophones et anglophones de se concerter afin d’identifier les priorités à présenter aux partis politiques provinciaux, en vue des élections de 2019.  «On veut que tout le monde ait une parole, pas seulement notre association.  Quand les politiciens viendront cogner aux portes, il faut que les gens soient capables de les questionner au sujet de la petite enfance dans leur programme électoral», défend Mme Couture. 

Au cœur du litige, des salaires et bénéfices insuffisants pour recruter et retenir les éducateurs en petite enfance.  L’ACPEFÎPÉ déplore que les aides-enseignantes dans les écoles, qui ont sensiblement les mêmes compétences que les travailleurs des CPE, soient payées 7 $/h de plus.  «On vise au moins la même échelle salariale, sans quoi les éducatrices vont aller travailler de l’autre bord du corridor», déplore Kathleen Couture. 


Une opération rassembleuse

L’ensemble de la campagne se veut bilingue, en coordination avec l’Association pour le développement de la petite enfance à l’Î.-P.-É., équivalent anglophone de l’ACPEFÎPÉ.  «On marche dans leurs pas, on utilise leur trousse d’outils et leur information, et on a les mêmes demandes», assure la directrice de l’organisme francophone, qui espère que le secteur de la petite enfance obtienne ainsi un maximum de visibilité. 

Celle-ci a déjà rencontré deux représentants des principaux partis politiques, et des rencontres sont prévues avec les autres partis.  «On veut s’assurer que la petite enfance soit sur la plateforme électorale de tous les politiciens qui se présenteront aux élections provinciales.  Pas juste l’éducation en général, pas juste les besoins dans le secteur de la pauvreté ou des familles, mais la petite enfance comme section à part entière», insiste-t-elle. 

Pour frapper les esprits, cette campagne de l’ACPEFÎPÉ sort les chiffres et veut s’assurer que la population les connaisse.  «Les gens savent qu’il y a une pénurie d’éducatrices, mais est-ce qu’ils savent qu’en 2010, quand le gouvernement a mis en place l’échelle salariale pour les éducatrices en petite enfance, il a aussi promis 3 % d’augmentation par année, qu’on a jamais eue? Au lieu de l’augmentation promise de 24 % (3%X8), on a eu 2 % en 2016 et 2 % en 2018, ce qui fait 4 %, soit 66 cents environ», s’insurge Kathleen Couture, spécifiant que le salaire minimum a pour sa part augmenté 11 fois depuis octobre 2010. 

«Est-ce que les gens savent aussi qu’envoyer leur poupon dans une garderie pendant un an coûte environ 8 800 $ par année? Alors qu’envoyer un ado à l’Université de l’Î.-P.-É. pendant un an, ça revient à environ 7 400 $», enchaîne la directrice. 

L’ACPEFÎPÉ espère que non seulement les parents se joindront aux rassemblements, mais aussi les employeurs, les autres membres de la famille, et l’ensemble des membres de la communauté qui se sentent concernés par ces enjeux.  En faisant de chacun un ambassadeur à la défense des CPE, les probabilités augmentent que le message soit entendu haut et fort. 

Les rassemblements auront lieu le samedi 19 janvier à Rustico, le lundi 21 janvier à Summerside, le jeudi 24 janvier dans la région Évangéline, le samedi 26 janvier à Charlottetown, le lundi 28 janvier à DeBlois et le jeudi 31 janver à Rollo Bay. 

- Par Ericka Muzzo

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