Après plus d'une décennie à la direction du Conseil acadien de Rustico, Andréa Deveau souhaite relever un nouveau défi. Elle cherche à obtenir l'investiture du Parti vert dans la circonscription 18, Rustico-Emerald, avec l'ambition de mettre son expérience en développement communautaire au service de l'ensemble des citoyens.
« Pourquoi pas ? » répond spontanément, sourire en coin, Andréa Deveau lorsqu'on lui demande ce qui l'a poussée à faire le saut en politique provinciale. Derrière cette réponse amusée se cache pourtant une décision mûrie depuis plusieurs années.
La directrice générale du Conseil acadien de Rustico explique avoir été approchée à plusieurs reprises par le Parti vert au cours des dernières années. Elle avait notamment rencontré l'ancien chef du parti, Peter Bevan-Baker, qui avait tenté de la convaincre de se présenter.
« Je ne me sentais pas prête à l'époque. Je trouvais que j'avais encore un devoir à accomplir dans le développement communautaire. J'étais aussi très occupée avec les conseils d'administration, le bénévolat et ma vie de mère. Je n'avais pas l'espace nécessaire pour bien y réfléchir. »
Aujourd'hui, les circonstances ont changé. Sa fille a grandi, ses engagements bénévoles sont moins nombreux et, après douze ans à la tête du Conseil acadien, elle se sent prête à explorer de nouveaux horizons.
Un parcours qui mène naturellement à la politique
Avant de se consacrer au développement communautaire, Andréa Deveau a travaillé pendant plus de vingt ans dans le secteur de la santé, notamment à la Société canadienne du sang. Elle a occupé différentes fonctions liées à la gestion de projets, à l'assurance qualité et à la formation. Son expérience professionnelle et ses nombreux engagements bénévoles lui donnent aujourd'hui confiance pour aborder la politique.
« Je pense que tout ce parcours m'a donné une belle fondation pour prendre cette décision. C'est un nouveau défi, mais c'est aussi une continuité de mon travail auprès des communautés. »
Originaire de Moncton, elle possède de profondes racines familiales à Rustico, dont elle descend de l'une des familles fondatrices. Elle s'est installée à l'Île-du-Prince-Édouard en 1996.
Elle se souvient encore de son arrivée à bord du traversier, au volant de sa petite Toyota Tercel remplie de bagages.
« Quand je suis descendue du traversier, je n'avais pas l'impression de quitter chez nous. J'avais l'impression d'arriver chez nous. »
La transparence avant tout
Pourquoi avoir choisi le Parti vert plutôt qu'une autre formation politique ? Pour Andréa Deveau, la réponse tient particulièrement à une valeur : la transparence.
« Pour moi, c'est une gouvernance honnête et transparente. Qu'on soit rouge, bleu, vert, orange ou indépendant, on veut tous de bonnes choses pour l'Île. On veut de meilleurs services de santé, une bonne éducation, du logement. »
Elle estime que la différence réside notamment dans la façon de prendre les décisions et dans la place accordée à la population.
Mais la transparence comporte aussi ses difficultés. Comment maintenir la confiance des électeurs lorsqu'on doit prendre des décisions impopulaires ou reconnaître publiquement que certaines demandes ne peuvent être satisfaites ? Andréa Deveau croit justement qu'il faut changer les habitudes politiques.
« C'est peut-être parce qu'on a toujours gouverné de cette façon. Mais ça ne veut pas dire qu'on doit continuer ainsi. Il faut changer la direction du bateau et notre perspective de la gouvernance démocratique. »
Écouter avant de promettre
Quelques jours après avoir annoncé son intention de solliciter l'investiture du Parti vert, Andréa Deveau reconnaît qu'elle en est encore aux premières étapes de son cheminement politique. N'ayant pas encore participé à une campagne électorale, l'idée de parcourir la circonscription et de rencontrer ses habitants l'enthousiasme.
« J'ai hâte à tout ! Aller dans les différentes communautés, rencontrer les gens et entendre ce qu'ils aimeraient voir changer. »
Elle insiste également sur la nécessité de représenter tous les citoyens, y compris ceux qui ne partagent pas ses convictions politiques.
« Il faut être présente, essayer de cogner à toutes les portes, être honnête et ouverte, recevoir les commentaires, les suggestions et même les plaintes. Je peux simplement faire de mon mieux. »
Les centres scolaires-communautaires parmi ses priorités
Andréa Deveau souhaite aussi accorder une place importante aux préoccupations des citoyens de Rustico-Emerald dans l'élaboration de ses priorités politiques. Elle compte profiter de ses rencontres avec la population pour cerner les enjeux qui lui tiennent à cœur et porter ces dossiers à l'attention de l'Assemblée législative.
Elle identifie notamment un enjeu qu'elle connaît particulièrement bien : la reconnaissance et le financement des centres scolaires-communautaires francophones. Selon elle, les mécanismes de financement actuels ne tiennent pas suffisamment compte de leur rôle particulier, qui dépasse les seules activités scolaires.
« C'est quelque chose qui mérite l'attention du gouvernement provincial. Il y a eu des consultations et des rapports au cours des dernières années, mais il reste du travail à faire. »
Elle évoque également l'environnement et le développement de sources d'énergie plus propres parmi les questions qui l'intéressent.
Forte de son expérience en développement communautaire, Andréa Deveau entend poursuivre une approche qui lui est familière : partir des besoins exprimés sur le terrain pour orienter les actions et les décisions politiques. Une façon, selon elle, de donner une véritable voix aux communautés à l'Assemblée législative.
Sa candidature à l'investiture devra d'abord être confirmée par les membres du parti dans Rustico-Emerald. La date de cette assemblée n'a pas encore été annoncée.