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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 29 décembre 2018

Les jours d’école manqués en raison de la température forcent les enseignants à être créatifs.  En vertu de leur convention collective, c’est à chacun de décider comment gérer la matière à rattraper, un équilibre fragile qui ne veut pas tomber dans le bourrage de crâne.  Il n’est pas commun queles écoles de l’Île dussent fermer avant les vacances de Noël, en raison de tempêtes.  Les aléas de la nature sont toutefois impossibles à prévoir, une réalité avec laquelle le système scolaire doit composer chaque hiver.  «Une année, on avait même dû fermer pendant 13 jours», se souvient la directrice de l’instruction à la Commission scolaire de langue française, Julie Gagnon. 

Celle-ci estime que cela peut mettre une pression supplémentaire sur les jeunes et les professeurs, mais que la technologie peut venir à la rescousse dans certains cas.  «Plusieurs utilisent Google “Classroom”, ils peuvent donc rester en contact avec leurs élèves et donner du travail à terminer.  Ça ne remplace pas les heures de classe, avec un enseignant, mais ça permet de diminuer le retard accumulé», constate Julie Gagnon. 

Cette application en ligne permet aux enseignants de créer des classes virtuelles où distribuer des devoirs, des notes, envoyer des commentaires et communiquer avec les élèves. 


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Au niveau du primaire, les professeurs ont plus de flexibilité puisqu’ils passent la plupart de leurs journées avec le même groupe d’élèves.  Il est alors plus facile de modifier l’horaire pour se concentrer sur la matière primordiale. 

Cela se complique au niveau secondaire, où les élèves ont cinq cours distincts par jour, et autant de professeurs.  «L’horaire est plus serré, d’autant que le semestre actuel se termine en janvier.  Ça demande davantage aux enseignants de jongler avec la matière pour s’assurer que les élèves apprennent tout le nécessaire, sans pour autant les bousculer», reconnaît Mme Gagnon. 

Elle affirme toutefois faire confiance au bon jugement des enseignants, qui sont les mieux placés pour reconnaître les besoins de leurs élèves, et adopter un rythme plus soutenu sans négliger la bonne compréhension. 

La directrice de l’instruction note que la Commission scolaire a peu de marge de manœuvre lorsqu’il s’agit de décider si une école ferme ou non.  «C’est surtout compliqué pour les autobus, qui doivent se rendre en campagne.  Nos jeunes sont très éparpillés, donc c’est peut-être notre plus gros défi, parce que parfois l’accès en ville est correct, mais pas en région rurale.» C’est pourquoi il est également difficile d’ouvrir seulement en après-midi, explique Julie Gagnon. 

La technologie pourrait être de plus en plus utile pour des situations comme celle des tempêtes.  Cours en ligne ou écoles virtuelles seront peut-être une solution pour éviter de prendre du retard dans la matière.  «Il va falloir commencer à être plus créatifs», concè-de Julie Gagnon, en réitérant sa confiance dans les capacités des professeurs de l’Île. 

- Par Ericka Muzzo

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