FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 3 juin 2020

- Par Jacinthe Laforest

La présidente de la Coopérative d’artisanat d’Abram-Village, Alvina Bernard devant la boutique.  Elle accepte la décision des membres de ne pas ouvrir pour la saison 2020 en raison de la pandémie du Covid-19.  (Photo : J.L.)

 

Lors d’une réunion virtuelle tenue le lundi 25 mai, les membres du conseil d’administration de la Coopérative d’artisanat d’Abram-Village ont pris la décision de ne pas ouvrir le magasin pour la saison estivale. 

 

«Nous avons pris un vote secret et le vote a été unanime.  Sur l’un des bulletins, était écrit “avec tristesse”», dit la présidente de la coopérative Alvina Bernard. 

 

Normalement, la coopérative aurait ouvert ses portes pour un grand nettoyage au début du mois de juin, puis les artisans auraient été invités à venir porter leurs marchandises en vue de préparer les étalages. 

 

«On s’est dit que de recevoir tous ces sacs, inspecter les marchandises et les manipuler, c’était un risque qu’on ne voulait pas prendre et que nous ne voulions pas faire prendre à nos bénévoles».

 

D’autre part, dit Alvina Bernard, la saison touristique ne sera probablement pas très achalandée.  «Ça se pourrait, que même en ouvrant, on ne vende presque rien.  La plupart de nos membres sont des personnes pour qui l’artisanat est un passe-temps et qui ne comptent pas vraiment sur les revenus de vente, par contre, quelques-uns comptent sur leurs revenus de vente, ici et dans d’autres boutiques, pour boucler leur budget.  J’espère que ça va bien aller pour eux».

 

Même fermé, le magasin occasionne des dépenses d’électricité, de chauffage et d’entretien.  «On ne peut pas laisser le gazon pousser tout l’été.  Nous devons l’entretenir.  Ça coûte à chaque fois.  Normalement, on compte sur notre pourcentage des ventes pour payer nos dépenses de l’année.  Cette année, on ne pourra pas faire ça.  Jusqu’à présent, je n’ai pas vraiment regardé du côté des programmes d’aide du gouvernement parce qu’on n’était pas certain d’ouvrir ou non, mais maintenant, je vais devoir trouver de l’aide pour au moins, payer une partie de nos dépenses».

 

Bien que la coopérative ne soit pas dans les dettes, elle ne roule pas non plus sur l’or.  L’an dernier, avec une petite subvention qui a payé 50 % des coûts, les dirigeants ont fait quelques améliorations à l’intérieur.  «Nous avons utilisé une partie de nos fonds pour payer la moitié des coûts de ce projet.  Nous avons aussi fait faire un site Web, mais nous n’avons pas internet à la coopérative, alors, nous ne faisons pas de ventes électroniques.  Comme nous n’avons pas pu avoir notre assemblée annuelle, nous n’avons pas encore dévoilé nos états financiers.  Nous ne sommes pas dans les dettes, mais nous n’en avons pas de gros montants non plus», dit Alvina Bernard. 

 

La décision de ne pas ouvrir le magasin arrive alors que les artisans ont eu beaucoup de temps, au cours des dernières semaines, pour augmenter leur stock.  «On sera prêt pour l’an prochain», conclut Alvina. 

L'Île-du-Prince-Édouard en images