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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 8 mai 2019

- Par Ericka Muzzo

Plus de 250 élèves d’écoles francophones et de programmes d’immersion ont participé au forum local de Charlottetown.  (Photos: E.M.)

 

Une grande journée d’activités en français à l’intention des élèves de la 9e à la 12e année avait lieu mercredi dernier, dans le gymnase du Holland College de Charlottetown.  Les participants ont pu se rencontrer, échanger entre eux et participer à une foule d’ateliers, tels qu’une aventure culinaire, de l’improvisation ou encore la connaissance de soi et le leadership.  Mais surtout, ils ont pu constater que le français, c’est bien plus qu’une matière scolaire. 

 

Depuis plusieurs années, l’organisme de bienfaisance, «Le français pour l’avenir» organise des forums locaux dans plus d’une quinzaine de villes canadiennes.  «L’objectif, c’est de fournir une activité en français amusante et interactive.  On veut sortir les élèves de la salle de classe et faire passer le message que le français, c’est aussi toute une culture, des films, de la musique, et cetera!» explique le coordonnateur de l’événement, Maxime Bourgeois. 

 

«Le français pour l’avenir» a été créé en 1997, à la suite du deuxième référendum québécois.  «Des Torontois très impliqués dans la communauté francophone ont réalisé que les Québécois ne se sentaient pas inclus dans le pays, et qu’à l’inverse les habitants des autres provinces et territoires ne connaissaient pas, ou mal, leur communauté francophone.  On veut aider les jeunes à les découvrir», enchaîne l’organisateur. 

Le coordonnateur du forum, Maxime Bourgeois, se réjouit que la nouvelle formule ait si bien fonctionné.

 

Quoi de mieux que le faire dans le plaisir? Avec un horaire chargé, la journée a débuté par une cérémonie d’ouverture officielle, en présence de la lieutenante-gouverneure Antoinette Perry et du maire de Charlottetown, Philip Brown.  En plus d’une activité brise-glace, pour amener les élèves à discuter entre eux en français, ils ont ensuite assisté à une conférence de Mathieu Gingras, qui a travaillé à la préservation des cultures francophones partout au pays. 

 

Encourager les études postsecondaires

«C’était plus amusant que ce à quoi je m’attendais», concède en riant Chloé de Carvalho, élève de l’école secondaire Charlottetown Rural.  La jeune participante a réalisé un atelier de cuisine avec le chef Richard Chiasson, aucours duquel elle a principalement appris des techniques de glaçage de gâteaux.  Par la suite, c’est auprès de Dominique Chouinard, du Collège de l’Île, qu’elle en a appris davantage sur le leadership et la connaissance de soi. 

 

«Ça m’aide à apprécier le français, parce qu’on ne le voit pas autant à l’école.  On réalise qu’il y a une communauté francophone plus grosse qu’on le croit, à l’Île», explique Chloé de Carvalho. 

 

C’est également ce que constatent les professeurs des quelque 260 élèves présents au forum local de Charlottetown.  «C’est la troisième année que mes classes participent, et ça s’améliore à chaque édition.  À la fin de l’expérience, les élèves finissent toujours pas apprécier la journée beaucoup plus qu’ils ne l’avaient prévu», constate Jean-Louis Arsenault, enseignant à l’école secondaire Colonel Gray. 

 

En plus d’offrir une motivation supplémentaire et une appréciation différente du français, l’activité est un prétexte pour présenter aux étudiants du secondaire des options pour poursuivre leurs études en français. 

 

Des établissements postsecondaires du Nouveau-Brunswick et de l’Île tenaient des kiosques pour présenter leurs divers programmes.  «Même pour les participants qui ne termineront pas le secondaire avant quelques années, ça sème la graine de la réflexion.  De plus en plus, les jeunes comprennent qu’être bilingue ouvre plusieurs portes et de nombreuses possibilités», constate Maxime Bourgeois. 

 

«J’ai déjà rencontré un enseignant du français en immersion, qui m’a dit que c’est après avoir participé à un forum local qu’il a décidé de poursuivre des études en français.  Ça sort les jeunes de leur zone de confort et ils réalisent qu’ils sont capables de communiquer en français, et qu’ils peuvent le faire partout au Canada», enchaîne le coordonnateur. 

 

L’une des activités consistait d’ailleurs à faire des recherches sur les communautés francophones dans les douze provinces et territoires du pays.  Par la suite, les équipes ont réalisé des bricolages pour illustrer leurs découvertes.  L’objectif final était qu’une personne par équipe présente le tout devant les autres participants, une tâche qui n’a pas suscité beaucoup d’enthousiasme chez les élèves.

 

Résultats à long terme

Au-delà de la journée, cette activité laisse des traces dans l’esprit des élèves.  Que ce soit pour les francophones de langue maternelle ou pour ceux d’immersion, c’est une manière de leur donner confiance en leurs compétences et de leur prouver que le français est utile, et même agréable. 

 

«En tant que professeur, je trouve ça très cool de voir mes élèves ici, de les voir jaser avec des participants d’autres écoles et travailler ensemble.  Ça se fait tout en français, en développant aussi d’autres compétences.  C’est très chouette à regarder!» souligne Shelly Curley, enseignante à Charlottetown Rural.  Un point de vue que partage sa collègue Nancy Connolly : «L’école, ça reste l’école.  Ici, c’est la vie!»

 

Les deux professeures savent très bien que leurs élèves sont timides lorsqu’ils doivent parler français, mais elles croient que cette gêne disparaît petit à petit lorsqu’ils ont des occasions de le pratiquer dans un cadre plus ludique, moins strict. 

 

Jean-Louis Arsenault constate aussi que chaque année, des élèves décident de poursuivre leurs études en français, au moins à l’aide de quelques cours.  «Je donne aussi des cours de soir, et ça m’est arrivé d’enseigner à d’anciens élèves du secondaire.  Ils sont tellement fiers de dire qu’ils travaillent en français et qu’ils continuent leur apprentissage! Dans la vie, c’est un réel avantage», confirme-t-il. 

 

Un petit pas à la fois, les 263 élèves présents dans le gymnase cette journée-là ont accepté de laisser tomber leurs barrières et de plonger dans le français, une décision qui ne leur apportera que des bénéfices dans les années à venir. 

 

Dominique Chouinard, du Collège de l’Île, a animé un atelier sur la connaissance de soi et le leadership, qui a été fort populaire auprès des élèves. 

 

L’un des ateliers proposait aux élèves de construire des digues et des aboiteaux, une construction acadienne traditionnelle.

 

Le conférencier Mathieu Gingras était l’invité d’honneur. Il s’est adressé aux élèves pour leur faire part de sa passion pour le français et des possibilités qu’offre la francophonie à travers le monde.

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