FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
  12 février 2019
- Par Ericka Muzzo

L'étudiante Emma Vos, Deb O'Hanley (au centre) et le chef Pierre El Hajjar avec des enfants lors d'un atelier.

Depuis une semaine et demie, ça bouillonne encore plus que d’habitude dans la cuisine du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean. Grâce à un projet pilote initié par la direction des écoles publiques (Public School Branch /PSB), les enfants des écoles Saint-Jean et Prince Street profiteront pendant une semaine des lunchs chauds du chef Pierre El Hajjar, livrés dans leurs locaux.

Pour ces écoles anglophones qui ne possèdent pas de cafétéria, c’est une petite révolution. «D’habitude, leurs options sont soit d’apporter un lunch, soit de commander de restaurants comme Subway ou de la pizza. Mais avec les plats du chef Pierre, ils essayent de nouveaux aliments, ils développent leurs goûts et mangent beaucoup plus santé», constate la directrice adjointe et chargée des communications du Carrefour, Deb O’Hanley.

Celle-ci réalise la chance des habitués du centre francophone d’avoir une grande cafétéria où se réunir à l’heure du lunch, ainsi qu’un chef aussi habile pour préparer des recettes à la fois délicieuses et équilibrées. C’est pourquoi elle se réjouit que la Direction des écoles publiques ait approché le Carrefour pour tester la formule de cuisine centralisée, qui livrerait des plats dans d’autres écoles ou entreprises. «Ça fait plusieurs années que le chef Pierre nous en parle, mais ça prendrait une plus grande cuisine. C’est un bon test pour nous aussi, ça nous permet de voir s’il serait possible de développer un projet de livraison comme ça», explique Deb O’Hanley.

Pour ce projet pilote de deux semaines, Pierre El Hajjar est aidé du chef Michael Smith, propriétaire du restaurant The Yellow House à Rustico. En plus d’aider en cuisine et d’en apprendre davantage sur la nourriture «de cafétéria», qui implique de grandes portions et beaucoup de préparation, il s’occupe de faire les livraisons jusque dans les écoles, où de plus en plus d’élèves s’inscrivent chaque jour pour recevoir les plats du Carrefour. «Ça nous donne aussi une belle visibilité, on a de très bons retours depuis que le projet est commencé. Pierre est excellent pour incorporer des légumes dans ses plats sans que les enfants ne s’en rendent compte, des patates douces et du kale par exemple», témoigne Deb O’Hanley.

Des précurseurs

Il y a quatre ans déjà, le chef Pierre a reçu le Prix de la poire de la défunte Alliance pour la saine alimentation de l’Î.-P.-É., soulignant des initiatives d’éducation nutritionnelle exceptionnelles. Aujourd’hui, les cours de cuisine du chef sont plus populaires que jamais. «On a dû ouvrir un troisième cours pour les enfants, ceux pour ados sont pleins et ceux pour adultes sont aussi très populaires», se réjouit Deb O’Hanley.

Pour Pierre El Hajjar, le transfert de connaissances est une partie importante de son travail. «Si les enfants voient, sentent, entrent en contact avec les aliments, ils acceptent davantage de goûter», observe-t-il. L’autre jour, il a montré aux jeunes un exotique fruit du dragon, et plusieurs courageux ont accepté d’y goûter, au plaisir de leurs papilles gustatives. «Ce sont des petites choses, mais ça forme l’éducation de leurs palais», constate Deb O’Hanley.
 
La cafétéria du Carrefour s’efforce également de prendre un virage vert, avec par exemple des pailles de papier plutôt que de plastique. Depuis septembre 2017, les élèves commandent leurs lunchs en ligne afin que le chef sache combien de portions préparer. «Ça a significativement réduit nos pertes et le gaspillage», se félicite la directrice adjointe. Le chef Pierre est également en contact avec les fermes Schurman afin de s’approvisionner bientôt en légumes locaux, et biologiques. Les bons ingrédients sont la clé pour des plats réussis!

Une fois le projet pilote terminé, la direction des écoles publiques évaluera les commentaires reçus et la faisabilité d’un projet de cuisine centralisée, qui ne serait toutefois pas celle du Carrefour à moins de rénovations d’agrandissement majeures. C’est un pas en avant pour les écoles anglophones de Charlottetown, qui aimeraient également offrir à leurs élèves des alternatives abordables, saines, mais sans rien sacrifier au goût. La cuisine du Carrefour peut une fois de plus se targuer d’être à l’avant-garde du domaine de l’alimentation à l’Île.


Plusieurs enfants ont participé au cours de cuisine du chef Pierre, jeudi dernier. Au menu, une soupe qui demandait d'éplucher plusieurs carottes! (Photos : E.M.)

L'Île-du-Prince-Édouard en images