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Le 17 décembre 2018

Léona Gallant, gérante de la cafétéria de l’école Évangéline.


Dès la parution, la semaine dernière, du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation et de ses prévisions pour l’année 2019, tous les médias se sont emparés de cette nouvelle.  En 2019, pour différentes raisons, certaines plus surprenantes que d’autres, une famille moyenne canadienne qui suit le Guide alimentaire canadien paiera 411 $ de plus pour son alimentation pour un total pour l’année de 12 157 $. 

Présentée comme cela, cette hausse paraît importante, mais au fond, elle est semblable à celle annoncée à la fin de 2017 pour l’année 2018, qui était de 348 dollars, pour un coût total de 11 948 $ 

Pour 2019, selon le rapport qui vient d’être produit, ce sont les légumes qui vont faire grimper la note, avec une hausse escomptée de 4 à 6 %.  Les fruits et les noix, de même que les pains et les céréales devraient également augmenter de 1 à 3 % pour chaque catégorie.  Les prix des produits laitiers et des œufs, deux catégories régies par des systèmes de gestion de l’offre, devraient être relativement stables, avec des hausses pouvant varier de 0 à 2 %. 

La grande surprise pour 2019 est la prévision à la baisse des prix pour deux grandes catégories d’aliments traditionnellement les plus chers, c’est-à-dire les viandes et les volailles ainsi que les poissons et fruits de mer.   En 2019, les auteurs du rapport prédisent que les prix de la viande, en particulier du bœuf, pourraient baisser de 3 % à 1 % et les poissons et fruits de mer pourraient coûter jusqu’à 2 % moins cher. 

«C’est la première fois que nous anticipons une baisse dans deux catégories de produits, soient les viandes ainsi que les poissons et fruits de mer.  Des inventaires plus élevés ainsi qu’une demande chancelante pourraient être à l’origine d’une baisse de prix dans ces deux catégories.  Mais la hausse globale du coût des aliments pourrait atteindre 3,5 % en 2019», disent les auteurs du rapport. 


Mot d’ordre, absorber la perte

Les restaurants pourraient augmenter leurs prix de quelques points de pourcentage pour conserver leurs marges de profit.  C’est un luxe que tous les établissements servant de la nourriture ne peuvent pas se permettre.  Certains sont obligés d’absorber la perte, si elle se matérialise, comme au Centre Belle-Alliance. 

«Nous demandons un montant de 5 $ pour les repas préparés et servis à la cafétéria.  Nous ne pensons pas pouvoir charger plus que cela, du moins pour le moment.  Alors nous absorbons le déficit que ça occasionne.  Parfois, les gens nous disent que 5 $, c’est assez pour ce qu’il y a dans l’assiette, mais il faut penser à la préparation, à l’approvisionnement, aux frais de transport, à l’électricité, au lave-vaisselle, etc., tout cela coûte de l’argent.  Et nous suivons des critères très stricts concernant la qualité des aliments.  Ça aussi ça coûte de l’argent», précise Jennifer MacPhee, directrice de La Belle-Alliance. 

Au Centre Belle-Alliance, c’est le service des banquets qui permet de rentabiliser un tant soit peu le service de préparation de nourriture.  «C’est vraiment notre façon de faire rentrer de l’argent, mais on n’a pas souvent accès à la salle pour les repas du midi car la priorité va aux élèves de l’école.  Cependant, nous avons une entente qui nous permet de conserver l’usage de la salle pour des dîners de Noël, à cette période-ci de l’année.  Les élèves apportent leur nourriture et mangent à l’école, lors de ces journées.  C’est sans doute un léger inconvénient pour l’école, mais pour nous, cela a une grande valeur», dit la directrice du Centre Belle-Alliance. 

Au Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, c’est un peu la même chose.  «Je pense que cela va nous affecter.  Le prix de la nourriture a déjà augmenté l’an dernier et on a vu une différence de prix.  On ne fait pas un profit sur la cafétéria, alors on va devoir trouver d’autres moyens de garder des prix abordables pour les élèves.  On pense même à être obligés de faire des collectes de fonds, car on croit dans la saine alimentation à des prix abordables.  C’est essentiel à la réussite et au bien-être des élèves», dit Nathalie Arsenault, directrice du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean. 

À la cafétéria de l’école Évangéline, la gérante, Léona Gallant, avoue qu’elle n’a pas encore eu l’occasion de réfléchir à tout cela.  «On prépare de la bonne nourriture et on charge le moins cher possible.  Un élève peut facilement manger pour 4 ou 5 $ incluant le breuvage et le dessert.  Mais il y en a qui dépensent de 8 à 9 $ aussi.  Et ça dépend du menu», dit Léona Gallant. 

La cafétéria à l’école Évangéline est autogérée.  Les revenus des ventes servent à payer les ingrédients et les salaires du personnel.  «On ne cherche pas à faire de profit, mais idéalement, on ne devrait pas faire de déficit.  Et l’année passée, on a fait un léger déficit», indique Léona Gallant. 

Au Centre Belle-Alliance, les camions de livraison font souvent des arrêts.  (Photos : J.L.)



- Par Jacinthe Laforest

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