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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

Le 26 novembre 2019

- Par Jacinthe Laforest

La Dre Nadine Arsenault-Samson a fait une présentation sur le temps d’écran auquel les jeunes enfants sont exposés, et ce que cela peut avoir comme conséquences.  (Photo : J.L.)

 

Après une heure de discussion fort intéressante sur la place que prennent les écrans dans nos vies, et les conséquences que cela peut avoir, Dre Nadine Arsenault a conclu que s’il y a quatre choses à retenir, ce sont les suivantes : limiter le temps d’écran; atténuer les effets néfastes; être attentif; donner l’exemple.

 

À l’invitation de l’École Évangéline, la Dre Nadine Arsenault-Samson avait préparé une présentation sur le temps d’écran auquel les jeunes enfants sont exposés, et ce que cela peut avoir comme conséquences.  Bien que seulement quatre personnes, et aucun parent de jeunes enfants n’étant présents, la médecin de famille a tout de même livré un contenu qui a sensibilisé encore davantage les personnes présentes.

 

«Les nouvelles suces»

 

Pour illustrer sa présentation, Dre Nadine avait inclus quelques photos parlantes.  Sur l’une d’elles, on voyait un enfant en larme et visiblement en colère qui tenait fermement une tablette que le parent essayait de lui enlever. 

 

«J’ai choisi cette photo pour illustrer qu’il peut véritablement s’installer une dépendance au point que si on retire l’objet, l’enfant se met à pleurer comme si on lui enlevait sa suce». 

 

Or, on le sait, la suce est quelque chose que les parents utilisent pour calmer leurs enfants, pour qu’ils se tiennent tranquilles ou pour les faire patienter jusqu’au repas.  Les suces ont des avantages, elles ont aussi des inconvénients. 

 

 

Des conseils pas si faciles à suivre

 

Tout en conseillant de limiter le temps d’écran, Dre Nadine Arsenault-Samson est la première à reconnaître que ce n’est pas aussi facile que cela.  «Les écrans sont tellement présents dans nos vies.  Il y a la télé, les téléphones, les tablettes, les ordis, les lecteurs DVD dans les autos.  Limiter le temps d’écran demande un effort, c’est certain, et pas juste à l’enfant», soutient Dre Nadine. 

 

Pas facile, mais il faut limiter le temps d’écran pour éviter les effets néfastes, incluant les risques accrus d’obésité et le manque de sommeil.  «Je n’en dirai jamais assez sur l’effet de la lumière bleue sur la production de mélatonine par le cerveau.  Les études prouvent que le taux de mélatonine baisse si on utilise l’écran trop longtemps.  Et la mélatonine est essentielle au sommeil», dit Dre Nadine.

 

L’obésité est elle aussi un effet secondaire de l’augmentation de temps d’écran.  «C’est causé par l’inactivité, certes, mais aussi par le contenu publicitaire, à la télé.  Les émissions pour enfants sont remplies de publicités sur les céréales sucrées et autres gâteries». 

 

Avec moult exemples, et en se basant sur des études sérieuses, Dre Nadine affirme qu’avant l’âge de 3 ans, il n’y a aucun avantage à exposer les enfants à l’écran, soit directement, soit en arrière-plan (télé allumée sans qu’on la regarde).  Au contraire, les écrans empêchent l’enfant d’apprendre à contrôler ses émotions, nuisent à sa capacité de se concentrer et de rester attentif pendant un certain temps.  «Les images sur les écrans sont tellement lumineuses et rapides que l’enfant s’habitue à ce degré de stimulation et lorsqu’il n’a pas cela, il peine à rester concentré.  Également, les enfants qui interagissent beaucoup avec un écran ne développent pas leurs habiletés sociales.  Ils arrivent à l’école, à la maternelle, au CPE, sans avoir appris à interagir avec d’autres et surtout, sans avoir appris à se passer de leur machine».

 

Rester attentif et atténuer les effets néfastes

 

Les écrans sont là pour rester.  Ils peuvent être des outils précieux, améliorer nos vies.  Ils peuvent aussi nous contrôler et même nous mettre en danger.  Il est possible, avec certaines applications, de savoir avec précision qui est où et à quel moment.  «Les parents savent où sont leurs enfants, mais le prédateur qui se fait passer pour quelqu’un d’autre en ligne le sait aussi», dit Dre Nadine.

 

Snap Chat ne peut en aucun cas remplacer la relation de confiance qu’un parent devrait avoir avec son enfant.  Aucune application ne devrait remplacer un parent.  Au contraire, c’est possible de regarder un film en famille, ou une émission, ou même de jouer à des jeux sur Internet.  Ça permet de parler de différentes choses et ça peut devenir un prétexte pour aborder diverses réalités, adaptées à l’âge de l’enfant. 

 

«Je prends toujours la vie à l’Île-du-Prince-Édouard comme exemple.  En grandissant, comme petite fille de Saint-Timothée, où, à part à la télé, aurais-je pu voir des personnes à la peau noire et portant des vêtements différents des miens? Quand on choisit bien, les écrans peuvent ajouter à la variété des ressources éducatives dont on dispose», explique Dre Nadine Arsenault-Samson. 

 

Punir et récompenser?

 

Pour éviter de donner aux outils technologiques un caractère presque sacré aux yeux des enfants, il faut éviter de les utiliser comme récompense ou comme punition.  C’est comme pour la nourriture.  On ne donne pas une barre de chocolat à un enfant pour le récompenser et on ne lui retire pas son dessert pour le punir.  Ça crée l’effet inverse. 

 

Dre Arsenault-Samson soutient que gérer le temps d’écran à la maison peut se faire aussi naturellement, et aussi difficilement, que l’apprentissage de n’importe quel mode de vie saine.  Plus tôt on prend les bonnes habitudes (ou les mauvaises) et plus longtemps elles resteront. 

 

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