FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 8 avril 2015

Plusieurs personnes en savent maintenant un peu plus sur Antoinette Gallant, qui a, pendant environ 10 ans, tenu une chronique dans La Voix acadienne.


Antoinette Gallant de Rustico est décédée en 2002, mais ses écrits sont restés.  Ils ont été publiés dans La Voix acadienne, dans les journaux anglophones, sous forme de rubriques et même, dans des livres, sous forme de recueils d’histoire et de chroniques.  

Dès les débuts de La Voix acadienne, le rédacteur fondateur, Jean Doiron, a demandé à Antoinette si elle accepterait de rédiger un texte par semaine en langue acadienne.  Elle a accepté à la condition de rester anonyme et pendant presque 10 ans, elle a contribué au journal.  Grâce aux archives de La Voix acadienne, en ligne, on peut retrouver ses écrits.  

Si on parle de cette dame, c’est que la conteuse Noëlla Richard, dans le cadre d’une résidence artistique en communauté appuyée par la Fédération culturelle de l’Île-du-Prince-Édouard, a entrepris d’étudier ses écrits et de les utiliser pour faire connaître le travail de la conteuse auprès de la jeune génération.  

Le dimanche 29 mars, elle a présenté une partie du résultat de ses recherches à un public curieux qui comprenait plusieurs nièces d’Antoinette, ainsi que plusieurs personnes qui avaient connu la raconteuse de Rustico, et qui avaient admiré ses écrits, autant en français qu’en anglais.  

«Ce que j’aimerais éventuellement, c’est recruter quelques personnes de tous les âges pour travailler ses textes, les apprendre et les livrer de façon orale, comme dans une petite pièce de théâtre qu’on présenterait plus tard.  Ce serait une façon de faire revivre l’héritage d’Antoinette et de rendre hommage à son talent d’écrivaine», a indiqué Noëlla Richard.  

Son livre, Le Journal d’une raconteuse, a été publié grâce au concours de Georges Arsenault, lorsqu’il était à l’emploi de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, vers la fin des années 1970.  «Elle voulait intituler son livre «Journal d’une imbécile», mais je l’ai convaincue autrement.  Et quand le livre a été publié, elle m’a écrit pour me remercier.  “C’est drôle que les «pis» ne me manquent pas du tout”, disait-elle dans sa lettre», a indiqué Georges Arsenault.  

Comme dans la langue parlée, Antoinette avait tendance à mettre des «pis» partout, pour faire le lien entre les idées et les situations.  Lorsqu’elle avait découvert ses textes sans «pis», elle avait été agréablement surprise.  

Ses écrits en anglais n’avaient pas la même portée qu’en français, parce qu’en français, elle écrivait dans la langue acadienne.  «Elle a été la première à faire cela à l’Île-du-Prince-Édouard et elle toujours dit que son inspiration était Antonine Maillet.  Ses écrits ont été précieux pour des chercheurs, entre autres, Yves Cormier, qui a rédigé Le Dictionnaire acadien, et qui cite les écrits d’Antoinette», a expliqué Georges Arsenault.  

Durant la présentation du dimanche 29 mars, Noëlla Richard a lu des extraits des écrits d’Antoinette et surtout, elle a fait jouer des enregistrements de la conteuse.  Ses nièces n’en revenaient pas.  «Je ne savais pas que ça existait.  C’est précieux», a indiqué une de ses nièces, Clarisse, présente à l’activité.  

Antoinette est native de Rustico, mais ses nièces, du moins celles qui ont assisté à l’activité du 29 mars, sont presque toutes établies à Baie-Egmont.  «Nos parents se sont établis à Baie-Egmont et c’est là que nous sommes nées.  Quand nous étions jeunes, notre tante Antoinette venait nous voir à Baie-Egmont et quand elle venait, tout le monde des alentours venait la voir.  Elle est devenue amie avec beaucoup de monde de Baie-Egmont», a affirmé Clarisse, fille de la sœur d’Antoinette.  

Les personnes qui aimeraient faire partie d’un groupe pour étudier les textes d’Antoinette dans le but de les présenter sur scène peuvent communiquer avec le Conseil acadien de Rustico ou avec la conteuse Noëlla Richard.  


Noëlla Richard a étudié les écrits d’Antoinette Gallant avec l’appui de la Fédération culturelle.


Georges Arsenault montre un article sur Antoinette Gallant qui a paru dans un des premiers numéros de La petite souvenance.


Yvonne Tuplin, Louise Brown et Clarisse Arsenault sont des nièces d’Antoinette Gallant.


- Par Jacinthe Laforest

L'Île-du-Prince-Édouard en images