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Le 5 novembre 2014

Grâce à l’aide de Claudette et Théo Thériault, Marie-Hélène Arsenault d’Abram-Village a retrouvé les traces de son oncle Augustin, tombé au combat le 30 septembre 1918, quelques semaines avant la fin de la Première Guerre mondiale.


Marie-Hélène Arsenault est née en 1924.  Elle n’a jamais connu son oncle Augustin, mort le 30 septembre 1918, sur le champ de bataille en Europe.  Pourtant, elle ne l’a jamais oublié.   «Ma grand-mère, Marie-Anne Arsenault, m’a toujours dit de ne pas oublier mon oncle, son fils Augustin, qui est mort à la guerre et j’ai tenu cette promesse», dit Marie-Hélène Arsenault. Elle ne savait pas grand-chose de son oncle.  Elle savait qu’il devait être enterré en France, mais elle ne savait pas du tout dans quel cimetière.  Il y a quelques années, lorsque Claudette Thériault a accepté une affectation de quelques années en France, pour le compte d’Anciens Combattants Canada, Marie-Hélène lui a demandé de l’aide.  «Elle a demandé, à Théo et moi, de tenter de trouver la tombe de son oncle Augustin.  Et nous l’avons trouvée, en 2009», a indiqué Claudette Thériault.  La tombe d’Augustin Arsenault est située au Cimetière canadien de Cantimpré à Sailly, un village de moins de 400 habitants à deux heures de route au nord-est de Paris.  Sur la pierre tombale on lit l’inscription suivante, en anglais : «3204866 Private, A. Arsenault, 87 th BN Canadian Inf.  30 Septembre 1918.»  Après avoir trouvé la tombe d’Augustin, les Thériault ont rassemblé dans un petit album ce qu’ils avaient pu recueillir sur Augustin et l’ont remis à Marie-Hélène.  À ce moment-là, les informations disponibles étaient peu nombreuses.  Puis, de retour au Canada, et toujours à la demande de Marie-Hélène Arsenault, Claudette Thériault a essayé d’accéder au dossier d’Augustin en ligne, dans les archives canadiennes.  Une première tentative s’est avérée infructueuse, car l’information n’était pas disponible.  Puis, la semaine dernière, tout a changé.  Claudette Thériault a de nouveau tenté d’accéder au dossier d’Augustin Arsenault et on lui a répondu que dès le lendemain, tout serait en ligne, car le dossier avait été numérisé récemment.  Elle a pu ainsi accéder au dossier de service d’Augustin et elle a fait imprimer chaque document, pour constituer un cartable qu’elle a présenté à Marie-Hélène.  Cette dernière était très reconnaissante.  Parmi les documents retrouvés, il y a le certificat d’enrôlement, daté du 23 mars 1918.  On y trouve aussi le certificat de santé et le dossier dentaire.  Également, on y voit le document selon lequel il a été porté disparu le 30 septembre 1918 et déclaré mort le jour même.  Alors que la plupart des informations concordent, incluant les adresses et les noms de ses parents, Arsène (Archie) et Marianne (Mary), d’autres ne concordent pas, comme l’âge qu’il aurait eu à son décès (23 ans) alors qu’il est né le 20 janvier 1897.  On y trouve des informations sur son salaire.  Selon la feuille, de son enrôlement jusqu’à son décès, il a gagné 105 $ en versement de 15 $ par mois.  À son décès, il y avait juste un peu plus de 21 $ dans son compte.  «Je pense qu’une partie de sa paie était envoyée à ma grand-mère, mais je ne peux pas dire avec certitude», dit Marie-Hélène.  Le 11 novembre, Marie-Hélène va penser aux soldats qui ont fait le sacrifice de leur vie, et elle va aussi penser à son mari, Tilmon, qui a fait la Seconde Guerre mondiale.  «Chaque 11 novembre, il pensait à ceux qui n’étaient pas revenus, alors que lui, il était là», dit Marie-Hélène, encore triste au souvenir de son mari décédé il y a moins d’un an et demi.  


Marie-Hélène Arsenault n’a jamais connu son oncle Augustin mort à la guerre, mais elle ne l’a jamais oublié.


Un des documents du dossier de service du soldat Augustin Arsenault tel que mis en ligne par Bibliothèqus et Archives Canada.


- Par Jacinthe Laforest

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