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Le 20 novembre 2018

Yolande Painchaud se souvient que la robe de mariée de sa grand-mère ne quittait jamais la famille lors des déménagements. Elle est fabriquée à la main, d’un mélange de cachemire, de satin et de dentelle. 

Les passionnés d’archives et d’artefacts ont ceci en commun que leurs yeux pétillent lorsqu’ils rencontrent des pièces inédites.  C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que le Musée acadien de l’Î.-P.-É. a accueilli Yolande Painchaud et sa collection, la semaine dernière.  Une causerie a été organisée pour l’occasion, permettant à la dame de transmettre l’histoire de sa famille en plus deses «trésors», qui seront désormais logés à l’Île.

Des centaines de correspondances, de photos et de morceaux de linge s’ajoutent ainsi à la collection du Musée.  Sans oublier la pièce de résistance : la robe de mariée de Marie-Anne Arsenault, la grand-mère de Yolande Painchaud.  «C’est rare que l’on reçoive autant d’items en même temps, et dans ce cas-ci on a même l’histoire derrière chacun», s’enthousiasme la directrice du Musée, Rachel Lapointe.  La collection a non seulement le potentiel de faire partie de plusieurs expositions, elle peut aussi permettre de découvrir de nouveaux liens entre des figures de l’Île.

Retour au bercail

«Je me sens chez moi, ici», affirme Yolande Painchaud pour expliquer qu’elle ait ramené tous ces objets des Îles-de-la-Madeleine jusqu’ici.  Elle-même a passé plusieurs années à Paris, s’épanouissant dans le milieu des arts, pour finalement retourner auprès de sa mère Yvonne Gallant en 1992, aux Îles. 

Ce retour lui a permis de découvrir que sa mère et sa grand-mère avaient conservé énormément de traces historiques de la famille.  Petit à petit, Yolande Painchaud classe, trie et fait du ménage dans tous les papiers, pour finalement parvenir à reconstituer l’histoire familiale de ses grands-parents maternels, les Prince-Édouardiens Marie-Anne Arsenault et le docteur André Gallant.  Dans un cahier qui sera bientôt également remis au Musée, Yolande Painchaud raconte leurs mémoires d’après les documents retrouvés. 

«J’ai été fort surpris de découvrir cet impressionnant patrimoine familial, surtout qu’il provient principalement de la famille du sénateur Joseph-Octave Arsenault, dont la résidence familiale était voisine de la maison où j’ai grandi», raconte l’historien Georges Arsenault, qui a pris connaissance du tout lors d’une visite aux Îles en 1999.  Pour les chercheurs d’ici, il est très pratique d’avoir accès à de telles archives. 

«C’est bien que ça puisse servir à d’autres, et faire durer l’histoire de la famille.  Et c’est certain, qu’ici, les objets seront bien conservés», constate Rachel Lapointe.  Accueillir une collection d’une telle envergure requiert plusieurs journées de travail, permettant l’organisation de la causerie du mardi 13 novembre dernier.  «C’est très rare qu’on expose en même temps que la causerie, mais c’était important pour Mme Painchaud, donc c’est la formule qu’on a choisie», explique la directrice du Musée. 

Il n’a tout de même pas été facile pour Yolande Painchaud de se départir de tous ses objets à forte valeur sentimentale.  «Mais je reconnais l’importance du patrimoine.  C’est peut-être parce que j’ai toujours travaillé dans le domaine des arts, ça développe une sensibilité pour ces choses-là», estime celle qui a notamment dirigé le Centre culturel du Havre-Aubert, aux Îles, de 1994 à 2002. 

Elle-même est fascinée par l’histoire de son aïeule Marie-Anne Arsenault, «une femme accomplie».  Parmi les pièces qui demeureront au Musée, on compte notamment des ouvrages de tricot, de couture ou de dentelle.  À l’aide de Georges Arsenault et de sa sœur Madeleine, Yolande Painchaud a également publié en 2015 «Mémoires de l’honorable Aubin-Edmond Arsenault», une traduction des mémoires deson grand-oncle, qu’avait entamée sa mère d’après des documents retrouvés. 

Le président du Musée acadien de l’Î.-P.-É, Père Eddie Cormier, a tenu à remercier expressément la donatrice, et lui a remis un exemplaire de «L’Acadie, hier et aujourd’hui».


Georges Arsenault, Yolande Painchaud et Rachel Lapointe travaillent depuis longtemps pour organiser la réception des archives et artefacts au Musée acadien de l’Î.-P.-É. 


Marie-Anne Arsenault était très habile de ses mains et a pu tricoter de nombreux habits pour sa descendance.


Des centaines de correspondances, cartes postales et photos ont été conservées dans la maison familiale de Mme Painchaud, aux Îles-de-la-Madeleine.


Père Eddie Cormier, Yolande Painchaud et Georges Arsenault.  (Photos : E.M.)

- Par Ericka Muzzo
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