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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 15 juillet 2015
Vingt-cinq ans de gestion scolaire et des progrès remarquables accomplis dans le domaine, c’est ce que célèbre la Commission scolaire de langue française de l’Île-du-Prince-Édouard en 2015-2016. La directrice générale actuelle de la CSLF, Anne Bernard-Bourgeois affirme que plusieurs publics sont visés pour ces célébrations : autant les enfants que les anciens gradués, que les commissaires ou les parents.  Tous pourront commémorer.  Pour mettre de l’avant cet important anniversaire, les 25 de chaque mois de la prochaine année scolaire seront consacrés à une activité soulignant les accomplissements dans le domaine.

Avant 1990, il y avait plusieurs commissions scolaires à l’Île et l’Unité 5, la seule qui fonctionnait en français, gérait une seule école, qui était l’école Évangéline.  Il y avait une école française, l’école François-Buote à Charlottetown, établie au début des années 1980, mais elle était gérée par une commission scolaire anglophone, l’Unit 3 School Board.  

L’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, en 1982, et en particulier l’article 23 qui portait sur l’éducation dans la langue de la minorité, a été un tournant dans l’évolution des droits scolaires et à l’Île, les parents de Summerside, menés par Florence Hardy, qui habitait à Miscouche à l’époque, ont ouvert la voie en contestant devant les tribunaux, la constitutionnalité de la loi scolaire de l’Île-du-Prince-Édouard 

Grâce aux efforts inlassables de ces parents, les francophones de l’Île ont obtenu la gestion de leurs écoles dans un jugement rendu en 1990.  La loi scolaire a alors été modifiée pour créer une commission scolaire provinciale de langue française, responsable de gérer les deux écoles existantes et de voir au développement d’un système d’instruction en français. 

Vingt-cinq ans plus tard, peu importe où ceux qui désirent obtenir une éducation en français s’installent sur l’Île, une école francophone leur est accessible. 

Mais pour cela, il a fallu continuer de se battre.  La Commission scolaire avait en théorie la gestion de ses écoles, mais le gouvernement s’opposait cotinuellement aux projets de développement de nouvelles écoles francophones.  

Grâce encore une fois à des parents de Summerside, qui se sont rendus jusqu’en Cour suprême du Canada, la portée de la gestion scolaire a été précisée et la CSLF a pu, alors, ouvrir trois nouvelles écoles en l’an 2000, ces mêmes écoles dont nous soulignons le 15e anniversaire.  

Gabriel Arsenault, directeur général de la CSLF en 1990, se souvient de la résistance à laquelle il faisait face au début de l’instauration des écoles francophones à l’Île : «Il y avait beaucoup de résistance, le programme d’immersion française était fort et la crainte était de perdre l’école d’immersion si on venait établir une école de langue française.  Maintenant, il y a d’énormes progrès qui ont été faits, surtout au niveau des changements des attitudes. Aujourd’hui, on crée des partenariats avec les commissions scolaires anglophones pour des projets conjoints».

Cela dit, c’est vers l’avenir qu’est tournée la directrice générale actuelle de la CSLF.  Pour elle, la Commission scolaire doit se concentrer sur l’épanouissement de la communauté francophone et acadienne par le biais des écoles.  «On va mettre beaucoup d’efforts dans les prochaines années sur la promotion et la conscientisation aux ayants droit et à la communauté insulaire pour que les gens réalisent qu’on existe.  On veut aussi inviter la communauté francophone et acadienne à être des ambassadeurs de promotion et de recrutement pour la Commission scolaire de langue française.  Je sais qu’on va relever le défi de croissance.  On s’est vraiment mis à la tâche dans la dernière année et on a eu une croissance d’une cinquantaine d’élèves pour septembre alors qu’il y a une décroissance en général!» 

Réaliste, Anne Bernard-Bourgeois reconnaît que la population scolaire est effectivement décroissante dans toute l’Île-du-Prince-Édouard, mais elle estime pouvoir balancer cela : «Pour nous, il est important d’aller chercher les ayants droit et ceux qui s’intéressent à la Commission scolaire de langue française et à la valeur ajoutée de connaître une deuxième langue». 

Le président actuel, Émile Gallant, qui a commencé son mandat au début du mois de juillet, voit un défi dans la qualité de la programmation que les écoles francophones doivent offrir : «C’est toujours de s’assurer que nos écoles offrent la même qualité de programmation et que nos infrastructures soient comparables à ce qu’on pourrait retrouver en anglais.  C’est ce que l’article 23 [de la Charte canadienne des droits et libertés] garantit à la communauté francophone».



- Par Sandrine Jouis 

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