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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 12 novembre 2014

Paul Cyr montre «l’enquête» qui est affichée dans son bureau.   Afin d’améliorer l’enseignement, et en se basant sur les faiblesses illustrées par les évaluations communes, chaque école développe sa propre «enquête», une sorte de stratégie qui vise un objectif.  L’an dernier, chaque école avait fixé son propre objectif.  Cette année, chaque école devra mettre l’accent d’une manière ou d’une autre sur l’écriture et en particulier, sur les conventions. 


La semaine dernière, La Voix acadienne a dévoilé les résultats des évaluations communes pour les écoles de la Commission scolaire de langue française.  Bien qu’il ne réfute pas les résultats, le directeur de l’instruction à la CSLF, Paul Cyr, estime qu’il y a des nuances à apporter.  

«C’est certain que nous aurions aimé de meilleurs résultats, parce que nous travaillons très fort pour nous assurer que nos élèves, peu importe l’école, atteignent les objectifs», explique Paul Cyr, dans un entretien où il a fourni des explications très intéressantes sur le fonctionnement des évaluations.  

Les évaluations communes sont des mesures externes qui sont prises une fois par année au moyen d’examens préparés par les commissions scolaires en collaboration avec le ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance.  

Durant toute l’année et d’ailleurs, tout au long de l’apprentissage, les enseignants évaluent leurs élèves de façon continue, afin de savoir où ils en sont dans leur apprentissage.  

«Même avant de recevoir les résultats des évaluations communes, les enseignants savent les domaines où leurs élèves rencontrent les objectifs et les domaines où ils ont plus de difficulté.  Mais parfois, il y a des surprises, dans un sens comme dans l’autre», dit Paul Cyr. 

Défi : écriture 

Les évaluations indiquent que c’est en écriture que les élèves ont le plus de difficultés.  Aux fins de l’enseignement, l’écriture se divise en six traits : L’idée, la structure, les conventions (règles de grammaire), la fluidité de la phrase, le choix des mots et la voix.  

Pour les évaluations externes, seuls les trois premiers traits sont notés, soit l’idée, la structure et les conventions.  Pour qu’un élève réponde aux attentes du programme, il doit avoir la note de passage établie dans les trois traits.  «Nous savons que nos élèves sont plus faibles en conventions, pour tout ce qui concerne les règles de grammaire, les accords de genre et de nombre, etc., donc, cette année, nous mettons l’accent sur les conventions, avec des stratégies adaptées, pour espérer améliorer les résultats des évaluations et les progrès de nos élèves.»

Paul Cyr est un défenseur des évaluations.  Pour lui, peu importe qu’on soit à l’école, qu’on suive un programme d’entraînement sportif, ou qu’on veuille perdre du poids, la seu-le façon d’atteindre l’objectif fixé, c’est de mesurer ses résultats de façon régulière, afin d’ajuster en fonction du progrès constaté et de l’objectif.  

Les évaluations communes en littératie de 3e et de 6e année ont eu lieu en mai 2014.  Les examens ont été corrigés durant l’été et dès la rentrée scolaire, les enseignants avaient les résultats en main pour adapter leur enseignement.  Il est important de mentionner que même si les résultats des petites classes ne sont pas diffusés publiquement, chaque enseignant reçoit les résultats de chacun de ses élèves, pour chaque trait de lecture et d’écriture.  

En mathématiques, les évaluations communes viennent d’avoir lieu.  «C’est l’évaluation de la fin du cycle, mais nous l’avons toujours faite au début de l’année scolaire suivante.  Cela a des avantages, comme le fait que l’enseignant pourra travailler avec les élèves jus-qu’à la fin de l’année, avec les résultats de l’évaluation.  Par contre, lorsque l’examen a lieu en automne, cela complique l’étape de la correction, qui demande du personnel.»  

Les prochaines évaluations communes en mathématiques vont par ailleurs avoir lieu en même temps que les évaluations en littératie à compter de 2015, toutes au mois de mai.  

Présentement, on fait des évaluations à la fin du primaire, de l’élémentaire et on en fait aussi une à l’intermédiaire, à la fin de la 9e année, mais seulement en mathématiques.  À l’avenir, il est question d’ajouter une prise de mesure au secondaire.  «Nous aimerions éventuellement avoir une évaluation à la fin de la 10e année, possiblement, qui permettrait aux enseignants, mais aussi aux élèves, d’ajuster leurs stratégies d’enseignement et d’apprentissage, respectivement.  Cela fait partie de nos plans à plus ou moins long terme», dit Paul Cyr.  

Succès en maths

En mathématiques, dans l’ensemble de la province, les résultats ont connu des progrès considérables grâce à «Projet Maths».  Dans le cadre de ce projet, la façon d’enseigner a été chamboulée.  Plutôt que de tenter d’atteindre de façon superficielle les quelque 50 ou 60 résultats d’apprentissage de cha-que programme, les pédagogues ont identifié une dizaine de résultats d’apprentissage fondamentaux qui sont enseignés de façon plus approfondie.   

De plus, le «Projet Math» prévoit que l’enseignant fera quatre évaluations formatives durant l’année, afin d’ajuster l’enseignement.  

Mentionnons finalement que dans les classes moins nombreuses, chaque élève représente une plus grande proportion, ce qui a une incidence sur le résultat des évaluations, surtout lorsqu’ils sont affichés en pourcentage.  

- Par acinthe Laforest

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