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Le 15 janvier 2014
À la fin de l’année 2013, le gouvernement provincial a adopté des modifications à la loi régissant les fonds de pension du secteur public à l’Île-du-Prince-Édouard.  Ces modifications étaient loin de plaire à tout le monde.  Selon Gilles Arsenault, président de la Fédération des enseignants de l’Île, la PEITF a réussi à négocier jusqu’à la fin, ce qui a été avantageux pour ses membres.  

«Il y a environ 18 mois, le gouvernement provincial a fait savoir aux syndicats qu’il était nécessaire de faire des changements au fonds de pension du secteur public, afin d’assurer sa viabilité.  Le gouvernement et les syndicats ont formé des comités pour étudier, proposer et négocier.   Au mois de septembre 2013, au bout de 16 mois, aucune entente n’avait été conclue et le gouvernement a alors présenté une proposition ferme aux syndicats», explique Gilles Arsenault.  Durant ces 16 mois, la PEITF côtoyait les représentants des autres syndicats impliqués dans les négociations.  

Lorsque le gouvernement a présenté sa proposition, certains syndicats se sont sentis trahis par le gouvernement.  Ils ont décidé de manifester publiquement leur mécontentement, alors que durant les 16 premiers mois, les négociations se faisaient à l’abri des regards du public.  

«Nous, à la PEITF, nous avons notre propre fonds de pension qui s’appelle le TSF (Teachers’ Superannuation Fund).  Notre fonds de pension est indépendant des autres et nous n’étions pas d’accord avec la décision de certains autres syndicats de manifester contre le gouvernement et de nuire aux chances de négocier.  Nous sommes donc restés à la table jusqu’à la fin.  Nous avons accepté certains compromis, mais à la fin, nous sommes en assez bonne posture», assure Gilles Arsenault.  

Dans sa proposition «unilatérale», la province proposait de fixer la pension en se basant sur la moyenne salariale de toutes les années d’enseignement, plutôt que sur les cinq meilleures années, ce qui était le cas de-puis des années.  

«Nous n’avons pas obtenu le maintien des cinq meilleures années, mais nous avons obtenu un calcul basé sur une moyenne de carrière, indexée à l’année de la retraite.  Par exemple, si au début de ma carrière, je gagnais 26 000 $, c’est ce montant augmenté de toutes les indexations annuelles jus-qu’à la retraite qui sera calculé.  Ce n’est pas aussi simple qu’un calcul sur les cinq meilleures années, mais c’est mieux que ce que la province proposait au départ», insiste Gilles Arsenault.  

Un autre changement touche l’âge de la retraite.  Présentement, et jusqu’en 2019, un enseignant peut prendre sa retraite sans pénalité à partir de 55 ans, ou à partir de 30 ans d’enseignement.  

«À partir de 2019, le minimum sera de 32 ans d’enseignement et 57 ans.  On continue de considérer qu’une pleine carrière compte 35 ans.  Et l’enseignant reçoit 2 % de son salaire pour chaque année d’enseignement.  Après 35 ans, il reçoit environ 70 % de son salaire.  Auparavant, le maximum était 35 ans, mais maintenant, un enseignant peut continuer jusqu’à 40 ans d’enseignement et lorsqu’il se retire, il a 80 % de son salaire.  Évidemment, durant toutes leurs années de travail, les enseignants investissent dans le fonds de pension», poursuit Gilles Arsenault.  

Gilles Arsenault mentionne aussi que les enseignants qui se retirent à 55 ou 57 ans après une pleine carrière seront de plus en plus rares à l’avenir.  «La formation est plus longue qu’elle était dans le passé.  Lorsque moi j’ai fait mes études, j’ai fait un baccalauréat de quatre ans en éducation, et j’ai commencé à travailler tout de suite.  Maintenant, les études incluent un baccalauréat suivi de deux ans pour le bac en enseignement.  Et parce que les postes permanents sont plus rares, les enseignants commencent leur carrière plus tard que dans mon temps.  À l’avenir, ça va faire une différence», dit Gilles Arsenault.  

Précisons qu’il y a environ 1 800 enseignants actifs (qui contribuent au fonds de pension) et environ 1 400 enseignants à la retraite (qui vivent du fonds de pension).

Par Nick Arsenault

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