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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 8 novembre 2018

Thibaut Aubert tient dans sa main un micro:bit, sur lequel les jeunes ont pu faire allumer les lumières choisies sur l’ordinateur grâce au codage.  (Photos : E.M.)

Les élèves de l’école François-Buote peuvent désormais acquérir des bases dans le domaine du codage, grâce à des cours parascolaires de programmation.  Pendant six semaines, une dizaine d’élèves de la 3e à la 6e année défricheront l’utilisation du micro:bit, un ordinateur miniature rempli de possibilités. 

La salle de classe est bien remplie le mardi 30 octobre, à 15 h.  Filles et garçons ont les yeux rivés sur leur écran, où défile un programme qui envoie des signaux au micro-ordinateur posé sur le bureau. Ce sont eux qui le programment, une petite lumière à la fois. 

L’enseignant de deuxième année Thibaut Aubert est à l’initiative du projet.  «C’était déjà une passion pour moi, et je pense que la programmation a vraiment besoin d’être apprise par les jeunes.  Actuellement, ils utilisent la technologie, mais sans la comprendre.  Le codage permet de voir ce qu’il y a derrière, comment ça marche», explique-t-il. 

Le cours se fait en partenariat avec le projet Code Club Canada.  Géré par l’association nationale à but non lucratif Kids Code Jeunesse, le projet s’installe pour la première fois dans une école francophone de l’Île.  «Quand j’ai commencé à travailler en mars, il y avait 300 Codes Club au Canada, mais aucun sur l’Île.  Maintenant, on est rendu à presque 10, mais c’est le premier en français», explique la gestionnaire du développement communautaire à l’Î.-P.-É., Jennifer Whittaker, qui a instauré le projet dans plusieurs autres écoles et bibliothèques. 

«J’étais excitée de commencer un club francophone, parce que je trouve que les organisations ont de la difficulté à offrir des programmes en français, alors qu’il y en a plusieurs en anglais», enchaîne-t-elle.  Étant basée à Montréal, l’entreprise possède déjà du matériel bilingue. 

Les apprentissages

Contrairement à ce qu’on pourrait d’abord penser, le codage n’est pas réservé aux «geeks» d’informatique ou même confiné à ce secteur.  Il est partout autour de nous, de notre téléphone intelligent au réfrigérateur dans la cuisine.  «Ça va être dans toutes les parties de notre vie d’ici peu», prévoit Jennifer Whittaker.  Aussi bien prendre de l’avance. 

«Ça apporte aussi énormément en possibilité de résolution de problèmes, en compréhension mathématique, constate Thibaut Aubert.  Sans compter qu’il y a beaucoup de demandes au niveau de l’emploi, et c’est utile dans toutes sortes de domaines». En agriculture, par exemple, on parle de plus en plus d’«agrotechnologies», un secteur qui nécessite de savoir coder.  Ayant étudié dans ce domaine, Jennifer Whittaker confirme l’utilité de la chose. 

Plusieurs types de projets sont disponibles sur le site Web du Code Club.  Scratch, Python, Raspberry Pi, pour ne nommer que ceux-là.  Si Thibaut Aubert a choisi d’utiliser micro:bit, c’est pour son côté très concret.  «On programme quelque chose, ça n’est pas abstrait parce que la machine fait ce qu’on lui demande.  Les possibilités sont infinies, du très simple au très compliqué, et j’aimerais créer plusieurs petits projets comme peut-être un jeu avec des câbles électriques ou un outil de mesure de l’humidité de la terre», suggère-t-il. 

Il faut cependant commencer par la base, et au sein même de la classe, les niveaux d’utilisation des ordinateurs varient.  Alors que certains explorent plus loin que la matière montrée, d’autres peinent à réaliser les tâches expliquées par le professeur.  «C’est un premier cours, on s’adapte! On fera peut-être des équipes les autres semaines», suggère-t-il.  Après les six cours, il faudra décider si les mêmes élèves auront l’occasion de passer au niveau supérieur, ou si plutôt d’autres élèves pourront suivre le cours parascolaire de premier niveau. 

«On a des périodes d’informatique dans le cursus, mais j’aimerais que le codage y soit aussi, en cours optionnel par exemple», note M. Aubert.  Dans le cadre de son travail, Jennifer Whittaker propose  également des cours de 2 h aux enseignants de la 3e à la 7e année qui aimeraient enseigner le codage à leurs élèves.  «C’est un atelier gratuit où je leur montre comment utiliser les micro:bits.  On leur en donne aussi une boîte de dix pour les utiliser dans leur classe.» Les intéressés peuvent se rendre au codeclub.ca/fr pour en savoir davantage. 

Le micro:bit peut agir comme écran, comme compas, comme capteur de température ou de lumière, comme accéléromètre et plus encore.  On pourrait donc les utiliser en sciences, en physique, en mathématiques, en toutes sortes de disciplines scolaires.  Un outil pratique, certes, mais aussi une manière de raviver l’intérêt des élèves et de leur faire entrevoir de nouvelles possibilités. 




Jennifer Whittaker (à droite) a prêté main forte au professeur débordé, alors que les questions fusaient de toutes parts.



- Par Ericka Muzzo
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