Le 9 novembre 2017

Trois pour cent des prix Nobel ont été remis à des femmes. (Crédit: Programmes de sensibilisation en génie, de la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa)

Le 7 novembre 2017 marque le 150e anniversaire de Marie Skłodowska-Curie. Figure féminine scientifique, elle reçoit à deux reprises le prix Nobel en chimie et en physique. 150 ans plus tard, «c’est seulement 3 % des prix Nobel qui ont été remis à des femmes à travers le temps», avoue Virginie Hotte-Dupuis, chef des relations extérieures et philanthropie chez L’Oréal Canada.

Ce groupe tout comme les établissements scolaires, le gouvernement et les organismes offrent des programmes, des ateliers, ainsi que des bourses pour accroitre la présence féminine dans le domaine des sciences appliquées au Canada.

Attirer les jeunes filles et les femmes en science

En effet, le programme Pour les Femmes et la Science de la Fondation L’Oréal Canada remet chaque année cinq prix d’une valeur de 5000 à 20 000 $ à de jeunes boursières. Depuis 2003, 65 étudiantes en ont bénéficié.

«Ce sont des bourses aux niveaux doctoral et postdoctoral parce que c’est un moment clé de leur parcours scientifique. C’est le moment où elles vont décider si elles souhaitent fonder une famille tout de suite ou plus tard, dépendamment du financement. Ces bourses sont un levier dont elles ont besoin», affirme Mme Hotte-Dupuis.

La Fondation L’Oréal offre également le programme de mentorat en partenariat avec la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO) et l’organisme Imagine Canada. Les ateliers offerts dans le cadre de Pour les Filles et la Science ont pour objectif d’inspirer la vocation scientifique chez les élèves de 69 écoles secondaires et de promouvoir leur présence en science.

«Souvent ces jeunes apprécient beaucoup ces ateliers parce que cela leur montre que la science peut être dans n’importe quel métier, même dans un métier associé à un produit qu’elles utilisent tous les jours», puisqu’elles sont jumelées avec les scientifiques de L’Oréal, affirme la chef relations extérieures et philanthropie de l’entreprise.

Le gouvernement canadien fait également sa part de sensibilisation à travers sa campagne Optez pour les Sciences. «Il est essentiel d’appuyer les filles et les femmes qui veulent étudier dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM)», avoue Geneviève Sicard, conseillère principale en communications à Innovation, Sciences et Développement économique Canada.

«Nous nous employons à favoriser une culture dans laquelle les jeunes, surtout les femmes et les Autochtones, sont enthousiasmés par les sciences, grâce au soutien de programmes comme le Programme PromoScience du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada».


Des modèles à suivre

Pour motiver les jeunes filles à s’intéresser aux sciences et pour encourager la présence et l’avancement des femmes dans les carrières scientifiques, il leur faut des modèles.

Catherine Mavriplis, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), joue ce rôle auprès de ses étudiantes.

Professeure en génie mécanique à l’Université d’Ottawa, elle les encourage à se faire confiance, à prendre des risques et à persévérer. «J’essaie d’être un modèle pour mes étudiantes. Je leur montre que même après 30 ans dans ce domaine, il m’arrive de faire des fautes. C’est une manière de leur dire que c’est naturel de se tromper».

À travers la Chaire, Catherine Mavriplis organise des panels où ses étudiantes ont l’occasion d’échanger avec des femmes scientifiques sur divers sujets. «J’essaie de montrer plusieurs exemples de femmes scientifiques pour que mes étudiantes voient comment elles peuvent se faufiler dans leur carrière. On espère que cela va les encourager à poursuivre».

Pour Molly Shoichet, lauréate du prix de L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science 2015, «nous devons fournir aux jeunes femmes des modèles à suivre et nous devons collectivement, femmes et hommes, valoriser leurs carrières».

Professeure à l’Université de Toronto et titulaire de la Chaire de recherche canadienne en génie tissulaire, elle précise que «beaucoup d’entre nous ont des idées préconçues de ce que les femmes sont et ce qu’elles peuvent faire. C’est difficile de se défaire de ces contraintes».

Pour cela, la gagnante du prix Killam 2017 pense que l’implication des parents est importante. «Les parents doivent élever leurs enfants, filles et garçons, à valoriser les femmes en carrière».

- Amina Hufane (Francopresse)

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