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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 30 mars 2016


Durant la dernière semaine, bien des yeux ont été tournés vers l’Europe.  Les attentats sur Bruxelles sont survenus alors que des élèves de la Commission scolaire de langue française étaient en Europe.  

En fin de journée, le lundi 28 mars, environ 24 heures après son retour d’Europe, nous avons rejoint Paulette LeBlanc, directrice de l’école Évangéline, pour parler de comment l’incident de Bruxelles a perturbé, ou non, le voyage.  

«Notre voyage s’est très bien passé, malgré tout.  Nous sommes arrivés à Amsterdam, le samedi 19 mars, et nous y avons passé deux jours.  Puis, le lundi 21, nous nous sommes rendus en Belgique.  Nous avions des visites de prévues, mais le lundi après-midi, comme nous avions un peu de temps libre, nous avons décidé, en consultation avec notre guide, de nous rendre à Bruxelles.  C’était très beau.  Nous voulions tous manger des gaufres et acheter du chocolat, et ils vendaient vraiment beaucoup de frites avec toutes sortes de sauces.  Le lundi soir, nous sommes retournés coucher en France.  Le mardi matin, lorsque nous avons quitté la France à destination d’Ypres en Belgique, pour nos visites, nous ne savions rien du tout de ce qui était arrivé», a indiqué Paulette LeBlanc.  

C’est un texto du conseiller en orientation de l’école, Éric Morency, qui a tout déclenché.  «J’ai reçu son texto où il me demandait si nous allions bien.  Ce matin-là, nous avions quitté notre hôtel en campagne sans écouter les nouvelles.  Je me suis mise à faire des recherches sur mon téléphone et j’ai fini par comprendre.  Plus tard, j’ai appris que notre guide savait, mais comme notre destination nous éloignait de Bruxelles, il n’avait pas voulu nous inquiéter», a raconté Paulette LeBlanc.  

Après cela, il a fallu prendre des décisions.   «Nous ne voulions pas inquiéter les jeunes.  Notre guide nous a aidés à leur expliquer ce qui s’était passé, pour qu’ils puissent rassurer leurs parents.  Pendant ce temps, nous avons déclenché la chaîne téléphonique que nous avions mise au point avant le départ.  Et nous nous sommes aussi servis du groupe Facebook privé que nous avions créé pour les élèves et les parents, pour communiquer et rassurer».

Selon Paulette LeBlanc, même si l’incident a causé du stress et fragilisé certains jeunes pendant quelque temps, il n’a jamais été question pour le groupe d’écourter son voyage.  «Même après les incidents, nous discutions entre nous de la possibilité de faire un autre voyage à l’avenir.  Ce voyage, nous le préparions depuis trois ans, lorsque les jeunes étaient en 7e, 8e et 9e année.  Ils sont maintenant en 10e, 11e et 12e année.  Les choses que nous avons vues, les endroits que nous avons visités, et les émotions que nous avons vécues valaient tous les efforts que nous avons faits depuis trois ans.  Nous voulons que d’autres jeunes puissent vivre cela», a renchéri la directrice, dont la fille faisait partie du groupe.  

Desmond et Odette Arsenault avaient eux aussi des raisons de s’inquiéter.  Leur fille, Jillian, séjourne en Europe, en Autriche plus précisément, dans le cadre de ses études à Holland College.  «Elle étudie en gestion touristique et elle fait son dernier semestre dans un collège en Autriche.  Pendant la pause de mars, elle avait prévu de voyager et nous savions qu’elle se rendrait à Bruxelles.  À 7 h, ce mardi-là, lorsque nous avons appris les nouvelles, nous avons tout de suite tenté de communiquer avec elle.  Elle ne répondait pas.  Ce n’est que vers 11 heures que nous avons pu avoir de ses nouvelles».

Malgré la peur qu’il a vécue, Desmond Arsenault n’est pas prêt à dire qu’il faut arrêter de voyager.  «Nous avons tellement une belle planète, il y a tellement de belles places à voir.  Si nous tombons dans la peur, nous nous abaissons au niveau de ceux qui veulent qu’on ait peur.  Je ne veux pas que nos jeunes vivent dans la peur», a indiqué Desmond Arsenault.  

Gabriel Arsenault, qui a longtemps dirigé la Commission scolaire de langue française, est un peu du même avis.  «Ce qui me préoccupe le plus, ce n’est pas tant la sécurité de nos jeunes, car pour cela, nous pouvons prendre des précautions et choisir des destinations moins risquées.  Ce qui me préoccupe le plus, c’est le fardeau financier que ça représente pour les familles», a-t-il indiqué, apportant ainsi un autre point de vue.  




Une partie du groupe à Amsterdam.


À l'avant du cimetière de Beny-sur-Mer en France.


Tout le groupe devant la tour Eiffel.


À Amsterdam, devant l'atomium.


Croisière à Amsterdam.


Devant la statuette de Anne Frank à Amsterdam.


À Bruxelles en Belgique avec un poète dans la rue qui a lu des poèmes.


Cimetière de guerre.


Dans L'Arc de triomphe.


Sur la plage de Juno beach.


Dans les tranchées à Vimy.


Sur les marches du Sacré Coeur à Paris.



Jillian Arsenault.  (Photos : Gracieusté)

- Par Jacinthe Laforest

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