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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 22 mars 2016

Gérald Morin se souvient bien des premières années de l’école François-Buote.

Alors que nous célébrons, cette semaine, l’inauguration des travaux d’agrandissement de l’école François-Buote et du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, nous avons pensé retourner en arrière pour revivre des souvenirs avec le guide Gérald Morin, qui a dirigé l’école François-Buote de septembre 1985 à juin 1991.  

«Je me souviens fort bien de ces premières années.  Je vivais à l’Île depuis quelques années seulement.  J’avais mon poste d’enseignant en immersion à Eliot River à Cornwall et la vie était belle.  Et pour dire vrai, je ne savais pas qu’il y avait une école française».

Cependant, par l’entremise de ses collègues enseignants en immersion, comme Louisette Blouin et d’autres, il commençait à s’intégrer dans la communauté francophone, qui gravitait autour du Centre culturel Port Lajoie, sur la rue Sydney.  

«À la fin de l’année scolaire 1984-1985, le surintendant (directeur général) de la commission scolaire de l’Unité 3, comme c’était dans le temps, est venu me voir, pour me proposer de diriger la petite école française.  Francis Blanchard prenait sa retraite et ils avaient besoin de quelqu’un», se rappelle Gérald Morin.  

L’école François-Buote, qui portait ce nom depuis peu, comptait à ce moment-là 31 élèves, de la 1re à la 9e année.  Gérald Morin enseignait la 3e, 4e et 5e année, tandis que Claire Girard enseignait la 1re et la 2e année.  Réal Ouellette avait tous les élèves de la 6e à la 9e année dans sa classe.  

Parmi les personnes qui gravitaient à l’école à cette époque, il y avait aussi la secrétaire Denise Gillespie, à temps partiel, et Luce Richard, qui s’est jointe à l’équipe à temps partiel pour enseigner aux élèves de 5e et 6e année.  

L’école était située à l’intérieur de l’église Spring Park United Church.  «Nous avions l’étage du haut et l’étage du bas, et nous avions accès au gymnase.  Il y avait une cuisinette et les parents venaient faire des hotdogs au moins une fois par semaine.   Les parents étaient très engagés.  Nous étions comme une belle et grande famille.  À Noël et à la fin de l’année, nous faisions de grands concerts avec les élèves.  Nous faisions des décors et des œuvres murales pour décorer l’école.  Je me rappelle encore qu’Elva Arsenault, qui est venue enseigner chez nous à son retour de Québec, avait été très impressionnée par l’ambiance», affirme Gérald Morin.  

Le directeur avait une tâche colossale.  Il enseignait une classe à niveaux multiples à temps plein et il se chargeait de toute l’administration.  «C’était fou : les chauffeurs d’autobus, les réunions avec le personnel, les rapports à préparer pour l’Unité 3.  Sans ça, nous avions notre secrétaire à temps partiel seulement, alors quand le téléphone sonnait, on se garrochait pour répondre.  Mais avec le temps, j’ai appris à demander du nouveau personnel.  On a eu une enseignante de musique à temps partiel (Nicole Bélècque), un enseignant en éducation physique à temps partiel (Jean-Paul Gallant) et finalement, notre secrétaire a commencé à temps plein.  Pendant un certain temps, nos élèves de 7e, 8e et 9e année faisaient l’éducation physique à Queen Charlotte et ceux qui faisaient la fanfare allaient là aussi».

Gérald Morin voyait son école grandir.  Bientôt, 50 enfants puis 80.  «Lorsque les élèves ayants droit de Rustico ont commencé à venir à notre école, nos nombres ont explosé.  Nous avons graduellement utilisé tous les locaux à l’église Spring Park et nous avons créé des classes de francisation.  Évidemment, en 1990, notre école a été transférée à la Commission scolaire de langue française, qui était devenue provinciale.  Ce transfert s’est vraiment très bien passé.  Dans ce temps-là, lorsqu’un enseignant changeait de commission scolaire (il y en avait cinq ou six), il perdait ses jours de vacances et son ancienneté.  Mais nous, nous avions échappé à cela et nous avions gardé nos dossiers intacts», se réjouit encore Gérald Morin.  

Pendant que l’école grandissait, la collectivité francophone affirmait sa présence.  Il y avait la succursale de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, le Centre culturel Port Lajoie, le comité régional de la SSTA Char-Rus-Sou (Charlottetown, Rustico et Souris) et bientôt, l’envie d’avoir un lieu bien à soi comme on venait d’en inaugurer un à New Castle (maintenant Miramichi) au Nouveau-Brunswick (Carrefour Beausoleil) a mobilisé de plus en plus d’effectifs.  

Si bien qu’en septembre 1991, bien que la construction n’était pas terminée, l’école François-Buote a déménagé dans ce qui est depuis sa belle maison et de plus en plus grande.  

«Je ne voulais pas rester directeur de cette grande école d’autant plus qu’il fallait aussi diriger le volet communautaire.  J’étais content de retourner en enseignement, ce qui est ma passion», rappelle Gérald Morin.  

L’école François-Buote avait célébré en 1990 son 10e anniversaire d’établissement.  «Ils avaient fait cela en grande pompe, avec les ministres et tout, et là, comme on s’apprêtait à déménager dans le Carrefour, il y a des parents qui se sont mis à faire campagne pour changer le nom de l’école.  Là, j’ai mis mon pied à terre et le nom est resté.»

Ce ne sont que quelques souvenirs glanés un vendredi après midi, auprès de Gérald Morin, qui venait de finir une semaine de suppléance à l’école François-Buote où il a enseigné jusqu’à sa retraite en 2012.  

Dans le corridor de l’école sont affichées les photos de tous les finissants, depuis juin 1994.  En passant devant les photos, Gérald Morin ralentit et prend le temps de regarder la photo de la première cohorte où on voit Tanya Huppé, Emilio Torres, Lori-Ann Blakney, Antoine Benoit, Chantelle Buote et Margo Doiron. 

- Par Jacinthe Laforest

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