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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
La Voie de l'emploi - oct/nov 2015

Éric Morency, conseiller en orientation aux écoles Évangéline et Pierre-Chiasson.

La première grande décision qu’une jeune personne doit prendre dans sa vie consiste à décider de poursuivre ou non ses études.  La seconde grande décision consiste à choisir un parcours en français ou en anglais.  

À une certaine époque, les choix en français étaient très peu nombreux et limités.  Maintenant, on peut étudier dans tous les domaines, partout au Canada, en français et pour la plupart des jeunes, les distances ne sont pas un problème.  

Le 2 octobre dernier, grâce à une initiative de l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, les élèves des écoles secondaires de l’Île ont eu la visite d’une quinzaine d’institutions d’enseignements.  

«C’est la deuxième année que nous organisons cette tournée en français, et ça fonctionne.  Nous avons même quelques institutions anglophones qui ont envoyé un représentant francophone», a indiqué Philippe Haché, de l’Université Sainte-Anne, l’initiateur du projet.  

Auparavant, il existait une seule «expo-carrière» qui réunissait les institutions anglophones et francophones.  «Nous emmenions nos élèves à l’école Three Oaks à Summerside.  Ils étaient accueillis en anglais et il n’y avait que quelques institutions francophones.  Maintenant, les institutions viennent chez nous et les élèves sentent qu’ils sont convoités par ces institutions.  C’est très positif», indique Éric Morency, conseiller en orientation pour les écoles Évangéline et Pierre-Chiasson.  

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB), avec ses cinq campus et ses quelque 90 programmes, dont certains sont offerts à l’Île via le Collège Acadie ici même, a attiré l’attention de plusieurs élèves.  

Jordan Gallant a trouvé que le cours de soudage qui y était offert semblait répondre à ses attentes.  Le campus de la Péninsule acadienne était représenté par nul autre qu’Eddie Arsenault, qui y poursuit son cours en journalisme radio et vidéo.  «Oui, j’ai été très occupé à mon kiosque.  Les élèves sont venus me voir», a indiqué le jeune homme, diplômé de l’école Évangéline.  

Breanna Gaudet a trouvé les kiosques intéressants, mais ce qu’elle veut, c’est devenir hôtesse de l’air ou agent de bord, comme on dit maintenant.  «J’en connais plusieurs qui font cela et je crois que j’aimerais faire ce travail», a dit la jeune femme.  

Jeryka Richard veut s’orienter en affaires et en marketing, et elle a trouvé que la présentation du CCNB était la meilleure pour ce cours.  

Alors que les filles semblaient attentives et avides de faire le bon choix, les garçons semblaient plus décontractés et peu préoccupés par leur avenir, du moins, en apparence.  

Jake Richard et Andrew Gallant croient que, pour les prochaines années du moins, leur gagne-pain se trouve dans l’ouest du pays.  «Nos pères travaillent ensemble dans l’Ouest et nous aussi on veut aller par là», ont-ils dit.  

Éric Morency, conseiller en orientation, entend ces affirmations souvent et il s’en désole.  «Nos jeunes semblent croire que leurs pères ont choisi d’aller dans l’Ouest, mais ce n’est pas le cas.  Ils sont allés travailler par là parce qu’ils n’avaient pas de travail ici et parce qu’ils devaient soutenir leur famille.  Ça me fend le cœur de voir que des jeunes voient cela comme une vie de rêve», affirme Éric Morency.  

Peu importe les choix des jeunes, Éric Morency s’assure qu’ils soient outillés pour s’enligner dans la bonne direction.  Et selon lui, les bourses, ou la possibilité de Bourses sont de plus en plus importantes.  «On ne voyait pas cela auparavant.  Maintenant, les élèves arrivent à mon bureau et la première chose qu’ils veulent savoir c’est où ils peuvent avoir les meilleures bourses.  Ils sont préoccupés par le prix des études et ça paraît dans leurs choix», indique le conseiller.  

Allison Arsenault est en 12e année à l’école Évangéline.  Elle avoue qu’elle ne sait pas encore où elle va aller, mais ses matières fortes sont les sciences et l’anglais.  Sa collègue de classe, Émilie Sauvé veut devenir enseignante.  Pour elle, les choix d’universités ne manquent pas et elle a trouvé que l’expérience de visiter les kiosques de quelque 15 institutions collégiales et universitaires lui a permis d’établir des critères pour faire son choix. 


Philippe Haché, de l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse.


Émilie Sauvé veut être enseignante.


Jordan Gallant veut devenir soudeur.







Le choix ne manque pas pour étudier en français

Environ 15 institutions d’enseignement postsecondaire francophone, capables de recruter en français ont participé à la tournée 2015 de «Expo-Carrière» à l’Île-du-Prince-Édouard.  Il y avait l’Université Sainte-Anne, l’initiatrice du projet, le Collège de Technologie forestière des Maritimes, l’Université de Moncton, le Consortium national de formation en santé, l’Université d’Ottawa, l’Université du Nouveau-Brunswick, le Collège communautaire du NB, l’Université Mount Allison, le Collège de la garde côtière canadienne, l’Université de Hearst, l’Université Saint Mary’s, les Forces armées canadiennes, le Collège Acadie de l’Î.-P.-É. le McKenzie College et l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.



- Par Jacinthe Laforest

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