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La Voie de l'emploi - Jan/Fév 2015

Catt Labobe a réalisé le programme Trade HERizons en 2013.  La photo nous la montre dans le local d’enseignement de la technique de machines de précision du Holland College.  La jeune femme étudie maintenant à cette institution.  (Photo : Trade HERizons)


Même si les cloisons entre les métiers dits féminins et masculins sont de moins en moins épaisses, il reste encore du chemin à faire pour que les femmes puissent considérer, sans égard à leur genre, de devenir électriciennes, plombières, machinistes ou soudeuses.  

C’est pourquoi le Women’s Network de l’Île-du-Prince-Édouard a mis sur pied le programme Trade HERizons, pour encourager les femmes à explorer des métiers non traditionnels, dans une formule qui fait ses preuves depuis ses débuts en 2010.  

En prévision de la première cohorte 2015, de janvier à mars, le recrutement s’est fait au début du mois de décembre, au cours de trois rencontres d’information et de sélection des candidates.  Jennifer Bernard de Charlottetown s’est présentée à une rencontre pour avoir de l’aide.  «J’ai de la misère à décider ce que je veux faire dans la vie.  Je change d’idées souvent», dit la jeune femme.  

Pendant 12 semaines, les 20 femmes sélectionnées seront exposées à des connaissances essentielles dans n’importe quel lieu d’emploi.  «Nous voyons les compétences essentielles comme la numératie, la lecture et la compréhension de documents.  Nous parlons aussi du développement de carrière.  Nous les aidons à identifier les secteurs où il y a de la demande, nous leur enseignons comment se comporter au travail et nous leur donnons des conseils pour se trouver du travail.  Aussi, nous travaillons beaucoup sur le développement personnel des femmes», indiquent Catherine Ronohan et Richelle Greathouse, du Women’s Network.  

Durant Trade HERizon, les participantes sont aussi exposées aux cours de mécanique, de soudage, de technologies variées, de charpenterie et d’autres métiers enseignés aux campus de Holland College de Georgetown, Charlottetown et Summerside, pour les aider à prendre confiance en leur capacité à manipuler des machines différentes.    

Selon les deux coordonnatrices, les femmes sont en général de bonnes communicatrices, ont de la facilité à résoudre des problèmes, et peuvent gérer leur temps et le temps des autres membres de leur famille.  Ce sont autant de compétences qui peuvent être très utiles dans un métier non traditionnel.  

«En soudage, par exemple, les femmes sont très appréciées car elles ont en général une bonne coordination yeux-mains.  Pour le travail de précision, c’est précieux», dit Mme Ronohan.  

Un bon nombre de métiers non traditionnels s’exercent en plein air.  Et c’est vrai que souvent, la force physique est utile.  «S’engager dans l’apprentissage d’un métier non traditionnel en vue d’y travailler demande à une femme de se dépasser, et de sortir de sa zone de confort», admet Richelle Greathouse. 

Cependant, les femmes qui décident de faire carrière dans des métiers traditionnellement réservés aux hommes apportent au domaine, à leurs collègues de travail, et à leurs employeurs, des compétences nouvelles dans l’entreprise, une façon différente de planifier le travail, ou d’aborder des problèmes.  

De plus, il est urgent de former une relève dans les métiers reliés à la construction, au camionnage et au soudage, par exemple, car des pénuries se pointent à l’horizon.  

«Pour les femmes, c’est une opportunité.  Les emplois traditionnellement réservés aux hommes sont plus payants que les emplois traditionnellement réservés aux femmes, même quand elles ont un cours professionnel équivalent», disent les promotrices du Women’s Network.

Ce projet est financé par l’entente fédérale-provinciale sur le développement du marché du travail, et par le gouvernement fédéral par l’entremise du Fond d’emploi Canada-Î.-P.-É.


Richelle Greathouse et Catherine Ronohan sont les principales coordonnatrices du programme Trade HERizons du Women’s Network.  Ce programme de 12 semaines, gratuit pour les femmes qui sont sélectionnées, aide celles-ci à ouvrir des portes qui leur étaient fermées jusque-là, notamment dans les carrières non traditionnellement féminines.

- Par Jacinthe Laforest

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