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La voie de l'emploi - Octobre 2014

Le professeur David LeBlanc enseigne dans le programme de baccalauréat en sciences informatiques à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.  Selon lui, l’Île-du-Prince-Édouard se défend bien dans un marché extrêmement compétitif.


Avec une population de quelque 142  000 personnes, l’Île-du-Prince-Édouard est une très petite province.  Par contre, dans le domaine des technologies de l’information et de la programmation, l’Île fait sa place dans les catégories au-dessus de son poids, selon David LeBlanc, professeur à UPEI et consultant en matière de TI.  

«Partout au monde, on manque de personnel formé dans les sciences informatiques.  Les perspectives d’emplois sont excellentes, bien meilleures que plusieurs autres domaines.  Ici dans notre programme à UPEI, nous avons chaque année entre 12 et 20 diplômés.  Notre programme pourrait en produire bien plus et l’industrie pourrait en absorber bien plus, mais nous n’avons pas les étudiants», dit le professeur, qui précise que 20% des étudiants au programme sont d’origine internationale.  

Selon les estimations d’un groupe de travail regroupant des représentants du marché du travail, de l’éducation et du gouvernement, l’industrie informatique à l’Île pourrait facilement absorber une centaine de diplômés par année.  Or, les diplômés de UPEI, combinés aux diplômés et certifiés du Holland College, forment une cohorte qui ne dépasse pas les 40 finissants chaque année.  

Une des raisons, selon le professeur LeBlanc, qui explique pourquoi les jeunes ne se dirigent pas en plus grand nombre vers les sciences informatiques, serait un manque de préparation au secondaire.  «Il y a des années, les équipements de menuiserie ont été remplacés par des laboratoires informatiques dans les écoles secondaires, surtout pour enseigner comment utiliser les ordinateurs et les logiciels et pas pour fabriquer des logiciels.  Ce dont nous avons besoin, c’est de donner aux jeunes des notions de programmation informatique, pour qu’ils aient l’idée de choisir ce domaine d’étude.  Ce ne sont pas des études faciles.  Il faut être bon en maths, avoir un esprit très scientifique et être capable de résoudre des problèmes complexes, mais avec une telle formation, on peut travailler partout au monde et surtout ici à l’Île.»

Le professeur LeBlanc donne l’exemple de la compagnie Carta Worldwide, qui vient de s’établir ici à l’Île.  Il y a aussi la filiale de la grande compagnie Electronic Arts, qui a développé le jeu The Simpsons : Tapped Out, un jeu qui est joué pratiquement partout dans le monde et qui rapporte très gros.  

Dans le domaine des sciences informatiques, il est possible de faire de l’argent avec très peu d’équipement.  «Vous distribuez vos produits de façon électronique donc pas besoin de transport, et vous pouvez travailler de n’importe où au monde.  Ce qui est essentiel cependant, ce sont les ressources humaines, les programmeurs et les créateurs et designers.  C’est ce dont nous avons besoin.»

L’industrie des jeux vidéo est un autre débouché intéressant pour des diplômés en sciences informatiques.  «Notre programme d’enseignement ici à UPEI, a été un des premiers au Canada à offrir une spécialisation dans les jeux vidéo.  Maintenant nous sommes parmi les trois meilleurs programmes du genre au Canada.  La majorité des cours dans cette spécialisation est enseignée par des gens de l’industrie.  C’est avantageux pour eux, car ils savent exactement ce dont ils ont besoin, mais en plus, ils identifient les étudiants qui ont le potentiel qu’ils recherchent.»

Également, les étudiants qui s’inscrivent à l’option coopérative du programme font quatre stages rémunérés de quatre mois durant leurs études qui durent alors cinq ans, au lieu des quatre ans d’un baccalauréat régulier.  «Nous encourageons nos étudiants à considérer le programme coopératif pour leurs études.  C’est plus exigeant car ils doivent maintenir une moyenne élevée, mais c’est avantageux pour eux», soutient le professeur LeBlanc.  

L’Î.-P-É. compte environ 60 compagnies en TI qui ont de deux à 100 employés et plus.  «Ce ne sont pas des emplois de centres d’appel.  Ce sont des emplois bien payés, avec des salaires débutant dans les 45  000  $ à 55  000  $ et pouvant attendre 75  000  $, avec des chances d’avancement en responsabilités avec des salaires pouvant atteindre les 120 000 $ par année.   

Le secteur des technologies et des sciences informatiques à l’Île est regroupé dans une association qui s’appelle ITAP.  Cette association s’occupe, entre autres, de développer les ressources humaines pour alimenter ce secteur prometteur.  Des initiatives comme des programmes d’apprentis, des sondages sur les besoins et des répertoires, des programmes de formation, des projets pour attirer les femmes dans l’industrie, des événements promotionnels et des initiatives visant à aligner les programmes scolaires avec les besoins de l’industrie sont maintenus de façon continue.

- Par Jacinthe Laforest

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