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La Voie de l'emploi - Oct/Nov 2016

Bonnie Murphy, née Blanchard, se rend à son centre de conditionnement physique dès qu’elle le peut, pour saluer ses clients et les assister dans leurs démarches.  Les clientes autour d’elle viennent d’Alberton.


Le Club Ti-Pa, à Tignish, a marqué toute une génération de gens de la région Prince-Ouest, sinon deux générations.  Pendant des années, cette ancienne église a abrité les activités culturelles acadiennes et francophones dans cette région.  

Puis, le Club Ti-Pa a fermé ses portes et l’édifice a été mis en vente.  Après son achat par une jeune femme de la région qui voulait y aménager un centre de conditionnement physique, l’édifice a été transformé.  

Aujourd’hui, le Centre de conditionnement physique Shadow Shaper appartient à Bonnie Murphy, la sœur de la première propriétaire.  

«Ma sœur Lisa avait monté un centre de conditionnement dans sa maison, et elle a acheté cet édifice pour déménager son entreprise dans le village.  Elle a fait beaucoup de rénovations, et elle a fait fonctionner son entreprise à cet endroit pendant au moins deux ans, puis, elle a fermé parce qu’elle déménageait dans l’Ouest du pays».

Bonnie Murphy a donc acheté l’entreprise de sa sœur en 2008 et depuis ce temps, les affaires se maintiennent.  

«Ce n’est pas un domaine facile.  Il y a d’autres centres de conditionnement physique dans la région.  En plus, vous savez, les gens sont très motivés pendant quelques semaines puis ils arrêtent, et après un certain temps, ils recommencent.  C’est difficile de prévoir des revenus fixes», ajoute Bonnie Murphy.  

Lorsque sa sœur a décidé de fermer son centre, Bonnie a senti que ce serait une grande perte pour sa communauté.  «Ses clients me demandaient de trouver une façon de rouvrir, et c’est ce que j’ai fait». 

Le risque était d’autant plus grand qu’en 2008, elle était encore propriétaire de sa boutique, Bonnie’s Photography and Boutique, à Alberton, qu’elle avait ouverte à la fin de ses études collégiales.

«Lorsque j’ai fini l’école secondaire, je suis allée au collège pour suivre un cours en administration des affaires dans l’idée que j’ouvrirais mon entreprise.  J’ai eu ma boutique à Alberton pendant 17 ans et en 2012, j’ai décidé de fermer».

En 2013, tout en continuant de gérer le centre de conditionnement physique Shadow Shaper, Bonnie Murphy, née Blanchard, a commencé à travailler à temps plein pour un entrepreneur local.  

Le Shadow Shaper répond aux besoins de toute une communauté.  Les gens viennent au gymnase pour se tenir en forme et aussi, pour transformer leur corps.    

Les centres de conditionnement physique sont parfois intimidants pour les femmes, mais pas le Shadow Shaper car on a prévu des cases horaires seulement pour les femmes.  «Au début, je n’acceptais que les femmes.  Maintenant, tout le monde peut venir, mais je réserve tout de même certaines périodes pour les femmes.  Nous avons plusieurs salles de cardio et de musculation, et nous avons même ajouté un étage pour pouvoir donner des cours en groupe en haut.  Il y a des classes quatre soirs par semaine qui réunissent de 15 à 20 personnes».

Même si, de l’aveu de Bonnie, être en affaires n’est pas facile, elle aime la liberté que cela procure.  

«J’aime avoir ma propre entreprise parce que je suis mon propre patron, je peux prendre mes propres décisions, et j’aime aussi avoir le sentiment que je comble un besoin dans la communauté.  Je suis aussi chanceuse, car j’ai pu compter sur ma famille, et pas seulement sur mon mari et mes enfants, mais tous les autres aussi.  Cela deman-de beaucoup de temps d’être en affaires, mais il y a des récompenses».


Cody Arsenault de Tignish fréquente le Shadow Shaper depuis environ six mois.  Ses épaules et ses bras commencent à se transformer.


Sauf pour la couleur, l’extérieur de l’ancien Club Ti-Pa n’a pas changé.  À l’intérieur, une véritable transformation s’est opérée.

- Par Jacinthe Laforest

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