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La Voie de l'emploi - sept/oct 2016

Alice Arsenault aime son travail.  Elle a le sentiment d’aider les familles et d’alléger un peu leur détresse, au moment de dire adieu à un proche.


Alice Arsenault travaille au salon funéraire coopératif de Summerside, le East-Prince Funeral Home, depuis plusieurs années.

«J’ai commencé comme adjointe administrative dans le bureau puis le gérant a commencé à me former en vue de diriger des funérailles.  Je suis maintenant directrice funéraire certifiée.  Ça fait deux ans et demi que je fais cela.  Je vois les gens dans des situations difficiles, et j’ai vraiment le sentiment de les aider à surmonter leur épreuve», a raconté Alice Arsenault, au cours d’une récente rencontre.  

Alice Arsenault est bien connue dans la communauté d’affaire de Summerside et de la région Évangéline, parce qu’elle était copropriétaire de l’entreprise Oceana Florist.  

«J’avais la passion des fleurs.  Lorsque j’étais au secondaire à l’école Évangéline, je travaillais chez Oceana les soirs et les fins de semaine et j’y travaillais aussi pendant l’été.  Après ma graduation, j’ai essayé le collège, mais j’ai su très vite que ce n’était pas pour moi.  Je suis retournée travailler pour Oceana et après huit ans, j’ai acheté l’entreprise, avec une collègue.  On l’a opérée plusieurs années», rappelle Alice Arsenault.  

Oceana Florist a déménagé plusieurs fois à Summerside pour enfin trouver un local au Waterfront Mall.  Puis, lorsque l’édifice a été vendu à Holland College, les deux copropriétaires ont décidé d’un commun accord de fermer la boutique.  «Soit on trouvait un nouveau local pour continuer alors qu’il y avait déjà deux autres fleuristes à Summerside, soit on vendait, soit on fermait.  Et comme les chances de trouver une bonne relève étaient minces, on a décidé de fermer, tout simplement», raconte Alice.  

Curieusement, c’est son travail avec Oceana qui lui a ouvert les portes de son emploi actuel.  «Souvent, les gens endeuillés achetaient leurs fleurs chez nous.  Et lorsque je livrais les fleurs ici, au salon, le gérant me disait toujours qu’il aimerait que je travaille pour lui.  Il me disait : “Appelle-moi.  Je pense que vous seriez bonne avec les familles”.  Lorsque j’ai décidé de fermer Oceana, je l’ai appelé, et depuis, nous travaillons ensemble.  C’est lui qui m’a montré comment guider les familles dans leurs décisions, comment aborder certaines questions, etc.  Et maintenant, je fais cela toute seule, et lui gère tout le côté administratif».

Elle convient que le travail de directeur ou directrice funéraire ne conviendrait pas à tout le monde.  «Autrefois, si je voyais une personne pleurer, je me mettais à pleurer moi aussi.  Mais j’ai appris à rester calme et détachée, tout en étant à l’écoute des besoins de la famille».  

Alice aide la famille à choisir un cercueil ou une urne, selon les cas, à établir les heures de visite.  Elle vérifie la disponibilité des prêtres ou ministres (selon la religion) pour les funérailles, elle rédige les avis de décès pour les journaux, la radio, afin que la famille puisse mettre ses énergies ailleurs. 

«Le plus dur, je pense, c’est lorsqu’une personne malade, mourante, vient elle-même faire ses arrangements.  Je trouve cela dur.  Après des journées comme ça, j’embarque dans mon auto et je laisse la tristesse sortir de moi, avant d’arriver chez moi, pour y trouver mes deux enfants et mon mari.  C’est certain qu’avec un travail comme le mien, on comprend à quel point la vie est fragile», confie Alice Arsenault.

- Par Jacinthe Laforest

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