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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
La Voie de l'emploi - avril/mai 2016
Cody Clinton, d’Innovation Î.-P.-É.,rencontre régulièrement des compagnies de jeux pour les convaincre de s’établir à l’Île.


Depuis 2005, une stratégie pour développer le secteur des jeux vidéos donne de très bons résultats à l’Île-du-Prince-Édouard.  

«En 10 ans, nous sommes passés de zéro compagnie à neuf compagnies, pour un total de 200 employés environ.  Et le secteur pourrait croître de façon exponentielle, si seulement nous pouvions garantir aux compagnies intéressées qu’elles auront accès à des travailleurs qualifiés en nombre suffisant», affirme Cody Clinton, d’Innovation Î.-P.-É, dont le travail consiste justement à attirer des nouvelles compagnies.  

«L’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et Holland College travaillent en étroite collaboration avec l’industrie, pour tenter de combler les besoins.  L’Université aligne ses programmes, mais ce qui manque cruellement, ce sont les étudiants.  Nous pourrions en former beaucoup plus et ils trouveraient tous des emplois prometteurs ici même à l’Île», dit Cody Clinton.  

Les neuf compagnies qui sont établies à l’Île sont très différentes les unes des autres.  Une compagnie comme EA, une multinationale qui emploie 100 personnes à l’Île est connue entre autres pour le jeu Simpson Tapped Out, développé et produit à l’Île.  

D’autres compagnies sont plus petites.  Soit elles viennent tout juste de lancer leur produit, soit elles sont sur le point de lancer leur premier jeu.  

Icejam, une compagnie innovatrice établie à Charlottetown, a annoncé en janvier 2016 qu’elle avait réussi à intéresser des nouveaux investisseurs à hauteur de 3 millions de dollars, pour assurer sa croissance et préparer la mise en marché d’un premier jeu sur sa plateforme originale qui intègre des éléments de la réalité dans les jeux.  

«L’industrie du jeu est payante, peu importe le modèle de revenu qui est choisi.  C’est aussi un domaine en pleine effervescence parce de nouvelles applications voient sans cesse le jour.» 

Par exemple, explique le jeune homme, l’industrie du jeu vidéo a mené à la création d’un domaine de travail qui n’existait pas sous cette forme auparavant : l’analyse de données (2.0, pourrait-on ajouter).

«Lorsque vous jouez à des jeux vidéos, vous transmettez une foule de renseignements sur ce qui vous retient à ce jeu.  Pendant longtemps, les compagnies ne faisaient rien avec ces masses de data, puis elles ont compris que ces informations, une fois collectées et analysées, pouvaient les aider à faire plus d’argent.  Par exemple, pourquoi les abonnés d’un jeu ont-ils acheté un tel accessoire et pas un autre?  Le secteur de l’analyse des datas est en pleine effervescence, et nous avons une compagnie à l’Île qui se spécialise dans ce domaine, REVIQ, établie depuis octobre 2015.  Ils peuvent travailler avec des développeurs et des programmeurs du monde entier», affirme Cody Clinton.  

L’université insulaire a vite saisi l’opportunité et encore une fois, elle a aligné des cours du baccalauréat en sciences informatiques avec des cours du baccalauréat en mathématiques pour lancer, sous peu, un programme de mathématiques appliquées aux sciences informatiques.  

«L’Île-du-Prince-Édouard présente des avantages indéniables à des compagnies qui veulent s’établir et prendre de l’expansion ici.  Le coût de la vie est moindre qu’à Toronto ou en Californie.  La qualité de vie, le climat, l’environnement, tout cela est bon.  Nous avons des espaces de très bonne qualité et biens situés, à prix abordables, comparé aux grandes villes.  C’est un endroit idéal.  D’un autre côté, nous aimerions que nos jeunes dans nos écoles se sentent attirés par ce secteur, les filles en particulier.  Il y a très peu de femmes dans la production de jeux vidéos, et c’est un grand besoin présentement, pour concevoir des jeux qui vont rejoindre cette clientèle en pleine croissance».  


Quelques-unes des compagnies établies à l’Île.

- Par Jacinthe Laforest

L'Île-du-Prince-Édouard en images