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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
La Voie de l'emploi - avril/mai 2016

Comme la plupart des agriculteurs, Gilles Bernard est toujours à la recherche d’employés de confiance.  Sa fille, Mireille, est déjà intéressée au travail de ferme, mais il faudra attendre quelques années avant qu’elle puisse y travailler.  (Photo : Tania Bernard)


Gilles Bernard se trouve chanceux.  Lorsqu’un de ses employés a décidé de partir après plusieurs années, il a craint que ce soit difficile, quasi impossible même, de trouver un autre employé. 

Il a pourtant réussi à embaucher des jeunes pour travailler sur son exploitation laitière durant la période estivale.  «J’ai assez d’employés pour le moment et pour l’été, à moins que quelqu’un tombe malade ou se blesse.  Cependant, à l’automne, lorsque les études reprendront, je vais perdre deux employés d’un coup.  C’est pourquoi je suis venu me renseigner sur le programme AgriInterCulture de la CIF», a dit Gilles Bernard.

Le programme AgriInterCulture de la Coopérative d’intégration francophone est encore relativement peu connu.  La CIF a donc fait, encore cette année, une tournée de promotion dans les régions, pour le présenter aux agriculteurs francophones et anglophones de la province.  Le programme est aussi ouvert pour des emplois en aquaculture et en foresterie. 

«Notre programme permet à des agriculteurs de trouver des travailleurs pour des postes qu’ils ont de la difficulté à combler localement.  Ça n’a pas d’importance que le travail soit en français ou en anglais, mais notre programme s’adresse à des travailleurs francophones de la France, de la Belgique, et de la Francophonie en général», explique Noëlla Richard, qui coordonne le programme AgriInterCulture pour la CIF.  

L’an dernier, un jumelage a été réussi, entre une ferme maraîchère de l’Île et une jeune femme de la Belgique qui séjournait déjà au Canada.  «Le jumelage s’est bien passé, mais il a duré moins longtemps que prévu, car les fermiers avaient mal évalué leurs besoins.   Ils n’ont pas été pénalisés pour cela», rassure Noëlla Richard, à une question de Gilles Bernard.  

En gros, pour recruter un travailleur ou une travailleuse, il faut établir ses besoins et rédiger une description de tâches réaliste et précise, que la CIF se charge de poster dans le réseau approprié.  Cette étape ne coûte rien à l’employeur.  

Le recrutement se fait par l’entremise de plusieurs programmes d’Immigration Canada, incluant le bassin des PVtistes, les quelque 6 800 détenteurs de Permis Vacances Travail qui séjournent déjà au Canada et qui cherchent des emplois.  

Donc l’offre d’emploi est affichée, et on attend les manifestations d’intérêt.  L’agriculteur, l’aquaculteur ou le forestier n’est pas obligé d’embaucher les candidats qui se présentent.  Il peut aussi faire des entrevues par Skype, pour avoir une meilleure idée de la personnalité du candidat.  

«Les agriculteurs n’ont rien à perdre, en passant par AgriInterCulture, surtout quand ils s’y prennent quelques mois à l’avance, car les démarches peuvent durer quelques mois», indique Yoan Rousseau de la CIF.

Gilles Bernard, pour sa part, est ouvert à l’idée d’embaucher un travailleur étranger, car d’autres agriculteurs le font et semblent contents de leur arrangement.  Tous ont de la difficulté à trouver des bons travailleurs.
Gilles Bernard et sa femme Tania se renseignent sur le programme AgriInterCulture.


Noëlla Richard et Yoan Rousseau de la CIF.
- Par jacinthe Laforest

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