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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 26 août 2015

Splendide vue du Pont de la Confédération  et de la côte de l’Île-du-Prince-Édouard.  (Photo : Philippe Guidon)


Le spectacle aérien, qui s’est déroulé durant tout le weekend à Summerside, a donné à un membre de la communauté francophone de l’Île l’occasion de vivre une expérience inoubliable : un vol avec l’escadron d’acrobatie aérienne de l’armée canadienne, les Snowbirds.   

L’occasion s’est présentée à Philippe Guidon, natif de Belgique, qui habite maintenant à Emyvale, et qui est membre du conseil d’administration de La Voix acadienne.  Or, les Snowbirds ont ouvert leurs portes à des représentants des médias et comme il répondait aux critères de santé et d’âge et qu’il était très intéressé par l’aventure, Philippe a été délégué pour cette expérience, qui l’a maintenu sur un nuage, autant au sens propre que figuré.  

Son expérience a commencé le jeudi 20 août, par un examen médical fait par le médecin des forces armées canadiennes.  «Ce médecin nous a expliqué que notre corps serait mis à rude épreuve, ce auquel il n’est pas habitué et nous avons fait différents tests afin de voir si nous résisterions à la force centrifuge qui, pendant le vol, va malmener notre corps, une force de 4G», insiste Philippe Guidon.

Une force de 4G, c’est deux fois plus que ce que le corps subit dans les manèges les plus extrêmes des parcs d’attractions.  

Les Snowbirds sont arrivés à Charlottetown vers 14 h 30.  «C’était très impressionnant.  Ce sont des pilotes de chasse, au départ, qui sont sélectionnés par concours pour une période de trois ans maximum, afin de faire partie de l’escadron des Snowbirds.  Chaque année, environ 50 % des effectifs sont des recrues».  

Philippe Guidon a d’abord rencontré les pilotes puis il a suivi un entraînement qui n’avait rien de rassurant : les procédures de sécurité.  «Ce n’était pas très rassurant.  Installés pour la première fois dans l’avion, on nous a expliqué comment utiliser le siège éjectable, au cas où...  On nous a bien informés que l’utilisation de ce siège est une procédure d’urgence, mais qu’elle ne garantissait en rien la survie, car lors de l’éjection, le corps subirait une force de 12 G. (qu’on ressent 12 fois le poids de son corps)», a indiqué Philippe Guidon dans le compte rendu presque minute par minute, qu’il a fait pour La Voix acadienne.  

Vers 17 h 30, le jeudi 20 août, toujours, les touristes du ciel, c’est à dire Philippe Guidon et trois autres délégués des médias, ont essayé la combinaison, le gilet de sauvetage, le casque, et le masque à oxygène soit, tous les accessoires visant à assurer leur sécurité en vol.  Les essayages avaient aussi pour but de s’assurer que tous les équipements étaient ajustés aux mesures et à la morphologie de chaque civil.  

Le vol proprement dit s’est produit le vendredi matin 21 août.  «Nous avons pris un petit déjeuner très léger et à 8 h 50, nous étions en réunion pour le briefing avec toute l’équipe.  On a analysé la météo, pressions atmosphériques (important pour la portée de l’avion), analyse du terrain et des obstacles.  Le Major Patrick Gobeil, chef d’équipe des Snowbirds, a  expliqué le vol et toute l’équipe a répété les figures qui seront réalisées en vol.  Les pilotes réagissaient comme s’ils étaient déjà dans les airs.  C’était très impressionnant».

À 10 h 20, les derniers préparatifs ont commencé.  Philippe Guidon a été jumelé à un pilote québécois, le capitaine Philippe Roy qui vole pour la 2e année avec l’escadron.  «Une fois le gilet de sauvetage et le parachute enfilés, on a pris place dans l’avion.  Pas de siège, nous sommes installés sur la boite de survie à laquelle nous sommes arrimés et qui, en cas d’éjection, nous suivra. Ensuite nous nous attachons à l’avion lui-même», raconte Philippe, encore étonné de ce qu’il vivait.

À 10 h 50, les moteurs ont été mis en marche.  «C’était excitant et stressant à la fois, mais en même temps, je ressentais une joie de vivre cette expérience avec le 431e escadron de démonstrations aériennes des Forces armées canadiennes».

Par groupe de trois, les Snowbirds ont décollé.  «Une fois dans les airs, les neuf avions se sont mis immédiatement en formation serrée, séparés seulement par une distance de quatre pieds les uns des autres, en direction de Summerside.  Pour commencer, on a fait un petit tour gentil pour que les pilotes prennent leur point de repère.  À 300 pieds d’altitude, le major Patrick Gobeil a donné le signal et là, les virages serrés se sont succédés à un rythme infernal.  «Je sentais la pression de 4G dans mon corps alors que nous répétions le programme des Snowbirds à basse altitude qui est réalisé en cas de mauvaises conditions atmosphériques».

Déjà ravi de son expérience, Philippe Guidon n’en croyait pas ses yeux lorsque l’escadron a offert aux quatre civils une balade au-dessus de notre belle île.  «Nous avons survolé le Pont de la Confédération et j’ai même pris des photos du Centre Belle-Alliance, où je travaille, du haut des airs.  Quel spectacle vu du ciel, d’autant plus qu’à ce moment, les Snowbirds se sont mis à faire des zigzags à volonté, et de la fumée lâchée pour faire un beau spectacle», s’est exclamé Philippe Guidon.  

Les avions ont ensuite repris la direction de l’aéroport de Charlottetown pour atterrir.  «À la sortie des avions, les pilotes se sont félicités les uns les autres du bon déroulement de la mission et un petit débriefing sur l’aile d’un des avions a clôturé cette incroyable expérience.»

C’est ainsi que l’expérience de Philippe Guidon a pris fin, mais les chances sont qu’il est resté sur un nuage beaucoup plus longtemps que l’heure qu’il a passée dans les airs. 




Vue aérienne du Centre Belle-Alliance et des rue environnantes.  (Photo : Philippe Guidon)


Philippe Guidon (en vert) est entouré des neuf pilotes de l’escadron d’acrobatie aérienne des Forces armées canadienne, les Snowbirds, qui participaient au spectacle aérien.  (Photo : Gracieuseté) 

- Par Philippe Guidon et Jacinthe Laforest

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