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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 25 août 2015

Serge Arsenault, Phil Comeau, Claude Arsenault, Zachary Richard, Georges Arsenault et Bernard Fougère, au Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard à Miscouche.


Zachary Richard, l’auteur-compositeur et interprète de la Louisiane, qui est aussi très actif sur la scène sociale et environnementale, a fait un arrêt au Musée acadien de l’Île-du-Prince-Édouard vendredi dernier, dans le cadre d’un projet de film avec le réalisateur Phil Comeau de la Nouvelle-Écosse. 

«Nous allons explorer avec Zachary son côté «batailleur» pour la culture acadienne et comment il continue de travailler pour dynamiser la culture du peuple acadien», précise Phil Comeau.  

«Ce voyage exploratoire aux anciennes terres en Acadie et aux camps de réfugiés des ancêtres de Zachary va nous permettre de mieux connaître son histoire en Acadie et en Louisiane, ainsi que la vie d’aujourd’hui des Acadiens et Cadiens dont l’histoire continue de façonner notre culture», a indiqué Phil Comeau.

Le documentaire est produit par Jean-Claude Bellefeuille de Bellefeuille Production, de Moncton.  L’équipe de tournage s’est déplacée à Port-Royal, Grand-Pré, Beaubassin, Malpèque, Miscouche, Chipoudie, Cocagne, Miramichi, Restigouche dans la dernière semaine et au mois d’octobre, elle se rendra au Grand Réveil acadien, en Louisiane.  Le film sera diffusé sur le réseau national de UNIS-tv et TV5 Canada, en 2016.  

«Ce que je cherche, c’est de comprendre la persévérance et la survie du facteur acadien», dit Zachary Richard.  «J’essaie de comprendre un héritage qui passe à travers des siècles maintenant et qui continue à inspirer.  À quoi est-ce dû?  Est-ce que c’est à cause des épreuves tellement difficiles que mes ancêtres subirent qu’ils se sont si profondément attachés à la vie?  Est-ce que j’ai cette même détermination dans le sang?»

Zachary Richard mentionne entre autres l’Île Georges, en Nouvelle-Écosse, où environ 1 800 Acadiens vivaient à longueur d’année sur une très petite superficie.  Ils étaient forcés de s’ajuster, de vivre ensemble et d’être aussi efficaces que possible.  Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. 

«Il y avait des mariages à travers cette souffrance, donc on trouvait quand même des manières de s’aimer, de célébrer et de continuer à espérer et vivre.  Est-ce que ces épreuves m’ont été transmises d’une manière ou d’une autre?  Ou est-ce que je tripe juste sur l’idée d’être un résistant acadien comme certains me le disent?»

«Je sais tout simplement que j’apprends de plus en plus, tous les jours». 

Ancêtre de l’Île Saint-Jean 

L’ancêtre de Zachary Richard est Alexandre Richard, originaire de Beaubassin, qui était venu s’établir à l’Île-du-Prince-Édouard, alors appelée île Saint-Jean, vers 1741 avec sa famille.  Le fils d’Alexandre, Pierre Richard, s’est éventuellement établi en Louisiane après la Déportation et est l’ancêtre de tous les Richard de cet état américain.  L’ancêtre commun des Richard de l’Île-du-Prince-Édouard est Paul Richard, un frère de Pierre.  

«C’était important pour moi de venir à l’Île-du-Prince-Édouard, car c’est une terre où mes ancêtres ont passé», explique-t-il.  «Je suis une espèce de piste identitaire pour essayer de mieux comprendre l’essentiel de cet héritage qui se transmet de génération en génération et qui continue aujourd’hui pour faire en sorte que les gens se considèrent acadiens».

Parmi les faits saillants du tournage jusqu’à présent, Zachary a chanté «Réveil», à Halifax, avec les deux pieds sur le tombeau de Charles Lawrence. 

«Je n’étais pas certain si j’allais être capable, mais j’ai réussi et c’était très fort.  Mais, encore, pourquoi avais-je envie de faire ça?  Il y avait quelque chose en moi qui m’a poussé à le faire… et c’est cette chose-là que j’essaie de mieux comprendre».  

«Ce n’est pas la destination qui m’intéresse tellement, c’est le voyage», a-t-il conclu.  «Ce sont les gens que je suis capable de rencontrer qui me racontent leur Acadie, la vision et l’amour qu’ils ont de leur identité acadienne… c’est cela, je crois, qui va renforcer et embellir ma propre identité».

Ce cajun célèbre cherche à mieux comprendre la survie de l’identité des Acadiens qui persistent, plus de 250 ans après la déportation qui étaient censés les éliminer.  

«Pendant la Déportation, les Acadiens étaient forcés de s’adapter à toutes sortes de conditions misérables.  Qu’est-ce qui était au cœur de cet espoir qui renaît encore et encore et encore jusqu’à aujourd’hui?  Comment ont-ils pu passer à travers tous ces déracinements dans des conditions abominables?  Ça m’intrigue.  C’est une histoire assez magnifique.  Je rends hommage à cet héritage à ma façon avec ce projet».  

- Par Nick Arsenault

L'Île-du-Prince-Édouard en images