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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 10 juin 2015

La chorale de l’École-sur-Mer a participé à l’ouverture du Salon du livre le jeudi 4 juin dernier.  (Photo : J.L.) 


C’est la jeunesse qui était à l’honneur lors du dernier après-midi du Salon du livre de l’Île-du-Prince-Édouard dimanche dernier.  

Avant la clôture de l’évènement, on a pu assister au lancement de la bande dessinée de la SSTA confectionnée par les élèves des écoles francophones et les jeunes ont pu faire la lecture de leur création lors de l’activité Hommage à nos jeunes écrivains.  

C’était l’occasion pour ces derniers d’exposer à différents auteurs le fruit de leur création littéraire.  Cela dit, dimanche après-midi n’a pas été la seule occasion pour les jeunes de profiter du Salon du livre, loin de là.  

En effet, cette année particulièrement, la littérature jeunesse était mise en avant et tous s’entendent pour dire que cela a eu l’effet souhaité sur la population visée.  De plus, la grande présence de parents anglophones ou de familles exogames a été remarquée. 

Sébastien Lord-Emard, agent de projet à la maison d’édition Bouton d’Or Acadie, expliquait que les auteurs se sont rendus dans les écoles, notamment pour présenter leur livre, en préparation de l’évènement.  «Ça a vraiment paru, on a senti à quel point c’est important pour les jeunes de s’identifier à un auteur, un illustrateur.  J’ai l’impression que cette médiation culturelle a un impact sur leur volonté d’aller plus loin et de lire les livres.  Souvent les jeunes revenaient acheter les livres avec leurs parents unilingues anglophones et ça, c’était intéressant».  

Il a d’ailleurs trouvé la participation des jeunes très active : «Ce n’est pas partout que les jeunes ouvrent les livres, ils étaient vraiment intéressés».

L’auteure Marie Cadieux, qui a lancé lors du Salon son plus récent ouvrage «Le pit à papa» avec Marie-France Comeau, a qualifié de très vive la présence des jeunes.  «Les enfants sont intéressés, assez bien préparés et il y a de l’excitation qu’on ne voit pas nécessairement partout, parce qu’ailleurs il y a cette accessibilité aux livres qui est peut-être moins évidente à l’Île parce qu’il n’y a pas de librairie francophone».  

Elle aussi a trouvé la grande présence de parents anglophones avec des enfants francophones touchante : «Leurs enfants sont en immersion ou en français langue seconde et ils tiennent à ce qu’ils lisent en français.  C’est réjouissant parce que ce n’est pas qu’une question de dire : «bon tu vas à l’école et tu apprends le français, mais de faire le lien ensuite avec une vie culturelle». 

Joseph William Reilly, accompagné de sa mère Elaine Vachon, est le fils d’une union exogame.  Sa maman explique l’importance pour elle de permettre à ses enfants de réaliser l’étendue de livres francophones disponibles : «Mes enfants vont à l’école anglaise, mais c’est un cadeau d’être bilingue, je ne veux pas qu’ils perdent leur français.  Je veux qu’ils voient qu’il y a tout un monde francophone». 

Le libraire de La Grande Ourse, Robert Melanson, a aussi été impressionné de la participation des jeunes au Salon.  Il souligne notamment le travail des organisateurs et des gens du ministère : «Ils réussissent à mettre en contact le jeune et le livre pour lui montrer comment c’est important et ils font une fête autour de ça».  Il indique aussi qu’à son avis, c’est une chance pour les communautés autant francophones qu’anglophones : «La communauté anglophone pour avoir une langue seconde forte et la communauté francophone pour sa construction identitaire». 

La présidente du Salon du livre Lucille Fontaine est très satisfaite du déroulement de l’évènement.  Pour elle, le but d’une telle activité est de créer un besoin pour que les gens commencent à demander des livres en français : «Ce n’est pas juste une fois par an qu’il faut attendre pour en acheter donc en espérant éventuellement qu’on puisse avoir une librairie francophone dans notre province».


La nuit à la bibliothèque a réuni 29 élèves et trois auteures : Andrée Poulin, Martine Latulippe et André-Anne Gratton.


Joseph William Reilly nous présente son nouvel achat Le colosse des neiges de Campbellton de l’auteur Denis Boucher.


 L’heure du conte en pyjama au Salon du livre a mis en vedette Féeli Tout, Marie-France Comeau et Sylvie Roberge, qu’on voit sur la photo.  (Photo : J.L.)

- Par Sandrine Jouis

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