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triomphe evangelinePAR: JACINTHE LAFOREST

La première mondiale de la production Évangéline, au Centre des arts de la Confédération, était attendue avec impatience et selon les réactions du public, l'attente a été récompensée. «J'ai trouvé cela extraordinaire et touchant. J'ai pleuré deux fois. La scène où ils sont dans les bateaux et où ils chantent en même temps est particulièrement réussie», dit Nicole Drouin, qui a été séduite par le spectacle.

Audrey Cormier, sous-ministre adjoint aux Affaires acadiennes et francophones de la province et qui était un des représentants officiels du gouvernement provincial à la première, estime que le spectacle va aider bien des gens à mieux comprendre la communauté acadienne à l'Île. «Je pense que le message va passer et que le spectacle va rendre un grand service à la communauté acadienne de l'Île. Ça va favoriser une meilleure compréhension», dit Aubrey Cormier, visiblement enchanté. Le but premier du spectacle n'est pas d'éduquer le public. Cependant, le Centre des arts de la Confédération a publié un guide complémentaire bilingue pour permettre aux spectateurs de mieux comprendre les contextes historiques exploités sur scène. «J'ai lu le guide au complet et j'ai été agréablement surpris. Ça contient beaucoup d'information», a indiqué Georges Arsenault, qui avait hâte de voir comment l'histoire d'Évangéline serait rendue sur scène.

«J'étais curieux de voir ce qu'ils conserveraient, ce qu'ils enlèveraient, et ce qu'ils ajouteraient. Ils ont pris quelques libertés mais ça donne tout de même une bonne histoire», a ajouté Georges Arsenault.

Il faut se rappeler que bien qu'elle ait été inspirée au poète américain Longfellow par des faits historiques, l'héroïne Évangéline, tout comme son Gabriel, sont des personnages fictifs. Et ce sont ces personnages fictifs qui ont inspiré l'auteur du drame musical, Ted Dykstra. Plusieurs Acadiens des Maritimes étaient dans la salle, incluant Marc Chouinard, président du comité de demande pour le Congrès mondial acadien de 2019, qui est aussi habitué de voir des spectacles. «J'ai trouvé ça bon. Ce qui m'a plu, en particulier, c'est le fait qu'on ne présente pas les Acadiens comme des pauvres gens en guenilles. Les costumes étaient beaux et élégants. Et il y a plusieurs très belles chansons...», a-t-il, entre autres, souligné.

Dans un geste particulièrement apprécié, Marc Couinard a présenté aux deux comédiens principaux, ainsi qu'à l'auteur Ted Dykstra, une statuette d'Évangéline, à l'effigie de la magnifique statue qui se trouve non loin de l'église de Grand-Pré en Nouvelle-Écosse. René Légère, président de la Société nationale de l'Acadie, a lui aussi été favorablement impressionné par le spectacle. «C'est un bel hommage à l'œuvre de Longfellow et ça va faire connaître l'histoire des Acadiens à un plus grand public.»

Jeannette Arsenault de Cavendish Figurines a fait sa renommée avec une autre héroïne fictive, Anne de la Maison aux Pignons verts. Mais durant toute cette soirée, c'était sa grand-mère, qui s'appelait Évangéline, qui habitait ses pensées. «Lorsque nous étions jeunes, ma grand-mère racontait cette histoire et ce soir, c'était comme si ma grand-mère me soufflait l'histoire à l'oreille. C'était merveilleux.»

Les commentaires du public portaient sur l'ensemble du spectacle et ses parties. Certains avaient remarqué les belles chansons et espéraient qu'un enregistrement serait rendu disponible. D'autres avaient remarqué la mise en scène et les décors. La grande majorité rendait hommage au jeu des comédiens, nommément des vedettes mais aussi d'Albert Arsenault, le seul véritable Acadien de l'Île dans la distribution.

«Il avait un rôle important. Il était là du début à la fin», ont mentionné plusieurs personnes. Ses sœurs, Hélène et Marie, avaient encore les larmes aux yeux lorsqu'elles ont retrouvé Albert à la réception qui a suivi la première. «Il était fantastique. Chaque fois que je le voyais, les larmes me montaient aux yeux», a confié Hélène Bergeron.

La directrice générale du Centre des arts de la Confédération, Jessie Inman, débordait d'émotion devant le succès de cette première. «Il n'y a pas de mots. C'est tellement une belle histoire et la réaction des gens est inespérée», a-t-elle dit.

Évangéline est présentée au Centre des arts de la Confédération les jeudi, vedi medi en soirée et le samedi en après-midi.



Photo: En souvenir de la première mondiale d'Évangéline, et pour remercier les comédiens d'avoir si bien rendu les héros acadiens, le président du comité du CMA 2019, Marc Chouinard (absent de la photo), a présenté aux vedettes des statuettes d'Évangéline, selon la célèbre sculpture de Grand-Pré. 

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