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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 14 mai 2014

En spectacle à The Mack à Charlottetown, de gauche à droite, Pastelle LeBlanc, Pascal Miousse et Emmanuelle LeBlanc.

Le trio musical, 100 % insulaire, Vishtèn était en spectacle au théâtre The Mack à Charlottetown le vendredi 9 mai.  Pour les fidèles admirateurs du groupe, c’était une belle traite.  

Le fan no 1 du groupe, Philippe LeBlanc, le père des deux membres fondatrices du groupe, Emmanuelle et Pastelle LeBlanc, assure que le groupe a encore progressé, même après 12 ans d’existence.  

«Dans le choix du matériel, dans leurs recherches, et dans leurs arrangements.  Ils font des choses très Vishtèn, qui correspond à leur style.  Il y a souvent des modulations dans les rythmes et les tonalités, parfois abruptes et parfois plus subtiles.  C’est toujours très intéressant de les écouter», dit Philippe LeBlanc, qui est lui-même musicien.  

Écouter Vishtèn, c’est une chose, mais ce qui est particulièrement intéressant, c’est de voir comment, sans tambour ni trompette, au sens figuré comme au sens propre, les trois musiciens sont capables de passer d’un instrument à l’autre comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.  

Or, maîtriser à ce point un si grand nombre d’instruments tient de la magie.  Il faut voir Emmanuelle LeBlanc (la blonde) jouer une pièce très complexe à la flûte irlandaise puis, tout à coup, commencer à taper du pied sans que la qualité du son de la flûte en soit le moindrement affectée.  

Interrogée sur cette prouesse, Emmanuelle répond : «La seule façon de le faire, c’est qu’un des deux soit automatique, et ce n’est pas la flûte.  La podorythmie, ça fait longtemps qu’on pratique ça.  C’est vraiment devenu automatique».

Automatique, peut-être, sauf certainement, lorsque les deux jumelles livrent un duo archi synchronisé de pas et de jeux de mains, dans une gigue assise, sans accompagnement pour les aider à tenir le rythme.  La facilité apparente de ce numéro camoufle un degré de perfection que seule une répétition intense et intentionnelle permet d’atteindre.  

Alors que Pascal Miousse, le gars du groupe, se concentre sur le violon et la guitare, les jumelles s’adonnent à la podorythmie et à la gigue percussive, l’accordéon (Pastelle), l’harmonium, la flûte irlandaise (Emmanuelle), le piano (les jumelles), le bodhrán (Emmanuelle), la mandoline et la guimbarde (Emmanuelle).  Les voix évidemment sortent des trois membres du trio.  

Les arrangements très «pleins» de Vishtèn ne sont pas faits pour appuyer les textes des chansons.  Les voix, dans ce contexte, deviennent des instruments de musique qui produisent des sons et des harmonies plus que des mots.  C’est très évident dans une chanson comme “Tobie Lapierre” qui se trouve sur le disque Mozaïk et “Mamie tant blanche”, qui pourrait se retrouver sur le prochain album de Vishtèn, leur 5e en carrière.  

«La première fois que nous avons entendu la chanson “Tobie Lapierre”, nous n’avons rien compris.  C’est fait dans un très vieux français.  Mais ça raconte l’histoire d’un homme qui aime danser, les femmes et le whisky», résument les musiciens avant d’entonner la chanson.  

Si Vishtèn puise dans le répertoire traditionnel ancien, il est aussi vrai que le groupe compose, écrit et qu’il a de nombreux amis talentueux.  Dans le spectacle du 9 mai, Vishtèn a joué une très belle valse composée par Karine Gallant, qui a grandi à peu de distance de la maison des jumelles.  

En 2012, Vishtèn a publié un recueil de 37 airs «traditionnels» originaux sous la forme de réels, gigues et valses.  Ce livre est disponible par l’entremise du tout nouveau site Web du groupe, à vishten.net

Dans ce site, on découvre une toute nouvelle image de Vishtèn, dans des tons plus doux, et moins «grunge» qui correspondaient plus ou moins à l’énergie du groupe.  

Ce nouveau site Web comporte moult informations sur le groupe ainsi que sur la vie en Acadie.  Une section recette met en vedette le fricot au poulet et quelques autres spécialités du groupe.  

L’un des prochains spectacles de Vishtèn à l’Île sera le 15 juin, dans le cadre des jours anniversaires de la fondation de la ville de Charlottetown.  

- Par Jacinthe Laforest -

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