Le 8 février 2017
L’artiste visuel autochtone Nick Huard enseignera aux jeunes de chaque communauté l’importance des capteurs de rêves et leur montrera comment en fabriquer un.


Le tout premier atelier du grand projet signature Capteurs de rêves, initié par le Centre des arts de la Confédération à l’occasion du 150e anniversaire du pays, a eu lieu à Summerside le samedi 4 février.  

Au cours des huit prochaines semaines, une équipe artistique du Centre des arts de la Confédération voyagera d’un océan à l’autre à l’autre et animera des ateliers de création auxquels participeront plus de 260 jeunes.  Ces ateliers se dérouleront dans chaque province et territoire et feront appel à la vision que les jeunes ont pour notre pays, tout en mettant l’accent sur l’environnement, l’inclusion et la réconciliation.

Durant ces ateliers, les jeunes créeront près de 300 capteurs de rêves qui incarneront les rêves des jeunes Canadiens, petits capteurs que l’artiste visuel autochtone Nick Huard intègrera dans un superbe capteur de rêves national qui sera exposé durant tout l’été dans la Salle commémorative du CAC.

Nick Huard, Mi’kmaq, originaire de Burnt Church au Nouveau-Brunswick, vit depuis très longtemps à Kahnawake au Québec.  Il est considéré comme l’autorité en matière de fabrication d’authentiques capteurs de rêves au Canada et au-delà de nos frontières, même s’il a découvert cet art relativement tard dans sa vie.  

«J’ai fait carrière dans le film, le documentaire et le cinéma.  En 1986, j’ai subi un grave accident lors d’un tournage.  J’ai presque perdu mon bras.  C’était en 1986.  Lors de ma convalescence, j’ai vu un aîné qui fabriquait des capteurs de rêve et ça été comme une révélation.  Je n’en avais jamais fait, mais c’était comme si je savais comment».

À partir de ce moment-là, Nick Huard, dont le vrai nom Mi’kmaq est Kwimou, a consacré beaucoup de temps à la construction de capteurs de rêves.  «J’ai été consultant autochtone sur le film Gray Owl et Pierce Brosnan m’a acheté un de mes capteurs de rêve.  Depuis, il m’en a commandé deux autres», a indiqué l’artiste dont les œuvres ont même été exposées au Louvre en 1997.  

Au fil de sa carrière de documentariste et dans l’industrie du cinéma, Nick Huard a voyagé partout, et il connaît particulièrement bien le Grand Nord canadien, où il s’est fait des amis qui l’aident, maintenant, à regrouper ce dont il a besoin pour le projet Capteur de rêve, notamment des plumes et des crânes d’animaux.  

«Le capteur de rêve agit comme un filtre sur les rêves.  Les bons rêves parviennent au rêveur par les plumes et les mauvais rêves restent pris dans les mailles du filet.  Ils sont brûlés lorsque les premiers rayons du soleil les frappent.  La preuve que ça fonctionne, c’est que lorsqu’on regarde son capteur de rêve au réveil, on se souvient du rêve que le créateur a mis dans notre cœur.  La plume agit comme un lien avec la demeure du créateur, car l’oiseau est le seul à pouvoir s’approcher du créateur.  Letissage rappelle quant à lui la protection qu’exerce la famille et les amis autour de nous», a décrit Nick Huard, presque dans un seul souffle.  

Lorsque le projet sera complété, chaque province et territoire aura son propre capteur de rêves qui sera intégré dans un quatorzième capteur, celui du Canada.  

Chaque province et territoire aura un esprit gardien intégré dans son capteur de rêve.  Pour l’Île-du-Prince-Édouard, ce sera la baleine.  

En plus de fabriquer des capteurs de rêves, les participants aux ateliers du grand projet national travaillent avec Mary Francis Moore, directrice artistique adjointe du Festival de Charlottetown 2017, et plusieurs autres artistes dans le but de produire une comédie musicale vivante que présentera une jeune compagnie 2017 plus nombreuse. 

Du début de février à avril, on créera 13 nouvelles œuvres, musique, contes, créations orales, danse et autres, qui seront incorporées au tout nouveau spectacle musical dont la première sera présentée le 21 juin, Journée nationale des autochtones.  Présenté par une troupe en tournée et une troupe basée à Charlottetown, ce spectacle sera présenté dans tout le pays au cours de l’été.

Pour plus d’information, rendez-vous au site Web suivant : capteursdereves.ca.  






(Photos : Gracieuseté)

- Par Jacinthe Laforest

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