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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 22 mars 2016


Le théâtre a fait un retour en force à l‘école François-Buote au cours des derniers mois.  Est-ce pour rester?  On n’en sait rien encore, mais les élèves semblent ravis de leur expérience, qui a commencé l’automne dernier, avec l’arrivée du stagiaire en enseignement, Jean-Paul Pendergast.  

Jeune retraité des Forces armées canadiennes, il est revenu dans sa province natale avec sa famille, et il s’est inscrit au programme de baccalauréat de 12 mois en enseignement du français à UPEI.  

«J’ai fait mon premier stage à l’école François-Buote à l’automne.  Dans l’école où ma fille allait, en Ontario, ils avaient monté la pièce de théâtre La Chasse-Galerie avec les élèves et ma fille, Stella Maris, y faisait le diable.  Quand je suis arrivé ici à l’école, j‘ai eu envie de former une troupe et de monter cette pièce», explique Jean-Paul Pendergast.  

La première représentation de la pièce a eu lieu au début du mois de février, devant les élèves et devant le public en soirée.  Puis, la pièce a de nouveau été présentée au début du mois de mars, dans le cadre du festival de théâtre communautaire, sur la scène du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean. 

C’est à cette occasion que nous avons pu rencontrer quelques comédiens ainsi que le metteur en scène et directeur, Jean-Paul Pendergast.  

En digne fils de sa mère, Eileen Chiasson-Pendergast, qui est une véritable force de la nature en théâtre, Jean-Paul Pendergast a recruté les membres de sa troupe en leur disant qu’il allait les faire travailler très fort et qu’il n’accepterait pas du 50 % d’engagement.  

Une troupe de 23 élèves de 5e et 6e année a été formée et les répétitions ont commencé.  «On se rencontrait sur l’heure du midi et parfois, après l’école.  Comme j’étais ici, à l’école, c’était facile à coordonner.  Les élèves ont donné leur 100 %, et je pense que le résultat a dépassé les attentes des parents», a soutenu le futur enseignant.  

En cela, Miriam Bois, la mère de Bianca, une des comédiennes, confirme que les parents ont été impressionnés.  «C’était très professionnel.  Cela prouve que quand on a des attentes élevées face à nos enfants, ils sont capables d’y répondre.  Je suis certaine que plusieurs membres de la troupe ont, pour ainsi dire, trouvé leur voix», a indiqué Miriam Bois, très fière de sa fille et de tous les autres membres de la troupe.  

Bianca, pour sa part, est ravie d’avoir pu participer à cette troupe.  «Ça m’a donné envie de faire du théâtre, encore», dit la jeune fille qui, dans la pièce, jouait le rôle d’Athanas, un des serviteurs du diable. 

À l’aide de Bianca Bois-Bastarache, de Stella Maris Pendergast et d’Ella LeBlanc, il a été possible de reconstituer l’histoire, basée sur une légende relativement peu connue à l’Île, mais qui fait partie du folklore canadien-français depuis longtemps.  

Donc, en gros, le diable se présente dans un chantier de bûcheron, juste avant Noël.  Les gars s’ennuient de leurs femmes et ils se laissent facilement tenter par la proposition du diable: les emmener en canot, par le ciel, pour passer la nuit de Noël avec leur famille.  Seulement, il y a des conditions et le diable a plus d’un tour dans son sac.  

Ella LeBlanc joue le rôle d’une des femmes.  Elle est surprise de voir son mari, mais aussi, très contente.  «Je veux qu’il reste plus longtemps, mais lui, ne veut pas, et il ne me dit pas pourquoi.  Alors je crie», dit la jeune demoiselle qui a la voix si douce qu’on a peine à l’imaginer en train de crier après quelqu’un.  

À la fin, le diable se réjouit un peu trop tôt d’avoir gagné cinq bonnes âmes.  Les cinq bûcherons, se croyant perdus, proposent alors au diable de résoudre une énigme.  S’il trouve la réponse, il aura leurs âmes et au contraire, s’il ne trouve pas la réponse, les bûcherons seront libres.  Le diable, plein de confiance, accepte le marché et ne pouvant trouver la réponse à l’énigme, est obligé de libérer les bûcherons.  

Les jeunes comédiennes que nous avons rencontrées aimeraient avoir de nouveau l’occasion de monter une pièce de théâtre.  Jean-Paul Pendergast  aimerait lui aussi démarrer un nouveau projet, l’an prochain, mais il ne sait pas si ce sera possible.  «Je vais finir mon bac en mai prochain et en septembre, je ne sais pas où je vais être.  Mais si j’ai un poste ici, certainement que nous allons monter une pièce», dit le futur enseignant.












- Par Jacinthe Laforest

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