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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 7 janvier 2016
«Restez calme, oui il y a des francophones hors Québec», c’est ce que Renée O'Neill inscrivait sur des t-shirts verts et blancs destinés aux Franco-ontariens, il y a plus d’un an. Aujourd’hui, ses créations semblent susciter plusieurs réactions chez les francophones en milieu minoritaire. De fil en aiguille, la fierté de cette franco-ontarienne devient en sorte sa marque de commerce.  Elle décide donc de fonder sa microentreprise nommée EnTK, le diminutif de «entéka », afin de permettre aux Franco-ontariens de prendre leur place avec style.

Mme O’Neill est l’unique employée et propriétaire de l’entreprise. Elle engage parfois quelques designers franco-ontariens lorsqu’elle veut créer d’autres chandails ou étuis de téléphone originaux.  La compagnie visait principalement les Franco-ontariens, mais après avoir reçu des demandes spéciales de l’Université de l’Alberta et de la Société franco-manitobaine, la créatrice désire maintenant susciter l’intérêt de plusieurs francophones à travers le Canada. «Mon but, c’est de voir les communautés de langue française se transformer et gagner en assurance.»

Selon la fondatrice âgée de 41 ans, ses créations permettent d’envoyer un message subtil mais important à la population canadienne. Elle désire, à sa façon, permettre aux francophones de créer leur place dans le pays. «Lorsque les gens achètent un gilet, ils me racontent souvent des anecdotes.  Ils me disent que lorsqu’ils vont par exemple à Cuba ou à Trois-Rivières, les citoyens croient d’abord qu’ils sont Québécois ou Acadiens. Les gens sont toujours très étonnés de constater qu’il y a bel et bien des personnes qui parlent français en Ontario. »

Fiers à temps plein

L’idée lui est venue lors de la journée des Franco-ontariens, alors que son fils devait porter des vêtements à l’effigie du drapeau vert et blanc pour aller à l’école.  Elle a vite réalisé que peu de chandails étaient disponibles sur le marché.  De plus, elle se demandait pourquoi les étudiants devraient afficher leurs couleurs qu’une seule journée par année, alors qu’ils sont fiers Franco-ontariens à temps plein?

Elle a donc décidé de créer ses propres chandails et de les vendre en ligne.  Son but ultime était de créer des t-shirts pouvant être revêtus à l’année, pas seulement lors des journées thématiques. «Un de mes t-shirts préférés dans ma collection c’est un gilet avec des impressions de peinture faites avec de vrais trilles et de vrais lys.  Je le voyais comme une espèce de poignée de main secrète entre Franco-ontariens.»

La fondatrice espère offrir de plus en plus de produits.  Elle travaille depuis longtemps sur diverses créations telles que des tuques, des casquettes et des bouteilles d’eau. Mais puisqu’il est difficile de faire grandir une entreprise de textile francophone en Ontario, la créatrice doit faire davantage de profits afin d’offrir des produits de qualité. «Les débuts ont été très prometteurs, mais le domaine du vêtement prend du temps car il y a des coûts d’inventaire élevés.  La réponse de la communauté est positive, mais j’ai encore du travail à faire.»

Renée O’Neill a cependant relevé le défi haut la main.  En seulement un an, elle a réussi à trouver du temps libre entre son horaire de maman et son emploi de traductrice pour faire bouger les choses dans un domaine qui lui tient à cœur.  

«Je ne pense pas que ma compagnie aurait existé il y a 20 ans parce que la communauté francophone en Ontario a beaucoup évolué.  Je ne dis pas qu’il faut arrêter de se battre pour nos droits, mais je pense qu’il faut aussi commencer à se faire connaitre auprès de nos voisins anglophones.  C’est de cette façon-là qu’on va réussir à faire notre place.»

- Par Karine Charlebois (Francopresse)




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