FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 13 novembre 2018


Les antibiotiques sont l’un des outils les plus puissants de la médecine – lorsqu’ils sont utilisés correctement.

Mme Sarah Lutes et le Dr Greg German s’emploient à faire en sorte que ces médicaments importants ne perdent pas leur pouvoir de guérison.

Sarah Lutes, pharmacienne spécialiste de la microbiologie, et le Dr German, médecin microbiologiste, veulent sensibiliser la communauté médicale, les fournisseurs de soins et le public à la meilleure façon d’utiliser les antibiotiques sans contribuer au problème des bactéries et micro-organismes surpuissants qui résistent aux antibiotiques. 

« Nous voudrions voir les personnes utiliser les bonnes doses d’antibiotiques qui correspondent à leur état, a déclaré le Dr German. Faire attention au moment et à la façon de prescrire les antibiotiques permet d’augmenter la probabilité de leur efficacité, au moment opportun. L’utilisation intelligente des antibiotiques peut réduire le problème de la création de bactéries résistantes aux antibiotiques. » 

La Semaine de sensibilisation aux antibiotiques, du 12 au 18 novembre 2018, encourage l’utilisation responsable des antibiotiques. Mme Lutes et le Dr German ont souligné qu’il s’agit d’une semaine dédiée à encourager le public et la communauté des soins de santé à échanger sur l’utilisation des antibiotiques dans le but d’en assurer l’efficacité, au bon moment. 

« L’efficacité maximale s’atteint en prescrivant des antibiotiques plus faibles dans les cas légers, en choisissant des antibiotiques puissants pour les cas plus graves et en évitant d’utiliser les antibiotiques lorsqu’ils ne sont pas nécessaires – en cas d’infection virale ou d’infection urinaire asymptomatique, par exemple », a expliqué Mme Lutes. 

La formation sur l’utilisation des antibiotiques est essentielle pour sensibiliser à l’utilisation appropriée et à l’importance de la prudence. Le processus comprend de nouveaux outils comme le plan d’intervention contre les virus de Santé Î.-P.-É., lequel renseigne les patients sur les mesures à prendre dans le cas d’une maladie virale qui ne réagit pas aux antibiotiques. 

« Nous comprenons que les personnes malades et les parents qui se présentent avec un enfant malade espèrent obtenir quelque chose qui les guérira. Mais souvent, la maladie en question ne nécessite aucun antibiotique, a précisé Mme Lutes. Ce feuillet d’information sur les virus nous permet de fournir des renseignements aux patients sur la manière de traiter leur infection virale afin qu’ils ne repartent pas les mains vides. » 

De plus, Mme Lutes et le Dr German travaillent assidûment pour informer le public sur les avantages et les risques potentiels associés à la déclaration d’allergie aux antibiotiques comme la pénicilline. Seulement 10 % des personnes qui signalent être allergiques à la pénicilline le sont véritablement. Un patient présentant une allergie déclarée à la pénicilline est plus susceptible de se faire prescrire un antibiotique d’une autre classe, possiblement moins efficace, accompagné d’un plus grand nombre d’effets secondaires et susceptible d’augmenter la résistance de l’organisme aux antibiotiques. 

Le Dr German, qui est aussi vice-président du Comité canadien sur la résistance aux antimicrobiens, a déclaré avoir espoir que les gens prennent conscience des dangers liés à l’utilisation abusive ou excessive de ces médicaments. Il a souligné le travail effectué en collaboration avec les foyers de soins de longue durée dans le but de réduire le nombre excessif de tests de dépistage et d’ordonnances d’antibiotiques. Une directive médicale a été mise à l’essai dans deux établissements de soins de longue durée. Préconisant l’idée de ne procéder à l’examen cytobactériologique urinaire que dans le cas de patients présentant les symptômes spécifiques d’une infection des voies urinaires, la directive a permis de réduire la prescription d’antibiotiques aux résidents. 

« En utilisant ces médicaments d’une manière différente, nous avons réussi à réduire le nombre de cas déclarés de résistance aux antibiotiques. C’est très encourageant, » ajoute-t-il. 

« Nous voulons prendre des précautions avec les antibiotiques, sans quoi la situation peut devenir très grave. À l’heure actuelle, nous avons du mal à gérer ces bactéries surpuissantes qui résistent à la plupart de nos médicaments, mais qu’arrivera-t-il si nous commençons à devoir traiter des bactéries qui résistent à tous nos médicaments? »

« Il faut faire preuve de prudence avec les antibiotiques si on souhaite écarter ce type de menace. » 
 
Banner

L'Île-du-Prince-Édouard en images