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Le 11 août 2015

Judy MacDonald, Arnold Smith et Arthur Buote du comité ad hoc pour la préservation du Centre Belcourt.


Le diocèse de Charlottetown a organisé une très courte réunion avec le comité ad hoc pour la préservation du Centre Belcourt le lundi 27 juillet dernier pour les informer qu’une décision avait été prise pour abandonner le Centre Belcourt et construire un nouveau centre de spiritualité ailleurs.  

«Au début du mois de juin, nous avions eu de bonnes discussions avec le diocèse de Charlottetown», signale Judy MacDonald, membre du comité ad hoc.  «Nous pensions vraiment que le diocèse était en train de s’ouvrir et pleinement examiner toutes ses options.  Et maintenant, il nous informe soudainement qu’une décision a été prise de s’en laver les mains et aller ailleurs.  Je ne sais plus vraiment quoi dire à part que c’est frustrant et décourageant.»

Les défenseurs du Centre Belcourt ont organisé une conférence de presse le 29 juillet dernier à Rustico afin de dévoiler publiquement cette décision.  «Nous sommes très déçus de la tournure des évènements et de la procédure entachée par les irrégularités qui ont conduit à cette prise de décision», a lancé Arthur Buote, porte-parole du comité ad hoc.  «Il est important que les résidents locaux et les insulaires comprennent que, sauf si un partenariat peut être établi entre le diocèse et un groupe de responsables communautaires, le bâtiment sera démoli et Rustico perdra le Centre spirituel diocésain.»

Depuis l’automne 2014, le comité ad hoc de résidents et d’amis de Rustico a consacré beaucoup de son temps et de son énergie dans ce dossier.  Il a discuté avec le diocèse de Charlottetown, mais la réception n’a pas été accueillante et la coopération n’a pas été chrétienne.  «Nous avons toujours voulu collaborer avec les représentants du diocèse, mais comme nous nous en rendons compte à nouveau, l’opinion de notre communauté ne semble pas faire de différence», explique M. Buote.  

Ce que le comité ad hoc aimerait maintenant, c’est d’obtenir plus de temps.  «Nous espérons, avec le diocèse, d’être 100 % certains qu’il est en train de prendre la bonne décision auprès de cet important dossier pour Rustico et pour l’ensemble de la province», continue Arthur Buote.  «Nous aimerions qu’il prenne un peu plus de temps à évaluer toutes les possibilités.»

Le diocèse de Charlottetown n’a jamais donné la permission au comité ad hoc d’examiner une «évaluation de la bâtisse» qui a, selon leurs dires, été faite par un ingénieur dans la dernière année.  Le diocèse n’a jamais informé le comité ad hoc ou le public sur l’état actuel du Centre Belcourt part à part à cette évaluation. 

«Si le diocèse pouvait nous montrer l’état de la bâtisse et nous prouver qu’elle est irréparable, nous serions contents de l’accepter et de passer à autre chose», note Arnold Smith, membre du comité ad hoc et expert dans la restauration de vieilles bâtisses.  «Mais, comme nous n’avons rien reçu de cette nature, nous sommes portés à croire que l’édifice n’est pas en aussi mauvais état que le diocèse le laisse entendre.  Selon moi, oui, il faut faire des réparations et des rénovations, mais la bâtisse est encore très solide et généralement en excellente condition.»  

Et maintenant, les membres du comité ad hoc ont été interdits d’entrer dans le Centre Belcourt.  «Je connais les travaillants du Centre Belcourt et la semaine dernière, je voulais juste aller visiter l’intérieur de la bâtisse, seulement pour me rafraîchir la mémoire de ce que cela semblait», raconte M. Buote.  «Je n’avais pas le droit d’entrer.»  «Qu’est-ce que cela veut dire?  Qu’est-ce que le diocèse est en train de cacher qui ne me laisse pas le droit d’y aller?», dit-il, évidemment frustré. 

Pour ajouter un peu de poids à la valeur patrimoniale du Centre Belcourt, elle figure maintenant sur la liste des 10 sites avec plus d’importance historique en voie de disparition au Canada, selon la Fiduciaire Nationale du Canada.  «Nous sommes encore très prêts à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aller de l’avant avec la collaboration du diocèse afin que les mesures appropriées soient prises pour infirmer cette décision d’abandonner le Centre Belcourt avant qu’il ne soit trop tard», a conclu Arthur Buote.  

- Par Nick Arsenault

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