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Le 1er avril 2015

Arnold Smith montre les nouveaux dessins de Carter W. Jeffery à Marcel Buote, le samedi 28 mars.


Malgré leurs efforts pour sauvegarder le Centre Belcourt, les citoyens de la grande région de Rustico s’opposent à une fin de non-recevoir de la part l’évêché et en particulier de l’évêque Richard Grecco.  

Une énième réunion de citoyens a eu lieu le samedi 28 mars au Centre acadien Grand Rustico, afin de faire une mise à jour du dossier et surtout, pour essayer de donner un second souffle aux porteurs du dossier.  

«Franchement, nous avons fait tout ce que nous pouvions raisonnablement faire et nous sommes rendus au bout de nos options», a avoué Arthur Buote au public compatissant et aussi perturbé par l’attitude fermée de l’évêque et de son entourage.  

Pendant la réunion cependant, un des défenseurs du Centre Belcourt, Arnold Smith, a dévoilé une série de dessins qui illustrent de quelle façon on pourrait répondre aux «besoins» du diocèse, tout en conservant le Centre Belcourt.  

Les dessins, réalisés par Carter Jeffery, bien connu pour son intérêt à sauvegarder le patrimoine, suggèrent que des unités modernes pourraient être construites derrière le Centre Belcourt pour former une sorte de «L» avec ce dernier, sur trois étages.  Les dessins ne sont pas des plans d’architecte, mais ils sont suffisants pour montrer comment, avec un peu de bonne volonté et d’imagination, on pourrait assurer que la chèvre ait assez de moulée pour ne pas avoir à manger le chou.  

«La proposition de Carter Jeffery respecte les spécifications exprimées sur les plans du diocèse, concernant le nombre d’unités, les cuisines, les salles de réunion, etc.  Ces dessins viennent juste d’être complétés et c’est la première fois qu’ils sont montrés en public.  Ils montrent que c’est possible de préserver le Centre Belcourt, tout en répondant aux besoins du diocèse», a indiqué Arnold Smith.  

Jusqu’à présent, dans ce dossier, les paroissiens et les citoyens de Rustico et des environs n’ont pas réussi à franchir les barrières érigées par le diocèse.  «Nous pensons que le diocèse induit les gens en erreur de façon délibérée.  Il donne l’impression que le Centre Belcourt est prêt à s’effondrer, alors qu’il est utilisé chaque fin de semaine», ont dit des participants à la réunion.  

D’ailleurs, du vendredi 27 mars en soirée jusqu’au dimanche 29 mars, le Centre Belcourt était occupé par plus de 30 membres des Alcooliques Anonymes, qui étaient réunis pour une retraite.  Un participant auquel nous avons pu parler a dit être confortablement logé.   «Ça fait 30 ans que je viens ici deux fois par année, et on est toujours bien reçu», a indiqué ce participant à la retraite.   

La détermination du diocèse à vouloir démolir le Centre Belcourt reste un mystère pour les citoyens de Rustico, et tous ceux qui veulent sauvegarder l’édifice.  «C’est bien plus qu’un édifice.  C’est un symbole pour Rustico et une preuve irréfutable de l’esprit infatigable des habitants de ce village.  Après l’incendie qui a démoli le couvent, en février 1932,  les paroissiens, avec leurs maigres moyens, ont réussi à reconstruire et en décembre de la même année, ils ont rouvert l’école», a raconté Judy MacDonald, qui voit le Centre Belcourt chaque jour et considère que sa disparition briserait à tout jamais le paysage architectural de Rustico.  

«L’évêque ne sera pas là éternellement, et il se permet de prendre des décisions qui vont avoir un impact longtemps après son départ», a mentionné une personne.  

Arthur Buote a rappelé qu’il avait écrit à l’archevêque d’Halifax et qu’il lui avait envoyé tout un dossier, en espérant qu’il interviendrait.  M. Buote a dû de nouveau, écrire à l’archevêque pour avoir une réponse.  L’archevêque avouait son impuissance à intervenir et avait envoyé le dossier à l’évêque Grecco.  

Parmi les prochaines démarches envisageables, le comité espère pouvoir présenter les dessins de Carter Jeffery aux membres du comité du diocèse.  








Carter W. Jeffery a réalisé des dessins pour illustrer comment le Centre Belcourt pourrait être conservé tout en répondant aux besoins du diocèse.

- Par Jacinthe Laforest

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