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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 14 janvier 2015


«Tout homme et toute femme en position de pouvoir dans un gouvernement ou un service public doit se demander : «Est-ce que je suis humble, prêt à écouter tout le monde et toutes les opinions, afin de choisir le bon chemin?»  Si vous ne vous posez pas cette question, votre gouvernance ne sera pas bonne» - le pape François 

Il est évident qu’un très grand nombre d’individus ne veut absolument pas voir la démolition du Centre Belcourt.  

Le 11 janvier dernier, au Centre acadien Grand-Rustico, trente personnes se sont déplacées pour appuyer le comité ad hoc dans sa lutte pour empêcher le diocèse de Charlottetown de démolir le Centre Belcourt.  

«Je suis très désappointé et désenchanté de la manière que le diocèse traite nos inquiétudes envers le Centre Belcourt», a souligné Arthur Buote qui est un catholique dévoué, mais se pose des questions profondes depuis plusieurs mois.  «J’ai l’impression que l’évêque a signé des papiers sans avoir lu exactement ce qu’il a accepté.  Selon moi, quelqu’un qui est élevé au statut d’évêque devrait avoir un plus grand sens d’humanité et de raisonnement vis-à-vis de ce projet.»

Le diocèse de Charlottetown était invité à participer à cette réunion du 11 janvier à Rustico, mais aucun employé ou membre du comité diocésain n’est venu.  

Le comité ad hoc de Rustico a voulu avoir un siège au comité du diocèse qui s’occupe du projet du Centre Belcourt : cette demande a été refusée.  

Le comité ad hoc de Rustico a envoyé une lettre à l’évêque pour lui parler face à face afin d’exprimer ses inquiétudes envers la démolition du Centre Belcourt : cette demande a également été refusée.  

«Nous voulons être des partenaires dans ce projet, nous voulons avoir un bon dialogue avec eux, mais ils rendent les choses très difficile en refusant même d’écouter nos propos, nos questions ou même de nous rencontrer», ajoute M. Buote qui a dit qu’il était très heureux de voir l’appui des gens de Rustico et des membres de la communauté de l’Île-du-Prince-Édouard à la préservation du site patrimonial.   

Aucune consultation 

«Quand j’ai entendu dire qu’il y avait de l’argent pour le Centre Belcourt il y a un an, je pensais que le diocèse allait me demander ce que j’aurais aimé voir en réparation ou en besoin», a dit Bernice Doucette en adressant la parole vers la fin de la réunion publique.  Elle est la responsable des réservations et de l’aménagement du Centre Belcourt depuis presque vingt ans.   

«Je n’avais aucune idée qu’ils étaient en train de penser à le démolir pour en bâtir un nouveau.  Les clients qui viennent au Centre Belcourt disent tous qu’ils adorent l’endroit et qu’il y a une atmosphère là-dedans qui ne pourra pas se retrouver dans une nouvelle bâtisse.» 

Bernice Doucette a avoué qu’il fallait des réparations et des ajouts au Centre Belcourt, mais que selon elle, l’état de la bâtisse n’était pas si néfaste que le diocèse l’a librement fait entendre. 

Identité culturelle menacée 

Edmond Richard de Stanley Bridge, qui fait partie de la grande région de Rustico, a parlé intensément envers ce dossier.  

«Je m’aperçois que ce qu’on fait ici aujourd’hui n’est pas juste une question de paysage», a lancé l’ancien président de la SSTA.  «C’est une question d’identité acadienne et francophone.  Ce n’est pas seulement un dossier local; c’est au moins un dossier provincial et même national.  Ce centre de spiritualité n’appartient pas au diocèse, il n’appartient pas au Vatican… il appartient à nous, la communauté.  L’ensemble de l’église appartient à nous aussi, les paroissiens, la communauté.  Les dirigeants du diocèse doivent réaliser qu’ils sont dorénavant au service du peuple.»

Edmond Richard souhaite que la population insulaire continue de s’afficher afin de préserver ce site historique de valeur inestimable. 

«Comme cela a été le cas pour le Centre de récréation Évangéline à Abram-Village ou pourles écoles françaises de la province, il doit y avoir une implication de nos paliers gouvernementaux.» 

Arthur Buote a eu des discussions avec le ministre du Tourisme et de la Culture, Robert Henderson, et ce dernier à tout simplement dit que le comité ad hoc devait essayer de résoudre ce problème avec le diocèse. Rustico n’est pas une municipalité, ce qui n’aide peut-être pas les choses.  

Symposium? 

Encouragé de l’énergie de cette réunion publique, le comité ad hoc va poursuivre ses démarches et évaluer les meilleures manières de procéder.  Les gens présents ont tous signé une page pour supporter le comité et pour se tenir au courant des nouvelles et prochaines rencontres.  

Arnold Smith a suggéré qu’il était grand temps de faire un symposium au sujet des vieilles églises et bâtisses de valeurs patrimoniales à l’Île-du-Prince-Édouard.  Partout à travers la province il y a des endroits historiques qui sont en piètre état et la volonté des gens à les préserver n’est pas toujours connue. 

«À ce symposium, il y aurait une étude de cas pour l’exemple du Centre Belcourt», propose M. Smith.  «Et par dialogue avec des experts sur la matière et consultations avec la communauté, nous pourrions mieux savoir comment et quoi faire avec nos précieuses bâtisses.» 

Reste à dire que le cas du Centre Belcourt sera probablement une actualité tout au long de l’année 2015 à moins que le diocèse décide prochainement d’ouvrir ses portes qui semblent barrées.  


Karen Mair, animatrice de la CBC, et deux autres résidants du grand Rustico ont exprimé leur désarroi. 


Arthur Buote et Judy MacDonald vont continuer à essayer de faire fléchir le diocèse de Charlottetown.


Edmond Richard croit au potentiel du Centre Belcourt et la population doit se mobiliser. 


Catherine Hennessey trouve la situation déplorable et fera ce qu’elle peut pour aider. 


Arnold Smith veut qu’un symposium ait lieu au sujet de toutes les vieilles églises et bâtisses patrimoniales.


Bernice Doucettea entretenu le Centre Belcourt pendant près de 20 ans.  Elle ne comprend pas l’acharnement du diocèse à vouloir démolir l’immeuble patrimonial.

- Par Nick Arsenault

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