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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 8 octobre 2014
Le conflit qui perdure au Carrefour de l’Isle-Saint-Jean n’est pas le seul enjeu qui mérite qu’on y mette des ressources.  Les parents francophones dans la capitale sont préoccupés par le manque de place en garderie, en particulier, au Centre de la petite enfance (CPE) l’Île enchantée.  Selon ce qui a été dévoilé durant l’assemblée générale annuelle du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, le lundi 29 septembre, les noms de 100 enfants figurent sur la liste d’attente pour entrer au CPE.  

Enseignante en 1re année à l’école François-Buote, Julie Desjardins est préoccupée par cette situation, qui peut se traduire selon elle, par une perte nette pour la communauté et l’école, si les parents se tournent vers les services en anglais.  

Si les parents choisissent tout de même l’école française, l’enfant y arrivera avec une con-naissance plus limitée du français, ce qui nécessitera un travail de francisation en maternelle et en première année.  

Pour Shawn Gallant, père de famille et porte-parole du CPE, la situation est complexe.  «La moitié des noms sur notre liste d’attente sont des enfants de moins de 22 mois, des poupons.  À notre CPE, nous avons un permis d’exploitation de 50 places incluant six poupons.  Chaque groupe de trois poupons requiert une éducatrice.  Oui, les ressources humaines sont un facteur qui limite notre croissance, mais il y a aussi l’espace, le type de permis que nous avons, etc.»

Shawn Gallant explique aussi que ce serait impossible de faire vivre un CPE avec 50 places de poupons pour répondre à la demande, parce que les coûts réels ne sont que partiellement remboursés par la province, et que les prix chargés aux parents sont déjà passablement élevés.  

Et il y a d’autres facteurs à prendre en considération.  Selon les critères de la province, la nourriture servie dans les CPE devrait être préparée dans le local même.  Au Carrefour, c’est le personnel de la cafétéria qui prépare la nourriture qui est alors transportée vers les jeunes enfants.  «Les gens de la province sont venus vérifier que tout était conforme, avant de nous donner notre permis.  Aussi, nous n’avons pas le droit d’utiliser les locaux de notre CPE pour la garderie avant et après l’école.  Nous avons dû obtenir un permis séparé pour cela.  Ce n’est pas juste une question de ressources humaines, même si c’est un facteur important.  

Julie Gagnon enseigne à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard où elle contribue à former les futurs enseignants et elle est mère de famille.  «Nous sommes minoritaires, nous devrions pouvoir faire quelque chose», a-t-elle lancé. 

La directrice du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, Christine-Marie Gladu, a alors indiqué que le Carrefour, en partenariat avec un centre de petite enfance anglophone bien établi dans la ville de Charlottetown, pourrait ouvrir un service en français satellite de l’Île enchantée.  Cette idée, lancée sans avertissement, a surpris les membres présents, qui ont tenu à s’assurer que tout doit être fait pour centraliser les services au Carrefour, qui est le lieu de référence et de rassemblement de la communauté francophone dans la capitale.  

Émile Gallant, grand-père de plusieurs jeunes enfants, croit qu’il y aurait moyen d’arriver à une entente avec la province, pour que les critères et modalités de fonctionnement soient ajustés à la réalité francophone dans la capitale, ainsi qu’au développement démographique que semble vivre cette population.  «Je suis certain que cela peut se faire.  À Sainte-Anne à Fredericton, il y a 200 enfants», a-t-il lancé.  

Pour Julie Gagnon, qui a par ailleurs été élue au conseil d’administration du Carrefour, la petite enfance a une importance primordiale.  

Shawn Gallant, président du comité de parents des services de garde l’Île enchantée, a déposé une proposition à l’effet qu’un représentant du CPE fasse partie du conseil d’administration du Carrefour.  La proposition a été adoptée et une personne sera nommée.  

L’assemblée générale annuelle s’est poursuivie jusqu’à ce que débute l’assemblée extra-ordinaire.  Après celle-ci, les délibérations régulières ont repris, incluant l’élection des membres du conseil.  

Étant donné la situation au Carrefour, le comité de mise en candidature n’a pas été en mesure de proposer des candidats.  Par contre, les nominations de la salle ont surgi dans un nombre tel qu’il a été nécessaire de tenir des élections.

Le conseil 2014-2015 est donc composé de Corrado Micalef, Jérémie Arsenault, Robert Cormier, Vanessa Lavoie, Elizabeth Blake, Julie Duchesne, Julie Gagnon, et Félix Aucoin.  Le représentant jeunesse et le représentant du centre de la petite enfance seront nommés plus tard.  Lors d’une réunion du conseil tenue le mercredi 1er octobre, Corrado Micalef a été élu président, Jérémie Arsenault, vice-président et Robert Cormier, secrétaire-trésorier. 

- Par Jacinthe Laforest

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