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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 8 octobre 2014

Corrado Micalef a soutenu que le Carrefour voulait absolument trouver une solution pour résoudre le conflit.  Il est entouré de Donald Arsenault (à gauche), président de la réunion, Élizabeth Blake, membre du conseil, et Robert Cormier, secrétaire-trésorier.


Depuis plusieurs mois, un conflit, déclenché par le congédiement-surprise du directeur adjoint du Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, Grégory Urier, a pris une ampleur démesurée.

C’est donc en très grand nombre que les membres du Carrefour, amis et collègues de celui qui, à leurs yeux, avait été traité de façon injuste, se sont rendus à l’assemblée (générale et extraordinaire) tenue le 29 septembre dernier.  

«Depuis quatre mois, je demande à rencontrer le conseil et je n’ai jamais eu de réponse.  J’en profite ce soir pour parler, pour une fois qu’on me laisse parler.  Mais je ne suis pas là pour parler des détails, je suis là pour parler du processus, si cela intéresse les gens», a dit Grégory Urier, aussitôt accueilli par une salve d’applaudissements.    

«Nous, on est tous ici pour soutenir Greg et sa famille, parce que ça nous touche.  Il y a des anguilles sous roches et nous voulons qu’elles sortent», a dit Julie Gagnon, se faisant porte-parole de la communauté.  

Depuis plusieurs mois, la communauté se sent désinformée, manipulée, tiraillée par des affirmations contradictoires, et la méfiance s’est installée au point que avec l’aide de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, le conseil d’administration du Carrefour a eu recours aux services d’un médiateur, en la personne de Gilbert Ladéroute, pour aider à dénouer l’impasse.  

Avant d’inviter M. Ladéroute à présenter les grandes lignes de ses recommandations, le vice-président du Carrefour, Corrado Micalef, a indiqué la volonté de son groupe de régler la situation.  «Pour des raisons juridiques, on ne peut pas rentrer dans les détails.  Mais l’enjeu est tel qu’on veut trouver une solution, ça, c’est clair.  Le conseil s’est mobilisé dernièrement…  Cela a beaucoup changé, juste le fait de tenir l’assemblée ce soir, une assemblée annuelle en plus, c’est un premier pas pour nous.»

Gilbert Ladéroute a fait part des grandes lignes de son rapport et du contexte dans lequel il a conduit ses entretiens.  «Dans mon travail de résolution de conflit, je m’efforce toujours de trouver des solutions gagnantes, ou en-tout-cas, avec le moins de perdants possible.  Mon but n’est pas d’identifier des coupables.  Je ne travaille pas dans cette perspective.  En vertu de mon évaluation, le cœur du problème est que j’ai trouvé que le CA n’a pas rencontré M. Urier parce qu’il ne connaissait pas son rôle.  C’est pourquoi je recommande que tous les membres des conseils et en particulier le nouveau conseil suivent une formation sur le fonctionnement d’un organisme communautaire comme le vôtre.»

Parmi ses autres recommandations, M. Ladéroute favorise dans son rapport un service de mentorat pour encadrer la directrice générale, Christine-Marie Gladu, nouvellement arrivée et peu informée des réalités communautaires.  

M. Ladéroute propose aussi que soit développé, et respecté, un protocole clair et transparent de discipline, d‘évaluation, et de gestion des ressources humaines, dans le but premier d’éviter que les mêmes erreurs se répètent et pour rétablir la confiance.  

Plusieurs fois pendant la réunion, Grégory Urier a demandé au conseil de s’engager à le rencontrer dans la semaine suivant la réunion du 29 septembre, afin de commencer à discuter d’une entente.   

Par téléphone le vendredi 3 octobre, Grégory Urier a confirmé qu’il avait rencontré le nouveau président du Carrefour  de l’Isle-Saint-Jean le jeudi 2 octobre.  

Mentionnons finalement que Serge Serviant, qui assumait la présidence et qui a déménagé au Cap-Breton durant l’année, a été destitué de son poste de conseiller (et de président) par une mesure prévue dans la constitution de l’organisme, selon laquelle, par un vote des deux tiers de la salle, une assemblée de membres peut révoquer un membre du conseil.   


L’expertise de Gilbert Ladéroute en matière de résolution de conflit a été utile pour aider à dénouer l’impasse.


Grégory Urier a expliqué qu’il avait à maintes reprises pris contact avec le conseil du Carrefour sans obtenir de réponse.


- Par Jacinthe Laforest

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