FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 30 juillet 2014

Alméda Thibodeau et Marie Bernard remettre en cadeau, à Sr. Émilie, une belle photographie de la part du Centre d’éducation chrétienne.  Sr. Émilie a été l’une des fondatrices de ce centre.


Les gens sont attirés par ceux qui sont capables de se présenter à la vie de manière simple, souriante et énergique.  Ces personnes sont solides, centrées et peu dérangées par les petits tracas de la vie.  Sœur Émilie Maddix, une ancienne de la petite école de Saint-Gilbert, possède, sans effort, ces traits respectueux.

Accompagnée de sa perpétuelle foi en Dieu, suivant avec fidélité ses messages et signes, sœur Émilie a un vécu tout à fait exceptionnel et fascinant.

Petite fille, elle a grandi dans la maison de Joseph et de Lucie (Arsenault) Maddix dans une maison où il y avait douze enfants.  Elle conserve de bons souvenirs de sa jeunesse.  Dans ces années, elle a développé un certain talent pour l’enseignement, car elle était capable de faire apprendre la matière à ses frères qui n’écoutaient que rarement dans la salle de classe.

«Mes frères aînés Adolphe, Emmett et Raymond, n’étaient pas tellement intéressés par la petite école.  Il y en avait toujours un qui était responsable du feu.  Il faisait exprès de faire du bruit pour faire enrager la maîtresse!  En tous les cas, ma tâche dans la famille c’était de leur faire apprendre la matière; il semblerait que j’avais un certain don pour l’enseignement!», raconte sœur Émilie pour rire.

Malgré l’attachement à son village natal, l’amour d’apprendre a fait en sorte qu’elle est allée à Miscouche afin de faire ses 10e, 11ee et 12e années.  Pensionnaire au Couvent de Miscouche, elle a été impressionnée par ses institutrices sœur Louise Gallant, sœur Antoinette DesRoches, mais surtout sœur Georgina Doiron de Rustico qui expliquait tellement bien que c’était facile à comprendre.

«J’ai adoré mes années à Miscouche et je crois que quelque part, ces années ont certainement été marquantes dans mon choix de la vocation religieuse», souligne-t-elle. 

Elle n’est pas immédiatement entrée au noviciat cependant, et a passé une année à l’école normale à Havre-aux-Maisons, aux Îles-de-la-Madeleine, avec d’autres femmes de l’Île comme Erma (Gallant) Arsenault et
Marie (Arsenault) Bernard.  L’objectif était de devenir enseignante.  Après seulement une année et son brevet en main, elle a commencé à faire la classe.

«J’ai bien aimé enseigner à la petite école d’Abram-Village pendant une année et ensuite, j’ai décidé d’entrer à la congrégation Notre-Dame à Beauport, Québec», rappelle sœur Émilie.  «Je savais qu’à l’intérieur de moi, il y avait quelque chose qui me travaillait l’esprit.  Même à l’âge de 16 ou 17 ans, je ne pensais pas devenir religieuse, mais finalement, c’est là que je me suis trouvée et j’ai été bien heureuse.»

Une fois ses vœux prononcés en 1964, Émilie Maddix a été envoyée à nouveau aux Îles-de-la-Madeleine où elle a enseigné pendant un an.  L’année suivante, elle est revenue à l’Île-du-Prince-Édouard pour enseigner un an à Rustico et ensuite à Miscouche pendant quelques années.

Durant les années suivantes, elle a voyagé un peu partout dans l’est du Canada pour enseigner ou pour suivre des cours pour parfaire ses domaines d’intérêts.

Vers la fin des années 1970, elle est devenue professeure à l’Université de Moncton afin de montrer aux enseignants en formation comment enseigner la catéchèse.  

D’ailleurs, sœur Émilie a donné cette formation à des enseignants francophones à l’Î.-P.-É. et a œuvré un certain temps au Centre Goéland à ses tout débuts.

Années en Afrique

Toujours ouverte à l’aventure et aux expériences de vie enrichissantes, sœur Émilie a accepté d’aller enseigner à Douvangar, au nord du Cameroun, en 1979.  À cet endroit, il y avait une équipe de religieuses déjà en place et elle a continué de faire apprendre aux futures enseignantes africaines les bonnes méthodes pour enseigner la catéchèse.

Sa compagne de mission était sœur Gilberte Bussière du Québec qui faisait le même travail.  Cette dernière a été beaucoup dans les médias récemment, car elle a été kidnappée par des rebelles islamiques.  Heureusement, elle a été libérée dans les dernières semaines après 52 journées de captivité.

«J’ai eu la chance de parler à sœur Gilberte après son retour et même si elle avait perdu du poids, elle allait bien», mentionne sœur Émilie.  «Je me suis toujours sentie en sécurité lorsque j’étais là-bas.  Nous étions dans une région qui était relativement paisible et les gens étaient heureux de nous recevoir.»

De 1979 à 1986, sœur Émilie a habité au Cameroun.  Un des moments les plus forts pour elle a été le développement d’un projet pour creuser des puits pour des sources d’eau.  Avant la réalisation de ce projet, les femmes africaines devaient marcher 20 kilomètres tous les jours pour chercher de l’eau.  

«Je les voyais ou entendais partir à 4 h du matin; c’était affreux.  C’était très spécial une fois que des puits ont été installés; elles ne pouvaient pas nous remercier assez», ajoute-t-elle.  

Ses futures traces seront à Lac mégantic 

En 1986, sœur Émilie a été gravement atteinte par la malaria et son docteur lui a dit de ne jamais retourner en Afrique.  Après avoir passé huit années au Québec et 10 années à Saint-Louis-de-Kent, au Nouveau-Brunswick, elle a de nouveau consulté un médecin, qui lui a dit qu’elle n’était plus malade.  Elle est retournée en Afrique en 2007 pour y vivre à nouveau jusqu’en septembre 2013.  

Maintenant, après s’être reposée un peu dans les derniers mois, elle se prépare pour entamer son prochain défi : Lac Mégantic.  «J’avais rencontré une dame de Lac Mégantic qui était tellement triste et qui nous avait demandé de faire une neuvaine pour eux», explique sœur Émilie.  

«Rendu au 7e ou 8e jour de nos prières, je me suis rendue compte qu’il fallait que je sois là.  Comme de fait, ils avaient besoin d’une présence religieuse, donc je commence mon séjour là-bas le 15 août prochain.»

Son rôle sera d’assurer une présence constante pour aider les familles à supporter la perte de leurs êtres chers ainsi que de leur ville.  Souvent, des conseillers entrent pour offrir une session, mais quittent le lendemain ; ils ont besoin d’une présence tous les jours et avec l’expérience de vie que possède sœur Émilie Maddix, la ville n’aurait pas pu choisir une meilleure personne.


Sr. Émilie Maddix avec ses frères et sœurs qui étaient présents à la Fête.  De la gauche : Jeanne, Emmett, Doris, Charlie, Sr. Émilie, Ernest, Zita et Rina.


Sr. Émilie Maddix (milieu) entourée de ses sœurs Jeanne, Doris, Zita et Rina.




Sr. Émilie tient fièrement un encadré qui a été béni par le Pape.  


Les curés, de la gauche, Éloi Arsenault, Eddie Cormier et Charles Gallant ont co-célébré lors de la célébration de 50 ans de vie religieuse pour Sr. Émilie Maddix. 


Sr. Émilie Maddix lors du renouvellement de ses voeux à Baie-Egmont.


Accompagnée de ses parents, Lucie (Arsenault) et Joseph Maddix, Sr. Émilie Maddix a obtenu ses premiers voeux religieux en 1964.

- Par Nick Arsenault 

L'Île-du-Prince-Édouard en images