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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 22 janvier 2014
En juin 2013, les quatre premiers ministres des provinces de l’Atlantique ont lancé une initiative panatlantique de consultation et de recherche sur les impacts de la réforme de l’assurance emploi sur les citoyens de la région.  

Au cours de réunions qui se déroulent présentement dans les quatre provinces de l’Atlantique, cinq modifications entrées en vigueur l’an dernier sont plus particulièrement à l’étude.

1- Introduction de l’initiative de jumelage des travailleurs et des emplois disponibles.

2- Modifications au projet pilote sur le travail pendant une période de prestations.

3- Expiration du projet pilote relatif aux 14 meilleures semaines de rémunération.

4- Expiration du projet pilote sur la prolongation de la période de prestations d’assurance-emploi.

5- Changements à la procédure d’appel relative à l’assurance-emploi et création du nouveau Tribunal de la sécurité sociale.

Quatre réunions ouvertes au public ont eu lieu à l’Île, à Tignish, Summerside, Montague et Charlottetown.  À Summerside, le 14 janvier dernier, plusieurs personnes ont, en leur propre nom et au nom des organismes et syndicats qu’elles représentent, dénoncé les changements.  

«Je suis propriétaire d’un restaurant saisonnier très populaire à Summerside.  Chaque année, j’emploie jusqu’à 40 personnes.  Pour les serveurs et serveuses, je peux embaucher de nouvelles personnes, mais depuis 15 ans, je comptais sur une équipe de cuisine stable et compétente, qui assurait, année après année, que je pouvais maintenir mes items vedettes au menu.  Cet hiver, à cause de l’obligation pour eux de trouver un emploi, j’ai perdu deux membres de mon équipe de cuisine.  Ça veut dire que je ne pourrai pas offrir mon poisson pané à la main et que je vais sans doute perdre des clients, à cause de ça», dit une restauratrice.  

En présentant son cas, elle a mentionné qu’elle était loin d’être la seule dans cette situation : «Il y a des dizaines d’autres entreprises saisonnières comme la mienne, qui ne voudront pas investir pour former des employés, car les chances sont qu’ils ne reviendront pas l’année suivante», dit la dame.  

Pour la Fédération des travailleurs de l’Île, les impacts de ces changements sont réels.  «L’an dernier, au même moment, il y avait huit chercheurs d’emploi pour chaque emploi disponible.  Cette année, ces statistiques sont de 15,5.  Il y a donc deux fois plus de personnes qui cherchent un emploi que l’an dernier à pareille date.  Et la réforme n’a pas créé des emplois pour ces gens-là», a expliqué Carl Percy, le président de la Fédération.  

Selon ce dernier, aucun des changements entrés en vigueur au début de 2013 n’aurait dû être fait et il demande que toutes les nouvelles mesures soient renversées.  

Ces changements sont imposés par le gouvernement fédéral qui, comme on l’a appris grâce aux situations exposées sur le travail au Centre fiscal de Summerside, est un très grand utilisateur du système d’assurance-emploi, car il embauche de plus en plus de contractuels.  

Une dame est venue présenter son cas.  Travailleuse saisonnière comme signalisatrice sur les chantiers de construction routiers, elle a perdu son emploi durant l’été lorsque son employeur est mort d’une crise cardiaque.  Il lui manquait des heures pour avoir droit aux prestations et depuis, elle vivote.  «J’ai faim, je ne dors plus.  Je suis inquiète.  Je suis allée voir toutes les agences qui pouvaient m’aider avec leurs programmes, mais parce que je n’ai pas assez de semaines de prestation devant moi, je ne peux pas y participer.  Ça m’aiderait pourtant à améliorer ma vie et mes qualifications.  Je n’ai pas le droit d’y participer», a-t-elle expliqué, frustrée par le ridicule des règles et des critères qui ne tiennent pas compte des besoins des personnes.  

Les réunions tenues partout en Atlantique ont attiré relativement peu de personnes, mais ce n’est pas la seule manière de communiquer avec la commission.  Un document de travail peut être téléchargé au http://cap-cpma.ca/images/FR_Document%20de%20travail.pdf et on peut communiquer avec la commission.  Par écrit (maximum de cinq pages) d’ici le 31 janvier 2014, au ÉCette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..  Également, d’autres mesures étaient en place, mais les dates limites pour y participer sont déjà dépassées. 

Par Jacinthe Laforest

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