FacebookTwitterRSS

 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 14 novembre 2018

Évangéline Gallant habite au Chez-Nous depuis huit ans. Elle y connait tout le monde et elle espère que lorsque le temps viendra, elle pourra rester parmi ses amis.  Le directeur de l’établissement, Edgar Arsenault, va tout faire pour que ce soit possible.   

Tel que prévu dans le budget du printemps 2018, le gouvernement provincial est allé de l’avant et vient d’annoncer l’attribution de 100 lits de soins de longue durée.  Cinquante lits ouvriront cet automne et 50 lits devraient accepter leurs premiers locataires en juin 2019.  C’est dans cette cohorte de juin 2019 que se situent les 12 lits de longue durée attribués au Chez-Nous, la coopérative de soins communautaires établie à Wellington depuis plus de 25 ans. 

«Je suis content, c’est vrai, mais je pense que les résidents à qui j’ai annoncé la nouvelle sont encore plus contents que moi», a indiqué Edgar Arsenault, le directeur de l’établissement, au lendemain de l’annonce par le gouvernement. 

«On avait des indications que notre dossier serait retenu, mais on n’est jamais sûr de rien.  De toute façon, on est prêt.  On a les plans, la terre, et l’on est prêts à passer aux autres étapes, les appels d’offres et le financement», a insisté Edgar Arsenault. 

Évangéline Gallant habite au Chez-Nous depuis que son mari est mort.  «Avant de mourir, il a passé un an et demi au Chez-Nous.  Je venais le voir chaque jour et j’en profitais pour faire le tour, et donner un coup de main.  Quand il est mort, j’étais seule, alors je suis venue vivre ici.  Je suis encore bien pour mon âge, mais je sens que je perds des forces.  Je ne voulais pas être envoyée ailleurs, parmi des gens que je ne connais pas.  Quand Edgar m’a dit pour les lits de manoir, ça m’a soulagée», a décrit la dame qui est maintenant âgée de 89 ans et demi.

Toujours en évolution

Au cours des 25 dernières années, Le Chez-Nous a connu plusieurs poussées de croissance.  De 25 lits au départ, il y en aura 60 à compter de juin 2019.   

En 2012, dans l’espoir d’obtenir un permis pour exploiter des lits de soins de longue durée, les dirigeants de l’établissement avaient agrandi en ajoutant une aile de 12 lits dans des chambres simples correspondant aux normes des soins de longue durée.  Présentement, ces chambres sont occupées par des résidents qui ne requièrent pas de soins 24 heures sur 24.  Pour le moment, cela ne changera pas. 

Les nouveaux permis d’exploitation seront attachés à la toute nouvelle aile dont la construction est évaluée à 1,5 million de dollars.  Cette nouvelle aile sera construite vers l’est, relativement proche de la route principale.  En plus des chambres proprement dites, elle comporte une salle commune dotée de fenêtres donnant sur la route.  «Lorsqu’on a agrandi la dernière fois, on a dû sacrifier notre baie vitrée et les résidents s’ennuient de pouvoir surveiller le trafic.  On en a profité pour réaménager une belle fenêtre», a précisé Edgar Arsenault. 

Ce dernier décrit la prochaine étape de développement comme un pas de plus vers la mise sur pied d’un centre communautaire pour les aînés de la région Évangéline, et pas seulement pour les résidents.  «J’ai vu cela dans d’autres provinces, où des résidences deviennent des centres d’activités pour l’ensemble de la communauté.  Nous allons aménager l’espace pour rendre cela possible et on prendra les étapes une à la fois», a indiqué le directeur général. 

Ressources humaines 

Pour être capable d’exploiter 12 lits de soins de longue durée, le Chez-Nous devra embaucher cinq infirmières qui assureront les soins 24 heures sur 24 sept jours par semaine et 365 jours et un quart par année.  «Notre responsable des ressources humaines va entrer en fonction le 19 novembre.  Idéalement, j’aimerais que toute notre équipe soit en place deux mois avant l’arrivée des premiers locataires.  On sait que ce sera un défi et qu’on ne pourra pas compter seulement sur la région Évangéline pour nous fournir nos employés.  On est prêts à aller à l’international», a indiqué Edgar Arsenault. 

La nouvelle construction prévoit par ailleurs un deuxième étage où une aire de vie sera aménagée, justement pour le personnel.  «Lorsqu’on annonce une tempête l’hiver, il arrive que nos employés rentrent la veille, ou qu’ils ne puissent pas s’en aller le soir.  À l’heure actuelle, ils couchent un peu partout, dans des sacs de couchage.  On a pensé à eux et ils auront un espace avec des lits, une cuisinette, salle de bain, internet, télé, etc., pour qu’ils puissent profiter d’un peu de confort.  On est chanceux d’avoir des employés dévoués, on veut bien les traiter».

Classification de 1 à 5

Au fur et à mesure que les années passent, le corps donne des signes d’affaiblissement.  Cela entraine une perte graduelle d’autonomie que le gouvernement provincial a classé sur cinq niveaux.  Au niveau 1, les gens peuvent vivre chez eux, du moment qu’ils ont un peu d’aide.  Aux niveaux 2 et 3, les personnes ne peuvent pas vivre seules, mais elles ne sont pas malades.  À ces niveaux là, les personnes peuvent réserver leur place dans la résidence de leur choix. 

Lorsque la personne atteint les niveaux 4 ou 5, c’est le gouvernement provincial qui supervise le placement, en tenant compte de la préférence de la personne et d’autres facteurs médicaux et familiaux. 

«Ce n’est pas nous qui décidons, mais nous souhaitons que nous puissions, autant que possible, garder nos francophones.  Il y en a en ce moment dans plusieurs foyers à 45 minutes ou une heure de route d’ici.  Ils pourraient demander un transfert, mais ça implique un nouveau déménagement.  Ce n’est pas bon pour les personnes vieillissantes de déménager trop souvent.  Ça affecte leur santé et leur niveau d’énergie.  Avec nos nouveaux lits, nous pourrons éviter des déracinements aux personnes et à leur famille», a indiqué Edgar Arsenault. 

Le 15 novembre, le conseil municipal de Wellington se réunira pour changer le zonage de la terre qui supportera la nouvelle aile.  Le dimanche 18 novembre, il y aura une rencontre porte ouverte au Chez-Nous pour que les gens puissent venir voir les plans, et poser leurs questions.




Évangéline Gallant se réjouit de savoirqu’elle n’aura pas besoin de déménager loin de sa communauté lorsqu’elle aura besoin de soins 24 h sur 24.

- Par Jacinthe Laforest
Banner

L'Île-du-Prince-Édouard en images