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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 6 novembre 2018

Le sondage est en ligne sur le site Web de la CNPF au www.cnpf.ca.

La Commission nationale des parents francophones (CNPF), comme son nom l’indique, travaille surtout pour et avec des parents francophones de partout au pays.  Dans bien des cas, le parent francophone est en couple avec un parent anglophone, dans ce qu’on appelle une famille exogame. 

«C’est un sujet de préoccupation pour nous à la CNPF d’autant plus que le phénomène s’amplifie.  Selon les plus récentes statistiques dont nous disposons, 66 % des enfants francophones au Canada seraient issus de familles exogames.  On ne peut pas ne pas tenir compte des parents anglophones», insiste Jean-Luc Racine, directeur général de la CNPF. 

Dans un couple «exogame» anglais français, une des décisions les plus difficiles à prendre est le choix d’une école pour l’enfant.  «J’ai entendu des gens dire que tout allait bien dans leur couple, jusqu’à ce que la question de l’école ait été abordée.  C’est une source de conflit et de tension, et peu importe la décision, l’un des parents a un deuil à faire», analyse Jean-Luc Racine. 

Le parent francophone qui voit son enfant prendre le chemin d’une école «anglophone» fait un deuil, tout comme le parent anglophone qui accepte que son enfant aille à l’école française.  «La maman ou le papa anglophone ne sera pas capable d’aider l’enfant pour les devoirs ni de l’accompagner pleinement dans son apprentissage.  C’est aussi un deuil», décrit Jean-Luc Racine. 

De la même manière que la CNPF aide le parent francophone dans sa quête, la CNPF sent maintenant le besoin d’appuyer le parent anglophone dans son cheminement.  C’est d’autant plus important, dit la CNPF, que le parent anglophone joue un grand rôle dans le choix d’un élève du secondaire de poursuivre ses études en français ou non. 

«Les jeunes nous ont souvent dit dans le passé que l’encouragement de leur parent anglophone à continuer en français a été déterminant pour eux, encore plus que l’encouragement de leur parent francophone.  Un jeune nous a dit que ce qui l’a convaincu de maintenir son français, c’est de voir son père faire des efforts pour parler en français à la mère de sa femme.  Le rôle et l’influence du parent anglophone sont déterminants dans les choix que les enfants feront», poursuit Jean-Luc Racine. 

Comme si les parents anglophones attendaient avec impatience l’occasion de parler de leur réalité, ils ont très rapidement découvert le sondage mis en ligne par la CNPF, un sondage qui s’adresse spécifiquement à eux.  «Nous sommes très contents.  Nous sommes le 31 octobre, et en six jours, depuis la mise en ligne, nous avons reçu 260 réponses.  Le sondage sera en ligne jusqu’au 9 novembre.  Il s’adresse spécifiquement aux parents anglophones et pour cette raison, il est rédigé en anglais.  D’ici quelques semaines, nous allons aussi tenir trois rencontres de type “groupe focus”, une en Colombie-Britannique, une en Ontario et l’a dernière en Nouvelle-Écosse», rappelle Jean-Luc Racine.

Autant les résultats du sondage, que les discussions en groupe vont aider la Commission nationale des parents francophones à concevoir des outils, et des stratégies pour inclure davantage les parents anglophones dans le projet d’éducation en français de la famille dont ils font partie intégrante. 

«Les outils dont nous disposons maintenant sont désuets pour la plupart.  Nous voulons tirer avantage des technologies pour véritablement aider les parents anglophones.  À l’Île-du-Prince-Édouard, vous avez le modèle Voir Grand, que nous suivons avec intérêt.  Vos efforts pour intégrer les parents anglophones ne passent pas inaperçus.  Nous voulons construire sur ces initiatives pour faire en sorte que les parents anglophones se sentent inclus et valorisés», soutient Jean-Luc Racine. 

- Par Jacinthe Laforest

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