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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 31 octobre 2018
Lors de sa 99e assemblée générale annuelle, le 27 octobre au Centre Belle-Alliance, la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA) a été investie par ses membres d’un mandat concernant le dossier de la petite enfance.  «Chaque année, j’ai des demandes pour une vingtaine de bambins francophones, et je dois en refuser les deux tiers parce que j’ai seulement six places.  Mon permis d’exploitation de 50 places est limité à six places de bambins.  Même si j’ai seulement 12 ou 30 enfants, je ne peux pas avoir plus que six poupons», a expliqué Elaine Vachon, directrice du Centre de la petite enfance Le Jardin des Étoiles, à Summerside. 

Sans être contre les règles, qui sont là pour des raisons évidentes, elle déplore que ces règles agissent comme un frein au développement de la francophonie de l’Île.  La province ne semble pas comprendre que l’impact de cette règle, pour la communauté francophone, est autrement plus grave que dans la communauté anglophone.  Pour les parents anglophones, si un CPE est plein côté bambins, un autre aura des places. 

«En français, si moi je n’ai pas de place et si le parent ne trouve pas une garderie en français, l’enfant passera toutes ses journées en anglais, à une période cruciale de son développement.  Et bien souvent, si une place devient disponible au CPE chez les 3 ans ou 4 ans, les parents vont décider de laisser leur enfant dans la garderie qu’il connaît.  On les perd.»

La désobéissance civile serait-elle la solution?

Edgar Arsenault dirige un centre pour les personnes âgées.  Il respecte les règles à la lettre et ne ferait jamais rien qui pourrait compromettre la capacité de son institution à fournir d’excellents services.  Quand il a besoin d’agrandir son centre, il prend les mesures appropriées pour agrandir et embaucher le personnel nécessaire, qu’il paie aussi bien qu’il le peut, pour le conserver.

En petite enfance, les salaires (insuffisants) sont fixés par la province, de même que les prix que les parents paient.  Selon Elaine Vachon, la raison pour laquelle le gouvernement limite à six le nombre de places de poupons, c’est pour ne pas être obligé de payer plus que deux salaires d’éducatrices.  «Dans la section des poupons, il faut une éducatrice pour trois poupons.  Ce n’est pas rentable, mais c’est essentiel», indique Elaine Vachon.

Edgar Arsenault maintient qu’en petite enfance, les règles du gouvernement provincial nuisent à l’épanouissement de la francophonie à l’Île.  «Moi, je ne veux pas sauver seulement six bébés par année, je veux sauver les 20 enfants qui sont sur les listes.  Donc, on aménage un local, on accepte tous les poupons qu’on peut avec le personnel que nous avons, et nous embauchons un bon avocat pour faire valoir à la province que son système ne marche pas pour les francophones et qu’il faut le changer, ou qu’on nous laisse créer notre propre système», a insisté Edgar Arsenault. 

Emile Gallant, président de la Commission scolaire de langue française, a lui aussi insisté.  «Ce n’est pas suffisant que la petite enfance soit “une” priorité.  Il faut que ce soit “la” priorité.»

Et de fait, lors de sa réunion du 18 septembre dernier, le Réseau des développeurs, qui réunit les présidents et les DG des organismes provinciaux et régionaux, a placé le dossier de la petite enfance tout en haut d’une très courte liste de priorités d’action, à l’intérieur du Plan de développement conjoint scolaire et communautaire qui devrait nous mener jusqu’en 2027. 

Nouveau conseil d’administration

La nouvelle présidente de la SSTA est Colleen Solterman, qui était absente lors de l’AGA.  Le vice-président est Ghislain Bernard.  Ils succèdent respectivement à Guy Labonté et Gilles Benoit.  Le poste de secrétaire-trésorier reste à combler.

- Par Jacinthe Laforest

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