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Le 31 octobre 2018
De nombreuses municipalités, dont Wellington et Abram-Village n’avaient pas assez de candidatures pour pourvoir tous les postes du conseil municipal à la date butoir du 19 octobre dernier.  Leur période de nomination électorale a été prolongée d’une semaine, mais cela semblerait ne pas être une solution absolue. En date du vendredi 26 octobre, les conseils des municipalités de Darlington, Malpeque Bay, Wilshire Nord, Souris Ouest et Warren Glove étaient encore incomplets d’au moins un conseiller.  Wellington était la seule municipalité à ne pas avoir de candidat à la mairie. 

Outre Charlottetown, Summerside, Cornwall et Stratford, 18 municipalités auront des élections le 5 novembre.  Dans les 35 municipalités restantes, les conseils avaient juste le bon nombre de candidats et ont été élus par acclamation. 

Manque de relève

Dans Abram-Village, maire et conseillers ont été élus par acclamation à la suite de la période d’extension.  «On a un bon conseil, qui demeure le même.  Ça aurait pu être bien que des nouveaux se présentent, mais ça n’a pas été le cas», constate le maire réélu, Roger Gallant. 

La situation est différente dans Wellington, où le maire et cinq des six conseillers ont choisi de laisser la place à d’autres, après avoir siégé pendant plusieurs années.  «Mais la communauté compte environ 400 personnes, ça n’est pas un gros bassin et les gens sont souvent déjà impliqués ailleurs.  On a une vingtaine d’organismes dans la région qui ont aussi besoin de monde», observe le directeur du Conseil scolaire-communautaire Évangéline, Nick Arsenault. 

Si les six postes de conseillers ont été comblés dans Wellington, c’est grâce une campagne porte-à-porte afin de convaincre des intéressés à se présenter. 

Un système qui demande plus de mobilisation

Nick Arsenault aurait aimé que les municipalités en fasse davantage pour promouvoir le rôle de conseiller municipal, et encourager la population à s’impliquer.  La nouvelle Loi sur l’administration municipale, entrée en vigueur en décembre 2017, prévoit davantage de rôles pour les municipalités.  Elle rend aussi obsolètes les réunions électorales spéciales et augmente les formalités administratives. 

«Ça rend les élections municipales plus publiques, moins cachées», estime Nick Arsenault.  «Mais il faut faire plus de publicité, je pense que les gens sont encore un peu mêlés avec le nouveau système». 

L’un des objectifs est effectivement d’ouvrir les portes à davantage de candidats.  «On voulait remédier à des inquiétudes entendues, comme les gens qui ne voulaient pas aller voter de peur de devoir se présenter comme candidats une fois sur place, ou ceux qui ne pouvaient pas voter parce qu’ils n’étaient pas disponibles le jour de la réunion électorale.  Aussi, ceux qui pouvaient avoir peur de se présenter parce qu’ils sentaient que les choix étaient déjà faits, ils n’ont plus à subir cette atmosphère-là», explique la directrice des affaires municipales de l’Î.-P.-É., Samantha Murphy. 

Plusieurs municipalités ont parlé des postes à pourvoir dans leurs infolettres ou sur les réseaux sociaux, mais dans Évangéline, c’est plutôt silence radio.  «La nouvelle structure est correcte pour les grosses municipalités, mais pour nous, ça peut représenter un gros stress», estime Roger Gallant. 

Pour le maire sortant de Wellington, Alcide Bernard, il était temps de laisser la chance à d’autres, après son mandat de quatre ans.  Et si personne ne se présente? «C’est la prérogative du ministre de nommer quelqu’un», estime-t-il.  Pour être éligible, ce candidat devra être citoyen canadien, avoir au moins 18 ans et avoir résidé dans la municipalité pendant au moins six moins avant la date des élections. 

Une autre solution est envisageable, tel que prévu dans la nouvelle Loi sur l’administration municipale.  «Le ministre peut également recommander au lieutenant-gouverneur et au conseil que la municipalité soit restructurée, comme indiqué dans une autre partie de la “Municipal Government Act (MGA)”», peut-on lire sur le site web du gouvernementprovincial. 

Ce fut notamment le cas pour le regroupement de «Three Rivers», approuvé en septembre dernier, faisant de cette municipalité la quatrième plus grande de la province.  Les discussions d’un regroupement pour la région Évangéline sont sur la table depuis quelques mois.  «Je suis en faveur de l’idée de fusion, mais il ne faut pas forcer les choses.  Je crois que ça devrait se faire naturellement, peut-être au cours de l’année», estime Alcide Bernard. 

Nick Arsenault croit aussi qu’il serait dommage de précipiter la fusion.  «Nous, on voit que ça aiderait à unifier, à officialiser la région d’Évangéline.  Ça donnerait une voix aux villages qui ne sont actuellement pas représentés au municipal, et qui doivent adresser leurs requêtes directement au provincial.  Mais cela doit se faire d’un accord commun», estime le directeur du Conseil scolairecommunautaire Évangéline.  «Ça pourra améliorer la gouvernance locale.  Idéalement, on veut des gens qui ont envie de siéger au Conseil municipal», conclut-il. 

Pour la directrice des affaires municipales de l’Î.-P.-É., Samantha Murphy, chaque situation est unique est sera traitée comme telle.  Les régions qui ne parviennent pas à combler leurs conseils municipaux pourront discuter de la meilleure manière pour eux de mener à bien leur mission. 

- Par Ericka Muzzo

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