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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 30 octobre 2018

Le président de la CSLF, Emile Gallant (à droite), représente l’Î.-P.-É. sur le conseil d’administration de la FNCSF. Il a également été élu vice-président pour l’Atlantique.  (Photo : Janine Gallant)

Le thème de la petite enfance était à l’honneur au 28e congrès annuel de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), du 18 au 20 octobre dernier, à Halifax.  Ce fut l’occasion pour les intervenants du milieu de se rencontrer, et de réaliser que les défis auxquels font face nos organismes sont souvent partagés avec les autres provinces. 

«L’Île-du-Prince-Édouard a beaucoup été nommée, même si c’est l’une des plus petites provinces.  Pour nos défis, mais aussi pour les bonnes pratiques, notamment pour le bon travail que fait la Fédération des parents de l’Î.-P.-É.», rapporte la secrétaire et trésorière de la Commission scolaire de langue française (CSLF) de l’Île, Janine Gallant.  Elle-même est nouvelle à la CSLF, mais travaille dans le milieu de la petite enfance depuis longtemps.  Cette rencontre annuelle lui a permis de constater que les défis rencontrés sont souvent identiques ailleurs, et pas insurmontables. 

L’union fait la force

En Nouvelle-Écosse notamment, la prématernelle en français est offerte gratuitement via le programme Grandir en français.  «Ça encourage beaucoup plus de jeunes à participer et ça leur donne une année complète d’exposition au français avant de commencer la maternelle», constate Janine Gallant. 

La CSLF affirme travailler de très près avec l’Association des centres de la petite enfance francophone de l’Î.-P.-É. (ACPEFÎPÉ).  «Dans certaines provinces, les commissions scolaires ont pris en main les 4 ans, et considèrent le faire pour tout le système de maternelle.  Nous, on travaille pour que les six CPE soientgérés par l’ACPEFÎPÉ d’ici la fin mars», rapporte le président de la CSLF, Emile Gallant.  Quatre des six CPE sont actuellement sous l’égide de l’Association. 

Celui qui en était à sa sixième ou septième participation au congrès annuel constate lui aussi que les obstacles sont les mêmes ailleurs : «Manque de ressources, problèmes de financement avec la province, manque d’employés francophones», énumère M. Gallant.  Les besoins des francophones sont différents de ceux des anglophones de la province, raison pour laquelle la CSLF a été créée, et plus récemment l’ACPEÎPÉ, afin de défendre les institutions francophones auprès des paliers gouvernementaux. 

«La meilleure méthode, c’est de faire connaître nos défis et de négocier au national.  C’est important que l’argent soit donné aux bons organismes à l’Île, ceux qui connaissent les besoins des francophones», souligne Janine Gallant.  Le congrès de la FNCSF est une occasion de sensibiliser le Fédéral à cet enjeu. 

L’identité culturelle au précongrès

La commissaire Darlene Arsenault a tenu à arriver le jeudi pour aborder le thème des adolescents.  «On a tous le même problème, les francophones en situation minoritaire : comment engager les jeunes au niveau de la langue et de la culture, et s’assurer qu’ils ne vivent pas l’assimilation sans s’en apercevoir. On doit travailler ensemble pour trouver des solutions et redonner plus de fierté aux jeunes par rapport au français», constate-t-elle. 

Celle qui a enseigné dans quatre écoles différentes au cours de ses 32 années en tant que professeure aimerait davantage de concertation entre les communautés acadiennes et francophones.  «Mais les organismes sont débordés, et tout le monde est éparpillé à travers l’Île», concède-t-elle.  Le cercle est vicieux, et pour le briser, il faudra ce que tous demandent depuis longtemps déjà : plus de ressources. 

- Par Ericka Muzzo 

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