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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 6 septembre 2018
Le premier ministre Justin Trudeau a dévoilé mardi dernier les lettres de mandats ministériels découlant du remaniement de juillet dernier.  Lors de ce remaniement, rappelons-le, la ministre Mélanie Joly s’est fait retirer le ministère du Patrimoine canadien qu’elle détenait depuis l’élection de 2015, pour recevoir un trio de portfolio : Tourisme, Langues officielles et Francophonie. 

Dès l’annonce que les Langues officielles paraissaient sortir du giron naturel du Patrimoine canadien, les intervenants francophones du pays ont haussé les sourcils, craignant que cela n’occasionne de la confusion, des dédoublements et des longues parties de ping-pong qui retarderont la mise en œuvre du Plan d’action sur les Langues officielles. 

La Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada comptait sur les lettres de mandats pour clarifier les relations entre les deux ministères.

C’est bel et bien la ministre Mélanie Joly qui poursuivra la mise en œuvre du Plan d’action pour les langues officielles qu’elle avait reçu le mandat d’élaborer en 2015, lors de sa nomination à Patrimoine canadien. 

«C’est elle qui va rester notre principale interlocutrice, en matière de langues officielles», a informé Alain Dupuis, directeur général de la FCFA du Canada. 

Cela étant dit, plusieurs choses doivent être précisées.  Premièrement, le ministère du « Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie » n’existe pas physiquement.  Mélanie Joly s’est vue confier trois portfolios dont elle est responsable, mais qui sont toujours logés dans leur ministère d’origine, avec leurs employés.

Pour les Langues officielles, toute l’infrastructure et les ressources humaines restent à Patrimoine canadien.  Pour le Tourisme, l’infrastructure fait partie du ministère de l’Innovation, Sciences et Développement économique Canada.  La Francophonie quant à elle, relève d’Affaires mondiales Canada. 

Pour son propre bureau ministériel, Mélanie Joly a entre autres un chef de cabinet, une directrice des politiques, une directrice des communications, et elle a également une sous-ministre. 

Selon la directrice des communications, Sandra Aubé, Mélanie Joly a très à cœur le dossier du Plan d’action sur les langues officielles, et tout le personnel qui l’entoure est très au fait du dossier. 

Selon Mme Aubé, le remaniement ministériel de juillet ne devrait pas avoir occasionné de retards dans la mise en œuvre des mesures prévues au Plan d’action.  Un remaniement n’empêcherait pas les fonctionnaires de faire progresser les dossiers vers leur approbation ministérielle. 

Alain Dupuis, cependant, croit que certains retards ont été enregistrés dans le versement des sommes liées à la bonification annoncée dans le Plan d’action.  « Cela a retardé de quelques semaines et c’est vrai que les chèques ne sont pas sortis.  Nous avons rencontré le directeur des Langues officielles (à Patrimoine canadien) tout récemment et on nous dit que nos organismes pourraient recevoir leur financement de base en septembre », a soutenu le directeur général. 

Alors que les organismes porte-paroles de la francophonie canadienne attendent leur financement de base, un autre groupe attend aussi impatiemment que la ministre Joly commence à livrer les promesses du Plan d’action, notamment, en ce qui a trait à l’appui aux journaux francophones en situation minoritaire. 

Ces journaux, et l’organisation qui les regroupe comptaient que le programme de subvention à l’emploi de type Jeunesse Canada au Travail du Plan d’action (4,5 millions $ sur cinq ans) serait opérationnel en juillet pour lancer le recrutement, afin que les stages commencent en septembre. 

« Nos dossiers étaient sur le bureau de la ministre Joly et attendaient sa signature.  Nous venons d’apprendre qu’ils sont signés depuis vendredi dernier », explique Linda Lauzon, directrice générale de l’Association de la presse francophone (APF). 

Les journaux qui désiraient profiter de ce programme, dont La Voix acadienne fait partie, attendaient patiemment pour recruter, mais hésitaient à signer des contrats, tant que le financement n’était pas officiellement approuvé.  Deux autres volets du Plan d’action destinés aux journaux communautaires francophones sont également retardés, dont un fonds stratégique de 10 millions de dollars sur cinq ans. 

Pour Linda Lauzon, pour que ce fonds soit opérationnel en avril 2019 comme prévu, on doit sans tarder élaborer les paramètres de son utilisation, identifier les domaines prioritaires, etc.  « On veut pouvoir planifier judicieusement l’utilisation de ces fonds.  Ça ne peut pas attendre à la dernière minute », a indiqué Mme Lauzon. 

La Société Saint-Thomas-d’Aquin a bien accueilli le fait que Mélanie Joly ait conservé les langues officielles.  «Le fait que Mélanie Joly garde la responsabilité de la mise en œuvre du Plan d’action pour les langues officielles et de la modernisation de la Loi sur les langues officielles permettra d’assurer une continuité.  La SSTA surveillera de près comment l’attribution de ces responsabilités se traduit au niveau des infrastructures et des ressources dédiées à la gestion de ces dossiers», a indiqué le président de la SSTA, Guy Labonté. 

Le dossier de la modernisation de la Loi sur les langues officielles ne manque par ailleurs pas d’importance, alors que cette législation aura 50 ans le 7 septembre 2019.  La ministre Joly a reçu le mandat de pré-parer les festivités entourant le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles et de «commencer un examen» dans le but de moderniser la Loi sur les langues officielles. 

Elle a aussi reçu l’ordre d’établir un service en ligne gratuit d’apprentissage et de maintien du français et de l’anglais comme langue seconde, comme le souhaitait feu Mauril Bélanger, C.P., qui avait mis cette idée de l’avant. 

- Par Jacinthe Laforest

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