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Le 19 juin 2018

Roxane Carter-Thompson, présidente du Conseil consultatif sur la réduction de la pauvreté, et Paula Gallant, consultante embauchée par le Conseil pour gérer les conversations publiques.

Le gouvernement provincial cherche à se doter d’un plan d’action pour «réduire» la pauvreté à l’Île-du-Prince-Édouard.  Dans un processus d’engagement citoyen, des réunions publiques ont eu lieu dans les différentes régions de l’Île incluant une réunion en français à Abram-Village, à laquelle plusieurs personnes ont participé avec entrain.

La présidente du Conseil consultatif sur la réduction de la pauvreté, Roxane Carter-Thompson, avoue qu’on a raison d’avoir l’impression d’avoir déjà entendu cela quelque part. 

Et de fait, durant les années 2011 et 2012, une stratégie de réduction de la pauvreté a été développée, adoptée et, semble-t-il, oubliée sur une tablette. 

«Si nous voulons un plan d’action, c’est justement parce que nous voulons de l’action.  Notre comité est là pour alimenter et conseiller le gouvernement provincial dans l’élaboration de son plan d’action.  Nous aimerions que tout soit prêt en octobre prochain», a indiqué Roxane Carter Thompson. 

Cette dernière est aussi la directrice d’«Adventure Group», un organisme qui aide les personnes vulnérables à surmonter les obstacles qui les empêchent de se sentir bien en société. 

«Je vois de mes yeux les ravages de la pauvreté, et je veux qu’on agisse.  Et je veux comme personne, avec mes compétences, faire partie de la solution pour réduire la pauvreté», a indiqué la présidente.

Le père Eddie Cormier, qui participait aux discussions, trouve que tout effort ayant pour objectif de «réduire» la pauvreté est en partant mal orienté.  «Il ne faut pas viser à réduire la pauvreté.  Il faut l’éliminer.  Qu’a le gouvernement en tête? Est-ce une réduction de 2 %, de 5 %, 10 % ou 50 %? De mon point de vue, on est capable d’éliminer la pauvreté», a insisté le père Eddie Cormier.  De nombreuses personnes dans le groupe ont mentionné qu’une solution possible, sinon LA solution serait de remplacer tous les petits programmes qui bouchent des trous ici et là par un programme de revenu de base garanti. 

La présidente du Conseil consultatif provincial n’est pas surprise de cela.  «Nous l’entendons ici et dans les groupes précédents, et nous nous attendons que cela va être mentionné partout où nous irons.  C’est une solution parmi d’autres, mais ce n’est probablement pas la seule.  Nous voulons encourager les gens à travailler ensemble pour imaginer des solutions qui ne dépendent pas exclusivement de l’argent», a dit la dame. 

C’est naturel, pour les participants aux réunions publiques, de vouloir envisager dès à présent des solutions concrètes.  Cependant, la phase actuelle de consultation vise surtout à collecter des informations, des idées et des réalités afin d’alimenter le gouvernement dans son éventuel plan d’action.  Discuter de solutions précises à ce moment-ci pourrait amener les gens à trop se concentrer sur une idée fixe, et à négliger d’autres avenues à explorer. 

Debbie Gallant de Wellington est toujours très engagée dans sa communauté.  «Dans notre groupe, nous avons demandé un véritable système universel de santé, qui inclut non seulement le médecin, mais les lunettes, les dents, etc. Et nous voulons des actions», a dit Debbie Gallant. 

Dans un autre groupe, Marcia Arsenault a avoué qu’elle a décidé à la dernière minute de se présenter à la consultation.  «Je ne pensais pas que cela me concernait.  Mais quand je vois tout ce que cela inclut, je comprends mieux qu’on est vraiment tous affectés de près ou de loin par des aspects de la pauvreté et du manque de ressources», a-t-elle indiqué. 

Gilles Benoit, vice-président de la SSTA, s’inquiétait lui aussi des progrès à venir.  «Je ne veux pas que cela arrête ici.  Je veux qu’il y ait des progrès, qu’on soit tenus au courant des progrès.   Il ne faut pas laisser cela mourir, il y a des gens qui ont des besoins.  Il faut s’en occuper», a-t-il dit.

S’en occuper, c’est l’intention du Conseil consultatif présidé par Roxane Carter-Thompson.  Paula Gallant, consultante, a été embauchée pour diriger les discussions publiques, ainsi que pour préparer un document qui sera présenté au gouvernement, pour l’aider à élaborer son plan d’action afin de le dévoiler l’automne prochain. 


Marcia Arsenault croit que tout le monde est touché d’une manière ou d’une autre par les effets de la pauvreté.


Craig Dalton, sous-ministre au ministère des Services à la famille et à la personne.


À la fin de la conversation, les participants ont été invités à mettre quelques recommandations sur papier.


- Par Jacinthe Laforest

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