Le 8 novembre 2017
La Société Saint-Thomas-d’Aquin a présenté des états financiers qui font état d’un léger surplus de 12 680 $, pour l’exercice ayant pris fin le 31 mars dernier.  Ce surplus était une surprise pour l’organisme, qui prévoyait un déficit de 9 000 $.  Des roulements dans les ressources humaines, même s’ils ont occasionné des difficultés, ont aussi contribué à économiser de l’argent en salaires.  Également, le Service Finance a terminé l’année avec un surplus, si bien que les organismes membres ont reçu la part à laquelle ils avaient droit. 

Constatant ce surplus, Nick Arsenault, directeur du Conseil scolaire-communautaire Évangéline (CSCÉ), a pris la parole pour mettre en lumière une situation qui a beaucoup nui au fonctionnement de son comité et de celui de Prince-Ouest.  Ces deux comités ont été confrontés à un manque à gagner totalisant 50 000 $, en raison d’une enfilade de facteurs qui ont créé «la tempête parfaite». 

Les conséquences se sont fait sentir durant l’année 2016-2017.  Le CCSÉ a déclaré un déficit de plus de 20 000 $ et le Conseil Rév. S.-É.-Perrey, dont le manque à gagner était de 38 000 $, a déclaré un déficit de 5 653 $.  Ce montant, relativement petit, est dû, insiste la directice Monique Arsenault, à la grande diligence des dirigeants et à la décision difficile de fermer les portes du bureau du Conseil Rév. S.-É.-Perrey inc. et de ralentir les activités durant les mois de janvier, février et mars 2017.  Le Conseil Rév. S.-É.-Perrey a gardé ses trois employés à une journée par semaine pour ces mois pour garder les communications et les locations de salles en marche.  Il faut souligner que les revenus de locations de salles ont totalisé 13 846 $ en 2016-2017, ce qui a aidé à réduire le déficit. 

Rejoint quelques jours après l’AGA, le directeur général de la SSTA, Aubrey Cormier, a confirmé qu’une tempête parfaite s’était produite et il en a décrit les vagues et les vents qui lui ont donné sa force. 

Avant 2015, et depuis plusieurs années, les comités régionaux faisaient leurs demandes et recevaient leurs fonds de programmation de l’Entente-cadre sur les services en français.  L’argent provenait de Patrimoine canadien, mais il passait par le gouvernement provincial pour être retransmis aux régions.  Parallèlement à cette source de financement, la SSTA recevait elle aussi des fonds qu’elle redistribuait aux comités régionaux, à raison de 38 000 $ par année et par comité. 

À partir de 2015, Patrimoine canadien a décrété que l’Entente-cadre n’était pas le véhicule approprié pour financer les comités régionaux.  L’Entente Canada communauté a été privilégiée.  De plus, plutôt que de faire affaire avec sept demandeurs de fonds (six régions et la SSTA), Patrimoine a demandé que les demandes soient regroupées et soumises en bloc par un seul interlocuteur, soit la SSTA. 

Patrimoine a rencontré les régions pour les informer de la nouvelle façon de faire et les demandes ont été remplies et soumises selon les nouvelles procédures en place.  Jusque là, c’est assez simple. 

Lorsque la SSTA a reçu les demandes et qu’elle a fait les calculs, elle s’est rendue compte qu’elle était d’environ 50 000 $ de moins que celle de l’année précédente.  «Nous avons vérifié avec les comités concernés et ils nous ont confirmé que c’était les bons chiffres.  Pour Prince-Ouest, nous avons compris qu’ils pensaient que la SSTA allait continuer à fournir le 38 000 $ annuel.  Pour Évangéline, nous ne comprenons pas l’origine du montant de 11 000 $. 

Tout cela pour dire qu’après avoir fait les vérifiations, la SSTA a tout de même demandé le statu quo à Patrimoine par rapport aux années précédentes», a expliqué Aubrey Cormier. 

Une nouvelle agente temporaire à Patrimoine canadien aurait alors reçu la demande globale de la SSTA, mais elle aurait aussi demandé les demandes individuelles des comités.  Constatant qu’il y avait une différence, elle aurait accordé les montants demandés par les comités. 

«Lorsque nous avons pris connaissance de la situation, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour rectifier.  Nous avons rencontré les hauts fonctionnaires de Patrimoine, et les députés fédéraux.  Nous avons cru, à un moment, que ça se règlerait, mais à la dernière minute, ça a bloqué.  La situation a été évidemment frustrante pour les comités, mais aussi pour nous, au bureau provincial», a expliqué Aubrey Cormier. 

Les comités régionaux ne roulent pas sur l’or, la SSTA non plus d’ailleurs.  «Notre financement n’a pas bougé depuis 2004.  Nous avons le même montant, chaque année, depuis 13 ans.  Si on considère la hausse du coût de la vie, cela se traduit par une perte réelle de 25 % de notre financement.  Nous sommes présentement dans les démarches pour renégocier notre entente, et nous demandons un ajustement de 25 %, simplement pour être capable de fonctionner en 2018-2019.  C’est d’autant plus important que nous aurons maintenant un sixième centre scolaire et communautaire, avec l’ouverture prochaine du centre de Rollo Bay», a expliqué Aubrey Cormier. 

Selon lui, alors que tous les autres centres ont au moins deux employés, certains trois, celui de Kings est, est toujours resté avec un seul employé, ce qui n’est pas réaliste étant donné la quantité de travail à faire pour assurer que le français reprenne du terrain dans cette belle région maritime. 

«Malheureusement, on ne peut pas vraiment enlever des employés à un endroit pour les mettre ailleurs.  Nous devons nous assurer que nos fonds soient augmentés en fonction de nos besoins réels et surtout, des défis qui nous attendent», a insisté M. Cormier. 

Mentionnons finalement que les comités régionaux sont financés par Patrimoine canadien.  Ils remplissent eux-mêmes leurs demandes de financement, et les soumettent à la SSTA, qui dépose la demande en bloc à Patrimoine canadien.  Lorsqu’elle reçoit les fonds approuvés, la SSTA les transmet aux comités régionaux en fonction de leurs demandes respectives.  Cette façon de fonctionner est dictée par Patrimoine canadien qui reconnaît un seul interlocuteur pour le financement des six régions : la SSTA.   

Mentionnons également que le 50 000 de $ qui a manqué aux deux comités concernés n’a pas été totalement perdu parce que l’argent a été redistribué aux organismes de la communauté, pour des projets spécifiques. 

- Par Jacinthe Laforest

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