Le 12 avril 2017


Danielle Girard est arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard avec son mari, Edmond Richard, en 2005.  Nous étions tous les deux à la retraite.  Moi, j’avais été prof d’éducation physique et entraîneur de ski alpin.  Les dernières années au Québec, j’avais pris en charge une équipe de ski paralympique qui s’était même rendue aux Olympiques.  Tout ça pour dire que j’ai toujours été active.  Quand je suis arrivée à l’Île, j’ai cherché des façons de maintenir mon niveau d’activité, tout en me créant un nouveau réseau social.   Et j’ai trouvé cela dans le groupe de Recherche et sauvetage terrestre, qu’on appelle en anglais le Ground Search and Rescue (GSAR)».

Danielle Girard, maintenant âgée de 68 ans, s’est jointe à ce groupe de quelque 100 citoyens volontaires, durant l’année 2009-2010.  

«C’est passionnant.  On nous donne beaucoup de formation sur l’utilisation d’une boussole et d’un GPS, sur la façon de repérer des indices du passage d’une personne perdu ou en détresse, qui manque à l’appel depuis un certain temps.  Chaque fois qu’on intervient, je dirais au moins 20 fois par année, c’est toujours pour venir en aide à la Gendarmerie royale du Canada.  Parfois, on cherche des personnes perdues, et d’autres fois, on cherche des objets.  Une fois, nous avons procédé à une recherche sur le terrain, épaule à épaule, pour trouver un téléphone cellulaire qui était important dans une enquête.  C’est toujours différent.»

Même si elle fait partie de l’organisation depuis environ huit ans, Danielle Girard continue de recevoir de la formation au niveau local et aussi, au niveau national.  Il y a peu de temps, elle était à Toronto pour se familiariser avec des nouveaux programmes d’information du public.  Durant la semaine avant Pâques, elle va suivre une formation sur la façon de faire des bons nœuds efficaces.  

«En tout temps, on met l’accent sur la sécurité.  La nôtre en premier lieu, celle des autres chercheurs et finalement, celle des personnes qu’on recherche.  Parfois, on cherche des personnes qui sont malades, ou qui ont des tendances suicidaires.  Parfois, on cherche des personnes qui peuvent avoir un comportement violent.  Nous recevons de la formation pour être capables de faire face à chaque situation.  La plupart du temps, on se contente de transmettre les indices que l’on trouve à la GRC, pour les aider dans leur recherche.  Il y a une chaîne de commandement très clairement établie et nous la suivons de façon rigoureuse».

Le groupe de GSAR fonctionne de façon entièrement bénévole et volontaire et ne reçoit aucune aide gouvernementale, en dépit des services que les bénévoles rendent à la communauté.  «Les équipements de recherche et de survie, les vêtements adaptés aux conditions météo, les trousses de premiers soins, tout cela coûtent cher.  On fait des collectes de fonds quasiment toute l’année.  Malgré cela, certains vêtements que j’ai, j’ai dû les payer moi-même», a expliqué Danielle Girard.  

Toujours avide d’apprendre, Danielle Girard aime aussi transmettre ses connaissances.  Elle donne régulièrement des formations adaptées aux jeunes, pour les aider à savoir comment réagir s’ils se retrouvaient perdus en forêt, ici à l’Île ou même lors d’une vacance en famille à l’extérieur de l’Île.  

«Au niveau national, nous sommes membres de l’Association canadienne des volontaires en recherche et sauvetage (SARVAC).  Cette association a développé un ensemble de programmes d’éducation publique regroupés sous la bannière Adventure Smart, qui est entièrement bilingue sur le Web.  Moi-même, j’anime des sessions dans les écoles, ou auprès de jeunes qui participent à des camps de vacances ou autres.  Je suis particulièrement formée “Pour survivre, reste près d’un arbre”, explique la volontaire.  

Le programme enseigne aux enfants comment ne pas se perdre dans la forêt et que faire s’ils se perdent.  “Pour survivre, reste près d’un arbre” est un excellent programme de prévention pour votre famille, la salle de classe, votre groupe de guide ou de scout, un groupe de jeunesse, ou un autre groupe communautaire intéressé par l’enseignement de sécurité aux enfants», ajoute Danielle Girard, qui serait ravie de présenter le programme plus souvent, en français.  

Dans n’importe quel domaine, le dicton, «vaut prévenir que guérir», est d’une grande sagesse.  C’est aussi vrai pour les randonnées et les activités en plein air, que ce soit en groupe ou de façon individuelle.  Danielle Girard encourage les gens à garder en tête les «trois P»: PLANIFICATION, PRÉPARATION ET POSSESSION DES OBJETS ESSENTIELS.

Par PLANIFICATION on entend la vérification de la météo, des conditions de la route, mais surtout, l’établissement d’un plan de route dans lequel votre destination, votre heure approximative d’arrivée et un numéro de téléphone où vous rejoindre apparaît.  Ce plan sera remis, bien évidemment, à une personne proche dont le mandat sera d’aviser les autorités en cas de besoin.

La PRÉPARATION par la formation consiste à acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à l’activité avant le départ.  On ne part pas en randonnée de trois jours en kayak sans aucune préparation. 

Enfin, la POSSESSION des objets essentiels signifie qu’il faut avoir en main tout ce qu’il faut pour pratiquer votre activité en toute sécurité : une carte de la région et une boussole, des vêtements supplémentaires, de la crème et des lunettes solaires, et tout le reste, selon l’activité prévue.  

Danielle Girard est toujours prête à partir lorsqu’elle reçoit un appel de la GRC pour aller aider à trouver une personne qu’on croit en difficulté.  Cependant, elle aimerait aussi que tout le monde ait une formation de base sur les «trois P», pour se débrouiller en cas de pépins.  

Elle recommande fortement aux gens de consulter le très bon site Web «AdventureSmart.ca».


Danielle Girard possède tout un assortiment de ressources en français pour enseigner les techniques de survie et de sécurité en forêt ou ailleurs.
- Par Jacinthe Laforest

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